
Yémen : Les Houthis, seuls contre tous : les derniers à défendre Gaza ? qui a saboté la grande annonce de Trump – Explication.
Publié le 17.5.2025 à 12h07 – Par Sarah Müller – Temps de lecture 7 mn
Les Houthis poursuivent leurs attaques contre Israël malgré le cessez-le-feu avec Washington.
Les Houthis, malgré un cessez-le-feu avec les États-Unis, continuent d’attaquer Israël, lançant un missile intercepté dans la nuit du 15 au 16 mai. Israël répond par des frappes au Yémen, tandis que les Houthis, soutenus par l’Iran, persistent en solidarité avec Gaza.

Explication :
Alors que les États-Unis ont cessé leurs frappes contre les Houthis du Yémen, Israël poursuit sa campagne militaire, répondant coup pour coup aux attaques du mouvement rebelle. Cette escalade asymétrique révèle une dynamique régionale complexe, où la détermination des Houthis, malgré leur absence de technologie de pointe, force même la superpuissance américaine à revoir sa stratégie. Dans le même temps, l’administration Trump opère un virage diplomatique inédit, négociant directement avec l’Iran et le Hamas, marginalisant Israël, signe d’un réalignement géopolitique potentiellement historique.
Une explication ci-dessous part Frédéric Encel, géopolitologue très intéressante, auteur de « La guerre mondiale n’aura pas lieu » chez Odile Jacob, interviewé par Frédéric Taddeï. À écouter ici. Que fait Trump pour Gaza ou Israël, mais aussi et surtout quel plan pour Gaza par Netanyahu ?

La politique étrangère de Trump en rupture avec le groupe de pression israélien. Vingt-cinq minutes. Sous-titrage Français
Le Premier ministre du Qatar a déclaré que Trump était sur le point de conclure un accord complet sur les otages, jusqu’à ce que Netanyahu massacre un hôpital le lendemain.
Confirmation de sabotage à Gaza donc ? Un accord presque conclu, DÉTRUIT par un massacre délibéré. Mais Trump n’a sûrement pas dit son dernier mot.
Le Premier ministre du Qatar a révélé que Trump était sur le point de conclure un accord complet sur les otages… jusqu’à ce que Netanyahu fasse bombarder un hôpital le lendemain. ÉCOUTEZ-LE attentivement dans cette vidéo traduite.
Nous voyons maintenant ce qui a saboté la grande annonce de Trump
Les Houthis, un adversaire redoutable malgré les déséquilibres militaires
Les Houthis, soutenus par l’Iran, défient depuis des mois les armées les plus sophistiquées au monde. Leur capacité à frapper des cibles stratégiques comme les porte-avions américains, les F-18, ou même à menacer le F-35, pourtant considéré comme l’avion de combat le plus avancé a forcé Washington à reconsidérer son approche. Les pertes américaines en drones « Ripper » et les risques encourus par leurs pilotes ont convaincu Donald Trump que la force brute ne suffisait pas face à un ennemi résilient, opérant sans bouclier antimissile ni couverture aérienne.
⚓️✈️🇺🇸 Un chasseur-bombardier furtif #F35 américain a failli être touché par des missiles sol-air au-dessus du Yémen. Pas précisé si l’appareil en question appartenait à @usairforce ou au groupe aérien embarqué #GAE du #CVVN75 porte-avions USS Carl Vinson https://t.co/wgiFFUuXam pic.twitter.com/RBj21KXuEU
— Philippe Top-Action (@top_force) May 14, 2025
Trump veut vendre le F-35 à l’Inde… mais ce chasseur a failli être abattu au Yémen avec « presque rien »
Donald Trump pousse à l’exportation du F-35, fleuron technologique américain, vers l’Inde. Problème : ce chasseur stealth, présenté comme « invincible », a frôlé le désastre au Yémen face aux Houthis un groupe armé disposant de moyens antiaériens rudimentaires.
Un mythe technologique ébranlé
L’incident au Yémen pose une question gênante : l’USAF et ses alliés occidentaux sont-ils vraiment supérieurs uniquement face à des ennemis sans défense ? Les Houthis, avec des armes low-cost (drones kamikazes, missiles balistiques modifiés), ont mis en échec des systèmes censés être infaillibles.
L’Inde et le Pakistan : la preuve par l’exemple
- L’Inde a démoli les radars Lockheed et les F-16 pakistanais lors des affrontements il y quelques jours.
- Le Pakistan, en retour, a descendu un Rafale indien ou peut-être trois (ou du moins revendiqué leurs neutralisations), remettant en cause la suprématie française aussi.
Ces duels aériens prouvent une chose : les armes occidentales ne sont pas invincibles dès que l’adversaire dispose de contre-mesures crédibles.
La remise en cause du marketing militaire occidental
Les Houthis, en tenant tête aux États-Unis et à Israël, font bien plus que résister : ils sapent la crédibilité du complexe militaro-industriel américain. Face aux systèmes russes (S-400) et chinois (J-20, drones supersoniques), et le J-10, le F-35 perd de son aura.
Le J-10 est le résultat d’une tentative audacieuse de la Chine dans les années 1980 pour rattraper son retard et prouver qu’elle pouvait construire de manière indépendante un chasseur de classe mondiale. Testé en combat réel, le J-10C a surpassé le Rafale de fabrication française et peut désormais tenir la tête haute sur la scène mondiale.
Le J-20 est un avion de chasse furtif bimoteur tout temps de cinquième génération développé par Chengdu Aerospace Corporation de Chine pour l’armée de l’air de l’APL.
Conclusion : Trump peut-il encore vendre du rêve ?
Si même un groupe rebelle sans armée conventionnelle peut menacer le « meilleur chasseur du monde », comment convaincre l’Inde – ou d’autres – d’investir des milliards dans une technologie déjà contestée ? La réponse des prochains mois sera cruciale… pour Washington autant que pour Moscou et Pékin.
Résumé : Le F-35 de Trump, un avion ‘invincible’… sauf face aux Houthis ? Après son humiliation au Yémen, comment osent-ils le proposer à l’Inde, dont les Rafale ont été torpillés par le Pakistan ? La supercherie est-elle enfin révélée ?

