Q SCOOP – Des églises catholiques incendiées et des statues des reines Victoria et Elizabeth II renversées au Canada, [Vidéo].


[Vidéo] Des églises catholiques incendiées et des statues des reines Victoria et Elizabeth II renversées au Canada.

Publié le 7.7.2021 par Nathalie Dieul


La statue de Egerton Ryerson, l'un des architectes du système de pensionnats autochtone, vandalisée à Toronto le 6 juin 2021. (OLIVIER MONNIER/AFP via Getty Images)

La statue de Egerton Ryerson, l’un des architectes du système de pensionnats autochtone, vandalisée à Toronto le 6 juin 2021. (OLIVIER MONNIER/AFP via Getty Images)

Des actes de vandalisme touchant des églises catholiques et des statues des reines Victoria et Elisabeth II ont été réalisés en marge de la fête du Canada, célébrée traditionnellement chaque 1er juillet. Pour la police locale, ces attaques sont liées au scandale des pensionnats autochtones.

Au Canada, l’élan de colère qui a suivi la découverte de plus d’un millier de tombes anonymes près d’anciens pensionnats pour autochtones depuis fin mai a mené à des actes de vandalisme à l’encontre de statues des reines Victoria et Elisabeth II à Winnipeg (Manitoba), ainsi qu’à l’incendie ou encore du vandalisme d’au moins une dizaine d’églises catholiques. Les faits se sont déroulés principalement le jour de la fête du Canada, fête nationale qui marque cette année le 154e anniversaire de la Confédération canadienne.

Le 1er juillet, des manifestants ont attaqué des statues monarchiques, situées sur la pelouse de l’Assemblée législative du Manitoba, à Winnipeg. Celle de la reine Victoria, datant de 1904, a été décapitée, aspergée de peinture rouge, puis renversée au sol sous les acclamations des manifestants, indique Le Devoir. Celle de la reine Elisabeth II a elle aussi été renversée. Pour les manifestants, il s’agissait de symboles de l’histoire coloniale du pays, rapporte TV5. Deux semaines plus tôt, le 16 juin, c’est une statue de Jean-Paul II qui a été vandalisée à Edmonton, capitale de la province de l’Alberta, avec des graffitis faits à la peinture rouge, selon Radio-Canada.

Le 6 juin 2021, la statue d’Egerton Ryerson, un personnage directement relié au système des pensionnats autochtones puisqu’il en avait été l’un des architectes, a été déboulonnée et vandalisée à Toronto. L’incident a eu lieu à la suite d’une manifestation en hommage aux 215 enfants dont les restes ont été découverts en Colombie-Britannique. Certaines des personnes rassemblées ont été jusqu’à donner des coups de marteau sur le visage de la statue.

Églises vandalisées et incendiées

Au moins une dizaine d’églises catholiques ont été vandalisées le 1er juillet avec de la peinture orange et rouge dans la province de l’Alberta, dans l’ouest du pays, indique la BBC. Les graffitis comprenaient des messages tels que « nous étions des enfants » et « nos vis comptent », ainsi que des empreintes de mains.

Certains des lieux de culte ont été incendiés. Parmi eux, l’église paroissiale Saint-Jean-Baptiste de Morinville près d’Edmonton, été totalement détruite par les flammes. Il s’agissait d’un bâtiment vieux de 114 ans important pour la vie spirituelle de la communauté francophone de l’Alberta. Le National Post souligne que cette église historique n’est pourtant pas située en terre autochtone.

« Aujourd’hui à Morinville, l’église Saint-Jean-Baptiste a été détruite dans ce qui semble être un acte d’incendie criminel », s’est attristé le Premier ministre de la province, Jason Kenney, qui a qualifié l’incendie de « crime haineux violent ciblant la communauté catholique ».

Tôt le matin du 1er juillet, c’est l’église catholique Sainte-Kateri-Tekakwitha, située à environ 65 km au nord de Halifax en Nouvelle-Écosse, qui a été endommagée dans un incendie. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a indiqué que l’incendie était « d’origine suspecte », selon La Presse canadienne. Cette église est située sur le territoire de la première nation mi’kmaq sipekne’katik, à environ huit kilomètres d’un ancien pensionnat fédéral qui a été à une certaine époque le plus grand pensionnat pour Autochtones dans tout le Canada atlantique.

Dans une autre église catholique de la province de l’Alberta, située à Peace River, ce sont des cocktails Molotov qui ont été lancés par les fenêtres tard dans la soirée du 3 juillet, selon Global News. Le prêtre Nel Esguerra et l’évêque, alertés par l’alarme incendie, ont rapidement réagi en attendant les pompiers. L’incendie a pu être maîtrisé. Malgré « certains dommages », la messe n’a pas été annulée.

« C’est inacceptable et injuste que des actes de vandalisme et incendies criminels aient lieu à travers le pays, y compris contre des Églises catholiques », s’est indigné le Premier ministre du Canada, Justin Trudeau, lors d’un point de presse. Il s’est par ailleurs excusé auprès des Autochtones pour les crimes commis contre eux.

Estimant que le gouvernement Trudeau et la GRC n’avaient pas l’air de prendre au sérieux ces crimes haineux ciblés, le média alternatif Rebel News propose une récompense de 10 000 $ à qui donnera des informations menant à l’arrestation des criminels qui brûlent les églises catholiques.

Le scandale des pensionnats pour Autochtones

Voir l’article Qactus sur le sujet ci-dessous :

182 nouvelles sépultures ont été découvertes juste avant le 1er juillet près d’un ancien pensionnat en Colombie-Britannique. Cette découverte macabre s’ajoute aux 751 tombes anonymes mises au jour à Marieval en Saskatchewan dans l’ouest du pays, la semaine dernière, et aux 215 restes d’écoliers trouvés fin mai près d’un autre de ces établissements à Kamloops, en Colombie-Britannique. Au total, ce sont donc plus de 1 000 sépultures anonymes qui ont été retrouvées près des pensionnats pour Autochtones.

Ces découvertes ravivent le traumatisme vécu par quelque 150 000 enfants amérindiens, métis et inuits, coupés de leurs familles, de leur langue et de leur culture et enrôlés de force jusque dans les années 1990 dans 139 de ces pensionnats à travers le pays. Nombre d’entre eux ont été soumis à des mauvais traitements ou à des abus sexuels, et plus de 4 000 y ont trouvé la mort, selon une commission d’enquête qui avait conclu à un véritable « génocide culturel » de la part du Canada.


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