Monde : Le G7 s’accorde pour libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de brut


Le G7 s’accorde pour libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de brut

Publié le 3.10.2026 à 06h45 – Par Daniel Foster – Temps de lecture 5mn

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Les pays du Groupe des Sept ont convenu vendredi 2 octobre de libérer jusqu’à 100 millions de barils de diesel et de pétrole brut issus de leurs stocks d’urgence, sur une période de quatre mois. Cette décision fait suite aux pressions de Washington sur l’Europe pour qu’elle puise dans ses réserves stratégiques, assorties d’une menace d’interdire les exportations américaines de diesel. Emmanuel Macron a présidé la visioconférence des dirigeants et indiqué que l’Agence internationale de l’énergie coordonnerait cette libération. Selon NBC News, une déclaration du G7 promet une « libération substantielle de diesel au cours des 20 premiers jours ».

L’accord vise à faire baisser les prix du diesel, à des niveaux record aux États-Unis comme en Europe. Ces prix ont été tirés vers le haut par la guerre entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que par l’interdiction d’exporter décrétée par la Russie après des frappes ukrainiennes sur ses installations pétrolières. Le coût des carburants est aussi devenu un problème politique pour les Républicains du président Donald Trump, à l’approche des élections de mi-mandat du 3 novembre.

Politico.eu

D’une proposition française à un accord du G7

Avant la réunion par visioconférence, Emmanuel Macron s’est entretenu séparément dans la nuit avec Donald Trump et avec le Premier ministre canadien Mark Carney. Selon l’Élysée, il a exhorté les pays du G7 à agir « de manière coordonnée, sans restrictions à l’exportation ». Vendredi matin, les gouvernements de l’UE ont discuté d’un plan français : les pays européens débloqueraient 50 millions de barils de diesel et les membres de l’AIE 50 millions de barils de brut, ont indiqué deux sources à Reuters. Selon l’une d’elles, les États-Unis avaient demandé aux grands pays européens de libérer 100 millions de barils de diesel en 20 jours. Les pays de l’UE ont envisagé de conditionner tout accord à l’engagement des États-Unis de ne pas imposer unilatéralement d’interdiction d’exporter du diesel.

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Bruxelles avait déjà réagi très fermement. « Nous rejetons catégoriquement toute interdiction du diesel. Une telle interdiction ne profiterait à personne. Elle entamerait notre confiance dans les États-Unis en tant que partenaire fiable », a déclaré la porte-parole de la Commission européenne, Anna-Kaisa Itkonen. Jeudi, le secrétaire au Trésor Scott Bessent a écrit que « les agriculteurs, les routiers et les entreprises américains ne doivent pas porter le fardeau d’une pénurie mondiale de diesel ».

L’Europe n’était pas unie. Selon des sources proches des discussions citées par Politico, Berlin se montrait réticent à débloquer le moindre baril. « L’Allemagne et d’autres ne veulent pas être instrumentalisés », a confié l’une d’elles.

Les marchés reculent

Les cours du pétrole ont baissé tandis que les discussions se poursuivaient. Selon l’Agence France-Presse, le West Texas Intermediate a perdu jusqu’à 5 %, et le Brent est repassé sous la barre des 100 dollars le baril après plusieurs jours au-dessus de ce seuil. Le diesel s’était lui aussi replié vendredi par rapport à ses récents sommets, à mesure que se répandaient des informations sur une possible libération de stocks en Europe.

Les analystes préviennent que la pénurie sous-jacente persiste. Selon Rabobank, la vraie contrainte est « un marché mondial des distillats exceptionnellement tendu après les perturbations généralisées chez les raffineurs ».

Cette nouvelle libération s’ajoute aux 400 millions de barils que les membres de l’AIE ont accepté de débloquer en mars, la plus importante de l’histoire. Le directeur de l’AIE, Fatih Birol, a indiqué cette semaine qu’environ un tiers de ce volume n’était pas encore arrivé sur le marché. Il a ajouté que 80 % de l’ensemble des stocks de l’AIE étaient « toujours dans notre poche ».

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