
L’Europe hausse le ton : l’Ukraine appelée à faire le ménage après un nouveau scandale de corruption énergétique à 100 millions.
Publié le 15.11.2025 à 00h09 – Par François Lambert – Temps de lecture 3 mn
Bruxelles et Kiev : Le vent tourne pour Volodymyr Zelensky. Alors que son pays espère encore accélérer son rapprochement avec l’Union européenne, un gigantesque scandale de corruption de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique vient rappeler que la guerre n’a pas effacé les vieux démons de l’Ukraine. Le président ukrainien a ordonné la destitution des ministres de la Justice et de l’Énergie, après que l’agence nationale anticorruption a révélé un système de pots-de-vin au sein de la compagnie nucléaire publique Energoatom. Politico

Sept responsables sont impliqués et cinq ont déjà été arrêtés. Les premières audiences ont débuté à Kiev, tandis qu’un audit complet des entreprises publiques du secteur a été annoncé par le Premier ministre Denys Shmyhal. Dans un pays épuisé par près de trois ans de conflit, cette affaire frappe en plein cœur l’un des rares domaines encore capables d’attirer les capitaux étrangers : l’énergie.

Du côté de Bruxelles, la réaction ne s’est pas fait attendre. Des responsables européens ont exhorté Kiev à renforcer sa lutte contre la corruption. La Commission européenne, tout en saluant la réactivité du président, a rappelé que la crédibilité de l’Ukraine dépendait de sa capacité à réformer durablement l’État de droit. Un haut diplomate européen a résumé l’humeur bruxelloise : « L’aide ne peut pas se transformer en gouffre sans fond, ni en rente politique pour quelques-uns. »
À Berlin, le chancelier allemand Friedrich Merz a également insisté sur « la transparence et la poursuite des réformes judiciaires » comme conditions au soutien financier et militaire. Face à ses partenaires, Zelensky a tenté de rétablir la confiance, promettant une « tolérance zéro » et l’indépendance totale des institutions anticorruption du pays. Mais sur le terrain politique, les critiques s’amplifient : certains députés estiment que les destitutions ordonnées ne sont qu’un geste symbolique pour calmer l’Union européenne.
Les analystes craignent que ce scandale ne ralentisse les discussions d’adhésion à l’Union. Dans un contexte économique très fragile, l’opinion publique ukrainienne, déjà lassée des sacrifices imposés par la guerre, risque de percevoir cette nouvelle affaire comme une trahison morale. Car au-delà des discours, une question persiste : comment bâtir une démocratie solide sur un champ miné par les intérêts privés et la corruption d’État ?
Sources : POLITICO, The Toronto Star, Washington Examiner
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