
Ormuz, Bab el‑Mandeb, Suez : les trois goulets d’étranglement qui ont brisé le plan américain – analyse suite
Publié le 9.9.2026 à 15h49 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 5mn
Un détroit se referme, le yen s’effondre, 4 000 milliards de dollars s’évaporent: le scénario de Jiang.
La stratégie d’entrée dans ce conflit reposait sur la décapitation: éliminer les dirigeants afin que la population subisse les conséquences. Jiang Xueqin analyse les raisons, à son sens, de l’échec de cette approche et décrit la riposte des Iraniens. Elle identifie trois goulets d’étranglement plutôt qu’un seul: le détroit d’Ormuz, le passage de Bab el‑Mandeb contrôlé par les Houthis, et le canal de Suez, désormais à la portée du Hezbollah. En réponse, les États du Golfe ont lancé des projets d’oléoducs; Jiang souligne toutefois qu’un drone capable de toucher un navire peut tout aussi bien percer un tube, et que ce dernier reste immobile.
Un détroit se ferme, le yen plonge, 4 000 milliards s’évaporent. Le scénario de Jiang.
Ils avaient prévu l’effondrement du Yen. regardez la page d’accueil de The Economist 2025.

En résumé, l’objectif principal était d’accaparer le pétrole en installant un gouvernement favorable aux États‑Unis, tout en y implantant une base militaire. Selon elle, les Américains sont disposés à entraîner le reste du monde dans leur chute, sans la moindre once de remords, comme a chaque fois et se retirer au dernier moment et laissé les autres se battent et s’entretuer pour eux, mais le jeu a changer.
Depuis l’Irak jusqu’à la Syrie, le scénario s’est répété : invasion sous prétexte de lutte contre le terrorisme, installation de bases stratégiques à proximité des champs pétroliers, mise en place d’autorités locales dociles, puis retrait précipité quand le coût politique et humain devient trop lourd. En 2025‑2026, Washington a acté le retrait complet de ses troupes de Syrie et la fermeture progressive de ses bases en Irak, ne conservant qu’une présence minimale au Kurdistan, tout en affirmant qu’il s’agissait d’un « recalibrage » et non d’un abandon.
Sur le terrain, le résultat est le même : des pays dévastés, des sociétés fracturées, des milices renforcées, et des populations livrées à elles‑mêmes une fois les caméras éteintes. Les États‑Unis repartent avec leurs drones et leurs porte‑avions, mais laissent derrière eux des États faillis, des frontières poreuses et des conflits gelés qui continueront de consumer la région pendant des décennies.
Mais le jeu a changé. La dépendance au pétrole moyen‑oriental n’est plus ce qu’elle était, le dollar n’est plus l’unique monnaie des échanges énergétiques, et de nouveaux acteurs Chine, Russie, puissances régionales, et surtout les BRICS ont appris à jouer leurs propres cartes. Washington peut encore brandir ses sanctions et ses porte‑avions, il ne contrôle plus ni les flux, ni les prix, ni les alliances.
L’empire peut toujours se retirer en laissant le chaos derrière lui. Ce qu’il ne peut plus faire, c’est imposer sa paix, son ordre, et surtout son dollar.
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