Espagne : La géopolitique de la région : les États-Unis, Israël et le Maroc contre l’Espagne


La géopolitique de la région : les États-Unis, Israël et le Maroc contre l’Espagne

Publié le 4.8.2026 à 10h46 – Par Julien Morel – Temps de lecture 5mn

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L’Espagne refuse ses bases. Un rapport du Congrès écrit déjà le « statut futur » de Ceuta.

Deux pièces enchaînées. D’abord Trump, trois semaines plus tôt, qui s’agace publiquement que Madrid lui refuse ses bases aériennes et rappelle à l’Espagne qu’elle a déjà perdu Cuba et les Philippines. Ensuite le travail de recherche de Raleigh Rashad: le lobbying de Michael Rubin et de l’American Enterprise Institute, et un rapport parlementaire américain signé Mario Diaz-Balart qui évoque noir sur blanc le « statut futur » de Ceuta et Melilla. C’est une intention écrite d’avance.

L’analyse du discours de Donald Trump révèle une stratégie complexe de manipulation géopolitique. Le président américain utilise un langage direct et sans détour pour exprimer ses intentions, qui sont souvent masquées par des déclarations apparemment contradictoires. Dans le cas de l’Espagne, Trump accuse ce pays de ne pas être un membre loyal de l’OTAN, ce qui cache en réalité une volonté de l’empire américain de contrôler l’espace aérien espagnol et les bases aériennes espagnoles pour mener des frappes contre l’Iran.

Les déclarations de Trump sur l’Espagne doivent être comprises dans le contexte de la géopolitique mondiale. L’Espagne, en tant que membre de l’OTAN, est censée coopérer avec les États-Unis, mais elle a refusé de permettre l’utilisation de son espace aérien pour des opérations militaires contre l’Iran. Cela a déclenché la colère de Trump, qui voit dans ce refus une forme de désobéissance envers l’empire américain.

La situation est encore plus complexe lorsqu’on prend en compte les accords d’Abraham, qui visent à renforcer les liens entre les États-Unis, Israël et les pays arabes. Le Maroc, qui fait partie de ces accords, est pro-Israël et a des revendications territoriales sur les villes espagnoles de Ceuta et Melilla. Les États-Unis et Israël utilisent ces revendications pour exercer des pressions sur l’Espagne et la punir pour son refus de coopérer avec les États-Unis.

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Le think tank américain American Enterprise Institute joue un rôle clé dans cette stratégie, en menant un lobbying intense avec l’administration Trump pour que les villes de Ceuta et Melilla soient reconnues comme territoire marocain. Cela permettrait aux États-Unis et à Israël de renforcer leur influence dans la région et de punir l’Espagne pour son manque de coopération.

Les conséquences de cette stratégie sont loin d’être négligeables. Les villes de Ceuta et Melilla sont des enclaves espagnoles en Afrique du Nord, avec une population de près de 170 000 Espagnols. Les migrants africains se précipitent régulièrement sur les clôtures pour demander l’asile, ce qui crée des tensions sécuritaires pour l’Europe. La reconnaissance de ces villes comme territoire marocain pourrait avoir des conséquences dramatiques pour la sécurité européenne et la stabilité de la région.

En conclusion, les déclarations de Donald Trump sur l’Espagne doivent être comprises dans le contexte de la géopolitique mondiale. Les États-Unis et Israël utilisent les accords d’Abraham et les revendications territoriales du Maroc pour exercer des pressions sur l’Espagne et la punir pour son refus de coopérer avec les États-Unis. La situation est complexe et les conséquences sont loin d’être négligeables. Il est essentiel de comprendre les enjeux géopolitiques pour mieux appréhender les déclarations de Trump et les conséquences de sa stratégie.

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