Israël, en revanche, persiste dans une logique de représailles systématiques. Les frappes israéliennes sur les ports yéménites (Hodeidah, Salif) visent à affaiblir les capacités militaires des Houthis, mais ces derniers promettent des « réponses douloureuses » ce qu’ils continuent de faire, soulignant leur aptitude à survivre à une décennie de bombardements. Leur engagement envers Gaza reste inchangé : malgré le cessez-le-feu avec les États-Unis, ils continuent de cibler Israël, exigeant la levée du blocus humanitaire sur l’enclave palestinienne.
D. Trump, l’Iran et l’isolement croissant de Netanyahu
La rupture majeure intervient du côté américain. Trump a choisi de contourner Israël en négociant directement avec Téhéran sur le dossier nucléaire, une approche « à l’envers » qui irrite Netanyahu. Le président américain a également scellé des accords séparés avec le Hamas et les Houthis libérant un otage américain seul, ce qui rend possible la libération des otages sans guerre, excluant de facto Israël des discussions. Cette marginalisation s’est accentuée lors de sa récente tournée dans le Golfe, où il a renforcé les liens avec l’Arabie saoudite, le Qatar et les Émirats arabes unis, sans même inclure une étape israélienne.
Le message est clair : Trump privilégie désormais les intérêts américains, stabilisation régionale, sécurisation des voies maritimes au dogme pro-israélien traditionnel. Comme l’analyse Al Jazeera, « l’administration Trump pense d’abord aux intérêts des États-Unis », quitte à froisser son allié historique. Netanyahu, lui, se retrouve isolé, contraint de proclamer qu’Israël « se défendra seul ».
Gaza, point de fracture géopolitique
Alors que les Houthis instrumentalisent la cause palestinienne pour légitimer leurs attaques, la situation à Gaza atteint un paroxysme tragique. Les frappes israéliennes y ont tué plus de 53 000 personnes, selon les autorités locales, et près d’un demi-million de Palestiniens sont au bord de la famine. Trump a certes évoqué la nécessité d’aider Gaza, mais son plan controversé de relocaliser un million de Palestiniens en Libye illustre une approche plus pragmatique qu’humanitaire.
Pendant ce temps, les Houthis, malgré leur isolement diplomatique, deviennent paradoxalement les symboles d’une résistance régionale à l’offensive israélienne. Leur ténacité questionne l’efficacité des stratégies occidentales : comme le résume un analyste, « les Houthis ne s’arrêteront pas ».
Conclusion : un Moyen-Orient en recomposition
Le conflit au Yémen cristallise les fractures émergentes :
- Un affaiblissement de l’influence israélienne sur Washington, avec un Trump prêt à court-circuiter Netanyahu pour dialoguer avec l’Iran, le Hamas, et les Houthis.
- L’échec relatif de la force militaire face à des acteurs non-étatiques déterminés, comme les Houthis ou le Hamas .
- La cause palestinienne, toujours centrale, mais instrumentalisée dans un jeu d’alliances mouvant.
Si les Houthis paient un lourd tribut humain aussi, leur capacité à perturber l’ordre régional force les grandes puissances à les prendre en compte. Reste à savoir si cette nouvelle donne aboutira à une désescalade… ou à une conflagration encore plus large.
Pour aller plus loin : Les analyses d’Al Jazeera sur le cessez-le-feu américano-houthiste, les rapports de CNN sur l’isolement d’Israël, et les dernières frappes israéliennes au Yémen.
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