
Les jeunes Canadiens et la crise du logement provoquent le plus fort changement anti-immigration depuis 50 ans
Publié le 6.12.2025 à 12h11 – Par Sarah Müller – Temps de lecture 5mn
L’opinion publique sur l’immigration au Canada s’est nettement inversée, surtout chez les jeunes, ce qui l’associe à des problèmes d’accessibilité au logement, selon une nouvelle étude.
Le « renversement le plus brutal » de l’opinion publique sur l’immigration au Canada en 50 ans a été en partie provoqué par le fait que les jeunes se sont opposés à une augmentation de l’arrivée de nouveaux arrivants, qu’ils attribuaient à une accessibilité au logement.

Cela faisait partie des conclusions d’un nouvel article publié par le Centre d’excellence de l’Institut de recherche sur les politiques publiques sur la Fédération canadienne. Rédigé par Randy Besco, professeur associé à l’Université de Toronto, et Natasha Goel, chercheuse là-bas, le mémoire sur l’immigration s’appuyait sur plus de 40 ans d’enquêtes menées par l’Environics Institute.
Les auteurs ont noté qu’« en 2023-24, les sondages ont montré le plus net retournement de l’opinion publique depuis au moins la fin des années 1970, avec une opposition à l’immigration qui a rapidement augmenté ».
« Le retrait de l’immigration peut surprendre certains, compte tenu de la réputation du Canada d’être tolérant, multiculturel et pro-immigration. Bien que cela ait été généralement vrai au niveau politique, l’opinion publique n’a pas toujours été alignée sur cette image », ont-ils déclaré.
Ils ont souligné que les données des enquêtes montraient que la plupart des Canadiens souhaitaient moins d’immigration depuis au moins la fin des années 1970 jusqu’au milieu des années 1990. L’opinion publique est devenue plus positive à l’égard de l’immigration au milieu des années 1990, s’est améliorée jusqu’au milieu des années 2000, puis s’est stabilisée pendant plus d’une décennie, avant que le sentiment anti-immigration actuel n’émerge.
« Le renversement le plus frappant se trouve dans la fracture générationnelle. Les Canadiens plus âgés étaient depuis longtemps moins positifs envers les immigrants. Cependant, dans les dernières enquêtes, les jeunes répondants ont exprimé un niveau d’opposition plus élevé », indique le journal.
« Ce changement pourrait refléter des préoccupations concernant la crise de l’accessibilité au logement, qui touche de manière disproportionnée les jeunes Canadiens », ajoutait-elle, soulignant les loyers élevés et les perspectives limitées d’accession à la propriété, combinées à la couverture médiatique et aux déclarations de politiciens, qui pourraient amener les jeunes répondants à lier l’immigration à leurs angoisses économiques.
L’inquiétude liée à l’immigration, en particulier dans les catégories temporaires, a conduit le gouvernement à limiter l’accueil depuis fin 2023. Une flambée de l’immigration sous le Premier ministre Justin Trudeau a provoqué un retour de bâton. Cependant, la pression exercée sur les politiciens pour qu’ils abordent cette préoccupation a conduit à un renversement de plusieurs années de politiques qui soutenaient une augmentation de l’immigration.
Pour répondre à ce sentiment, le gouvernement a réduit de près de 43 % l’admissionnement prévue de résidents temporaires dans son plan de niveau présenté au Parlement en novembre.
« Nous reprenons le contrôle du système d’immigration et mettons le Canada sur une trajectoire pour ramener l’immigration à des niveaux durables nous permettant de tenir la promesse du Canada envers ceux qui l’appellent chez nous », déclarait alors Immigration, Réfugiés et Citoyenneté Canada.
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