France : Édouard Philippe placé sous statut de témoin assisté dans l’affaire de détournement de fonds publics

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Édouard Philippe placé sous statut de témoin assisté dans l’affaire de détournement de fonds publics

Publié le 30.10.2026 à 18h58 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 4mn

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Le candidat Horizons à la présidentielle, Édouard Philippe, a été placé jeudi sous le statut de témoin assisté dans l’enquête ouverte notamment pour détournement de fonds publics, favoritisme et harcèlement moral au sein de la communauté d’agglo du Havre, ville dont il est maire, a appris l’AFP de sources proches du dossier. L’ancien premier ministre a été entendu toute la journée par deux juges d’instruction financiers, qui l’avaient convoqué pour l’entendre comme témoin assisté, un statut moins incriminant qu’une mise en examen. À l’issue, « Édouard Philippe se félicite de cette décision favorable qui confirme qu’il n’y a rien à lui reprocher dans cette affaire », a réagi son avocat, Emmanuel Marsigny, sollicité par l’AFP.

Édouard Philippe – Édouard Philippe placé sous statut de témoin assisté dans l'affaire de détournement de fonds publics
E. Philippe ancien premier ministre

Ce statut de témoin assisté peut être modifié au cours de l’enquête si des éléments nouveaux apparaissent. Mais en l’état, la perspective de poursuites judiciaires s’éloigne pour ce candidat Horizons déclaré à la présidentielle depuis 2024. L’affaire avait démarré par une plainte d’une ancienne directrice générale adjointe à la communauté urbaine du Havre, Cornelia Findeisen. « Nous nous réjouissons que l’instruction suive son cours » malgré ce statut de témoin assisté, a assuré à l’AFP son avocat Jérôme Karsenti. « Nous prendrons connaissance dès que possible de l’audition d’Édouard Philippe pour comprendre la motivation des juges au regard de faits qui nous apparaissent graves ».

Les soupçons de Cornelia Findeisen portent sur une convention d’objectifs pluriannuelle pour l’animation de la Cité numérique du Havre signée en juillet 2020 par Édouard Philippe, alors devenu président de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole (en juillet 2020), et Stéphanie de Bazelaire, en tant que présidente bénévole de l’association LH French Tech. Cette association, créée en juillet 2020, a été désignée pour cette mission après un appel à manifestation d’intérêt lancé par la communauté urbaine en mars 2020 et dans le cadre d’un service d’intérêt économique général (SIEG).

Seule candidate, LH French Tech devait toucher 2 154 millions d’euros de compensation de service public pour mener des projets. Cornelia Findeisen, directrice générale adjointe de la communauté urbaine Le Havre Seine Métropole entre septembre 2020 et avril 2023, a déposé deux plaintes. Une première en 2023, qui a abouti à l’ouverture d’une enquête préliminaire et des perquisitions menées par le parquet national financier. Une seconde en juin 2025, cette fois-ci avec constitution de partie civile, entraînant en mai 2026 la saisine de juges d’instruction financiers parisiens. Cette plainte vise également Stéphanie de Bazelaire, adjointe chargée de l’innovation et du numérique ainsi que Claire-Sophie Tasias, directrice générale des services de la communauté urbaine du Havre Seine Métropole.

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Un « pacte conclu »

Les juges d’instruction devront « apprécier si un pacte a été conclu entre Édouard Philippe et Stéphanie de Bazelaire, caractérisé notamment par un soutien politique, financier et relationnel en contrepartie de la gestion de la Cité numérique », est-il noté dans la plainte, consultée par l’AFP. Après ses alertes, Cornelia Findeisen dit avoir été écartée et harcelée moralement. Son contrat n’a pas été renouvelé. À sa demande, elle a obtenu en janvier 2025 le statut de lanceuse d’alerte.

Elle a publié mi-octobre un livre « Judith contre Goliath » (Patchenco Editions). Dans celui-ci, cette Franco-Allemande, issue de la même promotion de l’ENA que Emmanuel Macron, revient surtout sur son parcours plus de 22 ans dans la haute fonction publique, entre ministères et collectivités territoriales – et sur l’impact dans sa vie de son combat en faveur de la probité. « Goliath », « c’est un système qui broie celles et ceux qui s’opposent à lui », témoigne-elle. Interrogée jeudi, elle a dit à l’AFP « faire confiance à la justice ». Cette audition d’Édouard Philippe « montre que mon alerte méritait d’être instruite », a-t-elle estimé.

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