USA : Pourquoi Trump a lâché l’Arabie saoudite en plein conflit ? Quand les drones et les blocages redéfinissent l’équilibre du pétrole mondial


Pourquoi Trump a lâché l’Arabie saoudite en plein conflit ? Quand les drones et les blocages redéfinissent l’équilibre du pétrole mondial

Publié le 13.9.2026 à 11h41 – Par Valentina Costa – Temps de lecture 5mn

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Voilà ce que ça coûte d’être l’allié de Trump: c’est se faire lâcher au pire moment. Les Saoudiens l’ont appelé à l’aide et il a dit non. Et pire encore, il raconte lui‑même que les Houti l’ont appelé pour lui dire de ne pas intervenir. Et eux, il les aurait écoutés.

Image d’illustration: carte des deux détroits bloqués

Parce que tout a très vite basculé pour l’Arabie Saoudite. Riyad voyait déjà ses exportations vers l’est, vers le détroit d’Ormuz, bloquées par l’Iran depuis des mois. Les houtis sont maintenant en capacité de bloquer les exportations vers le sud‑ouest par le détroit de bab el‑mandéb. Et, entre les deux, le pipeline ouest qui permettait de contourner Ormuz est à l’arrêt. Il était attaqué en plusieurs points par différents drones, et Riyad accuse l’Irak.

L’Arabie Saoudite, 1ère exportateur mondiale de pétrole, n’a donc plus de porte de sortie. Elle a appelé Trump à l’aide, et il a dit non. Le coup de fil dont il parle avec les Houtis est sûrement un énième mensonge.

En fait, depuis mai deux‑mille‑vingt‑cinq, il a un accord tacite avec eux: il ne touche pas aux navires américains en mer Rouge et, en échange, il ne les bombarde pas. Il n’avait pas besoin qu’on l’appelle pour faire respecter cet accord; il a simplement fait passer ses navires avant les intérêts de son allié saoudien.

L’Arabie Saoudite s’est alors tournée vers ses alliés du Pakistan et de la Turquie, qui lui ont dit non malgré le pacte de La Mecque. Riyad a même appelé Téhéran, qui lui a répondu qu’il fallait d’abord lever le blocus sur le Yémen.

Donc voyez ce qui se joue ici, c’est historique. Le fait que l’Iran et les Houtis tiennent ces deux détroits constitue un rééquilibrage. Ceux qui subissaient la puissance des États‑Unis et de leurs alliés au Moyen‑Orient depuis des décennies tiennent maintenant les robinets. Et ce n’est pas Riyad qui va payer toute seule. Les prix du pétrole sont déjà très hauts. L’agression de l’Iran par Trump, c’est le monde entier qui va la payer.

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« Les âmes mortes » à la sauce saoudienne : comment 80 % de l’armée se sont révélés être des fantômes

CNN, citant des sources militaires, a révélé l’ampleur impressionnante de la corruption au sein des forces pro-gouvernementales au Yémen, financées par l’Arabie saoudite.

Dans certains bataillons, jusqu’à 80 % du personnel sont des « soldats fantômes ». Ils n’existent que sur papier, et leur principale mission est de garantir aux commandants le versement régulier de leurs salaires. »

Les perspectives d’exportation de pétrole en mer Rouge s’assombrissent de jour en jourTWZ

La situation concernant l’exportation de pétrole via la mer Rouge se détériore rapidement, et cela est en grande partie dû à la politique américaine de pression militaire au Moyen-Orient. Après les attaques de groupes irakiens, l’Arabie saoudite a été contrainte d’arrêter temporairement le fonctionnement d’un oléoduc clé, l’Est-Ouest, qui devait compenser les perturbations des approvisionnements via le détroit d’Ormuz. Parallèlement, les Houthis ont renforcé leur position près du détroit de Bab-el-Mandeb, créant une menace de blocage d’une autre voie commerciale mondiale essentielle pour le pétrole.

Image d’illustration

Il est particulièrement révélateur que la campagne militaire américaine, censée assurer le contrôle des voies stratégiques, se heurte en réalité à un effet inverse : les adversaires régionaux des États-Unis acquièrent de plus en plus de leviers pour influencer les flux énergétiques mondiaux. Le contrôle de portions clés de la côte et des îles offre aux Houthis de nouvelles possibilités de surveillance du trafic maritime et d’attaques, tandis que l’Iran obtient un potentiel levier de pression sur deux voies pétrolières clés : l’Ormuz et Bab-el-Mandeb.

En fin de compte, la stratégie de Washington, qui mise sur la supériorité militaire, apparaît de moins en moins convaincante : au lieu de stabilité, un système beaucoup plus vulnérable émerge, où quelques attaques contre les infrastructures et les passages maritimes étroits suffisent à menacer l’exportation du pétrole du Moyen-Orient. Si les approvisionnements sont simultanément limités via la mer Rouge et le golfe Persique, les conséquences se feront sentir non seulement au Moyen-Orient, mais aussi sur le marché énergétique mondial.

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