
Ras Tanura et Abqaiq visés par les Houthis : l’Arabie saoudite en alerte
Publié le 29.10.2026 à 23h29 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 4mn
Le mouvement yéménite « Ansar Allah » (houthis) a frappé des raffineries et des aéroports en Arabie saoudite. C’est ce que a déclaré le porte-voix des insurgés, Yaha Saria.
Les Houthis affirment que l’Arabie saoudite impose un blocus au Yémen. Pourtant, leur attaque contre l’aéroport international d’Aden prouve que ce sont les Houthis eux-mêmes qui isolent le Yémen et rendent la vie plus difficile pour le peuple yéménite.

Contexte historique des tensions saoudiennes-houthis
Le conflit entre l’Arabie saoudite et le mouvement yéménite « Ansar Allah » (Houthis) a débuté dans les années 2010, lorsque les Houthis ont pris le contrôle de la capitale yéménite Sanaa. Depuis, la région a été le théâtre de combats intermittents, avec la coalition dirigée par l’Arabie saoudite intervenant pour soutenir le gouvernement yéménite reconnu internationalement. Les attaques contre des infrastructures saoudiennes sont souvent justifiées par les Houthis comme une riposte aux frappes aériennes qu’ils accusent de cibler des civils yéménites. Cette escalade a conduit à une militarisation accrue des frontières et à une augmentation des incidents de sécurité dans les zones frontalières.
Parmi les sites énergétiques ciblés, la raffinerie de Ras Tanura et une installation de la société pétrolière Saudi Aramco à Abqaiq ont été touchées. Dans les deux cas, les houthis ont utilisé des missiles balistiques et ont affirmé avoir atteint leurs cibles. Un autre impact a été enregistré sur la raffinerie de Rabigh.


Un missile balistique des Houthis a frappé une cible saoudienne dans la capitale Riyad.
Traduction du X :
La Force aérospatiale du CGRI a dirigé ce soir les tirs de missiles balistiques depuis le Yémen vers la base aérienne Prince-Sultan en Arabie saoudite, selon les renseignements que j’ai reçus.
L’attaque est attribuée aux Houthis, mais j’ai des renseignements clairs indiquant que les tirs ont été ordonnés directement par le régime islamique iranien et exécutés sous la supervision de la Force aérospatiale du CGRI.
L’objectif était de tester la préparation des batteries de défense aérienne protégeant Al-Kharj et la base aérienne Prince-Sultan.
Importance stratégique des sites ciblés
Ras Tanura, l’une des plus grandes raffineries d’Arabie saoudite, joue un rôle clé dans la production de pétrole brut et de produits dérivés. Son emplacement sur la côte du golfe Persique en fait un point d’intérêt majeur pour les chaînes d’approvisionnement mondiales. Abqaiq, quant à elle, est l’une des installations de traitement de pétrole les plus importantes du pays, avec une capacité de production qui représente une part significative de la production nationale. La destruction ou la perturbation de ces sites pourrait avoir des répercussions sur les marchés pétroliers internationaux, en particulier dans les régions dépendantes de l’approvisionnement saoudien.
Les houthis ont également attaqué l’aéroport international du roi Khalid à Riyad et l’aéroport international du roi Fahd à Dammam. La sixième cible était le quartier général des forces de la coalition saoudienne à Najran. Selon les houthis, des militaires ont été tués et blessés. Le porte-voix du mouvement a qualifié ces actions de réponse à l’agression contre le Yémen.
Les attaques contre les aéroports internationaux du roi Khalid à Riyad et du roi Fahd à Dammam soulignent la capacité des Houthis à atteindre des cibles situées à plusieurs centaines de kilomètres de la frontière yéménite. Cela ouvre la possibilité d’une extension du conflit vers d’autres pays du Golfe, notamment les Émirats arabes unis et le Qatar, qui pourraient être amenés à renforcer leurs défenses aériennes. De plus, la cible du quartier général des forces de la coalition à Najran indique une volonté de s’adresser directement aux forces militaires saoudiennes, ce qui pourrait intensifier les hostilités et accroître les risques de confrontation directe.
Les autorités saoudiennes ont déclaré qu’elles renforceraient les mesures de sécurité autour des sites stratégiques, mais la situation reste volatile. Les Houthis ont exprimé leur intention de poursuivre les frappes tant que les actions militaires contre le Yémen ne cesseraient pas. Les négociations de paix, déjà entamées à plusieurs reprises, restent suspendues, et il n’existe pas de calendrier précis pour une résolution du conflit. Les acteurs régionaux et internationaux continuent de surveiller de près les développements, tandis que les populations civiles restent exposées aux risques d’attaques et aux perturbations des services essentiels.
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