
La Maison-Blanche fait face à une action en justice de CNN, MS NOW et Politico
Publié le 29.10.2026 à 12h11 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 4mn
CNN, MS NOW et Politico ont élargi la plainte qu’ils avaient déposée contre l’administration Trump, y ajoutant la demande de rétablir l’accès de leurs journalistes à bord de l’avion présidentiel. Selon la déclaration des médias, « la poursuite d’une privation punitive et discriminatoire des droits » de la part de l’administration constitue une violation des première et cinquième amendements de la Constitution américaine. La plainte initiale réclamait déjà la réouverture de l’accès des journalistes à la Maison-Blanche.

Alex Brandon/AP
Contexte historique des droits de la presse
La liberté de la presse est protégée par le premier amendement de la Constitution américaine, qui interdit au Congrès d’imposer des restrictions à la liberté d’expression et de la presse. Depuis la Guerre civile, les tribunaux ont régulièrement interprété ce texte comme un garde-fou contre les tentatives de l’exécutif de censurer les médias. En 1971, la Cour suprême a confirmé que les journalistes pouvaient accéder aux lieux publics, y compris la Maison-Blanche, pour couvrir les affaires publiques. Les décisions de 1975 et 1980 ont renforcé la protection des journalistes contre les exclusions arbitraires, en exigeant que toute restriction soit justifiée par des raisons de sécurité clairement définies.
Les demandeurs soulignent qu’ils « ne revendiquent pas un droit illimité d’entrer dans la salle d’orientation ou de voyager à bord de l’Air Force One ». « Mais si la Maison-Blanche ouvre ces espaces aux journalistes pour couvrir l’actualité, il n’a pas le droit d’exclure les demandeurs simplement parce qu’il n’aime pas leur couverture des événements », indique la plainte. Au cours du dernier mois, les journalistes de CNN se sont vu refuser l’accès à bord de l’avion présidentiel à six reprises, ceux de Politico à deux reprises, et les journalistes de MS NOW n’ont pas été admis à bord depuis la mi-septembre.
Enjeux de la décision du président
La décision de l’administration Trump de retirer les cartes de presse à plusieurs médias soulève des questions sur la séparation des pouvoirs. Historiquement, le président a le pouvoir de délivrer des laissez-passer de presse, mais ce pouvoir est limité par la jurisprudence qui exige la neutralité et la non-discrimination. Les tribunaux ont déjà statué que l’exclusion de journalistes sans motif valable constitue une violation du premier amendement. En outre, la décision a entraîné un boycott de la part de grands médias, ce qui a réduit la couverture indépendante des événements présidentiels et a mis en lumière la dépendance des médias à l’accessibilité des lieux d’information.
L’administration du président américain a interdit aux journalistes de ces médias d’entrer a la Maison-Blanche et a annulé leurs cartes de presse à la mi-septembre, après que M. Trump les ait accusés de « publication de fausses informations ». Les publications ont contesté ces mesures devant les tribunaux, qui ont exigé le rétablissement de l’accès des journalistes à la salle d’orientation. De plus, les grands médias américains, dont ABC, Fox News, CBS, NBC, The New York Times et The Washington Post, ont annoncé un boycott et se sont retirés de la couverture des événements impliquant le chef de l’État. La Maison-Blanche a formellement rétabli les laissez-passer de CNN, MS NOW et Politico, mais a commencé à les exclure des listes de journalistes accompagnant le président à bord de l’Air Force One.
Si le tribunal confirme la violation du premier amendement, l’administration pourrait être contrainte de rétablir l’accès complet aux journalistes, y compris à bord de l’Air Force One. Les juges pourraient également ordonner des dommages-intérêts aux médias lésés et imposer des sanctions administratives. De plus, la décision pourrait influencer les futures politiques de sécurité de la Maison-Blanche, obligeant les responsables à mettre en place des critères plus transparents pour l’attribution des laissez-passer. Enfin, la jurisprudence établie par cette affaire pourrait servir de référence pour toute action similaire contre d’autres administrations, renforçant la protection des journalistes contre les exclusions arbitraires.
Le public s’interroge sur la légitimité de la restriction d’accès aux médias, surtout lorsqu’elle est motivée par des accusations de « fausses informations ». Les critiques soulignent que la vérification des faits est la responsabilité des journalistes, pas de l’exécutif. Les questions en suspens incluent la manière dont les critères de sécurité seront appliqués à l’avenir, la possibilité d’un recours administratif pour les journalistes exclus, et l’impact de cette affaire sur la perception internationale de la liberté de la presse aux États-Unis. Les observateurs internationaux attendent également la réaction des organisations de défense des droits de l’homme, qui pourraient suivre de près l’évolution de cette procédure judiciaire.
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