
Paris : Saber témoigne d’une attaque terroriste à La Verrière, son récit fait froid dans le dos
Publié le 29.10.2026 à 12h50 – Par Sarah Müller – Temps de lecture 4mn
Contexte historique de la violence raciste en France
La France a longtemps été confrontée à des actes de violence motivés par la haine raciale. Depuis les années 1990, plusieurs incidents ont été signalés dans les banlieues et les zones rurales, souvent liés à des tensions sociales et à la montée de l’extrême droite. Les autorités ont mis en place des programmes de prévention et de sensibilisation, mais les attaques continuent de souligner les fragilités du tissu social.
Avec le recul, Saber Benatallah se dit qu’il a eu « de la chance ». « Témoin direct » de l’attentat raciste perpétré par Kevin T., vendredi 23 octobre 2026, l’habitant du Bois de l’Étang à La Verrière (Yvelines) aurait pu se retrouver face à face avec le terroriste qui a fait un mort et cinq blessés. À quelques minutes près. « J’aurais pu y passer… », reconnaît l’homme âgé de 50 ans.
Ce matin-là, à 10 h, Saber avait décidé d’aller se faire couper les cheveux et raser la barbe au salon de coiffure situé en bas de chez lui, au centre commercial du Bois de l’Étang. Rapporte Actu

« J’ai tout de suite pensé à une Kalachnikov »
« Nous étions quatre dans le salon, deux clients et deux coiffeurs. J’étais assis sur le fauteuil, raconte-t-il. Nous avons entendu les premiers coups de feu. J’ai tout de suite pensé à une Kalachnikov. J’ai refusé d’y croire, mais je savais que ce n’était pas des tirs de mortiers. Puis quelques secondes après, une deuxième rafale. Nous sommes tous allés à la porte du salon pour essayer de savoir ce qu’il se passait. »
Le tireur vient de blesser deux agents de nettoyage d’origine africaine rencontrés sur son passage.
Répercussions sur la sécurité locale
L’incident à La Verrière a rappelé aux responsables municipaux l’importance de renforcer les mesures de sécurité dans les espaces publics. Des patrouilles supplémentaires ont été envisagées pour les prochains week-ends, et des dispositifs de surveillance ont été proposés aux commerçants du centre commercial. Les habitants ont exprimé leur inquiétude quant à la possibilité d’une recrudescence de la violence.
« Le tueur est descendu de sa voiture. Il avait l’air de chercher ses prochaines cibles. Il est remonté ensuite dans sa voiture. Il a croisé mon voisin, son arme s’est enrayée, il lui a dit : Vous avez de la chance. »
« À deux doigts d’un crime de masse »
Les quatre hommes présents dans le salon sortent alors et découvrent les deux victimes en sang, gisant au sol. « Ils étaient livides, se remémore Saber. J’ai eu peur qu’ils meurent. D’ailleurs, quand j’ai entendu qu’il y avait un mort, je croyais que c’était l’un d’entre eux. »
Lors de son périple meurtrier, Kevin T. croisera ensuite le chemin de Ramatou, 12 ans, touchée à huit reprises alors qu’elle se trouvait rue Marcel-Rivière à Orly Parc, avant d’être interpellé par la police le long de la N10 à Coignières.
« Nous sommes passés à deux doigts d’un crime de masse. Si c’était tombé à l’heure de la prière du vendredi à la mosquée… »
L’homme craint d’avoir atteint « un point de rupture » avec cette attaque. « On vit avec une épée de Damoclès permanente », déplore ce musulman.
La déclaration de Saber souligne la fragilité de la coexistence pacifique entre les différentes communautés. Les autorités locales ont appelé à un dialogue interreligieux et interethnique afin de prévenir de futurs incidents. Des initiatives de quartier, telles que des ateliers de sensibilisation et des rencontres entre jeunes, ont été proposées pour renforcer les liens sociaux.
Une marche blanche a eu lieu ce mercredi soir
Ce mercredi 28 octobre 2026, à 18 h 30, Saber a coorganisé, avec une autre habitante, Halima Morin, une marche blanche en soutien aux familles des victimes. Le parcours partira du parking du centre commercial du Bois de l’Étang, à l’endroit même où ont été blessés les deux agents de nettoyage, pour se terminer à Orly Parc, là où a été touchée Ramatou.
La marche blanche du 28 octobre vise à soutenir les familles touchées et à rappeler l’importance de la solidarité nationale. Le rassemblement républicain prévu le 30 octobre sera l’occasion d’évaluer les mesures de sécurité mises en place et de discuter des actions futures. Les autorités restent vigilantes et prévoient de poursuivre les investigations pour identifier les motivations exactes de l’attaque et prévenir d’éventuelles ripostes.
Un autre rassemblement républicain organisé par la mairie de La Verrière se tiendra vendredi 30 octobre 2026, à 16 h, devant l’hôtel de ville.
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