France : Le programme d’avion de combat SCAF en péril : l’Allemagne tentée par une alternative britannique et japonaise, « qu’ils fassent tout seuls » – Eric Trappier, Dassault


Le programme d’avion de combat SCAF en péril : l’Allemagne tentée par une alternative britannique et japonaise, « qu’ils fassent tout seuls » – Eric Trappier, Dassault

Publié le 30.9.2025 à 19h58 – Par François Lambert – Temps de lecture 4 mn

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[FRANCE | /ALLEMAGNE ] Non, ce n’est pas un match de foot, mais un match pour notre souveraineté : « Je veux bien que les Allemands grondent. S’ils veulent faire tout seuls, qu’ils fassent tout seuls. » – Eric Trappier, Dassault, sur le SCAF.

Une crise de confiance sans précédent secoue le programme de Système de Combat Aérien du Futur (SCAF), menaçant le partenariat aéronautique entre la France et l’Allemagne. Alors que Berlin évoque de plus en plus ouvertement la possibilité de se tourner vers le programme concurrent, le GCAP, porté par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon, la France affirme, par la voix de son industriel Dassault Aviation, qu’elle est prête à développer son avion de combat de nouvelle génération seule.

« Nous avions raison. Mais à quel prix ? »  Le groupe RN dénonce seul depuis des années les dérives du projet SCAF Seb Lecornu, sourd à nos alertes, a persisté… C’est son échec à plusieurs milliards d’euros ». Résultat : un fiasco retentissant. Il est temps d’en tirer les leçons.

Les racines d’un divorce annoncé

Les tensions qui paralysent le SCAF ne sont pas nouvelles et trouvent leur source dans des désaccords fondamentaux.

  • Un leadership contesté : Dassault Aviation, maître d’œuvre désigné pour le pilier avion de combat (NGF), réclame un leadership clair et un modèle de gouvernance inspiré de ses succès passés, comme le démonstrateur de drone nEUROn . L’Allemagne, par la voix d’Airbus Defence & Space, refuse de se contenter d’un rôle secondaire et défend un modèle de co-pilotage, estimant que sa contribution financière justifie une participation égale .
  • Des besoins opérationnels divergents : La France a des exigences spécifiques que ne partagent pas ses partenaires, notamment la capacité de l’avion à emporter l’arme nucléaire et à opérer depuis un porte-avions . L’Allemagne recherche avant tout un successeur à son Eurofighter, davantage tourné vers l’interception et la supériorité aérienne .
  • Une impasse politique : Malgré les déclarations officielles réaffirmant la volonté commune de mener le projet à bien, les négociations pour lancer la phase de démonstrateurs (phase 2) sont dans l’impasse. Les positions des deux pays sont décrites comme « inconciliables » par certains observateurs .
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Les alternatives qui s’offrent à l’Allemagne

Face aux blocages du SCAF, l’Allemagne explore d’autres options pour renouveler sa flotte aérienne.

  • Le rapprochement avec le GCAP : Plusieurs médias internationaux rapportent que l’Allemagne serait tentée de rejoindre le Global Combat Air Programme (GCAP), le projet concurrent mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon. Selon des sources industrielles, le Royaume-Uni serait prêt à accueillir l’Allemagne, même si son rôle ne pourrait probablement être que « limité » étant donné l’avancement du projet.
  • Les autres options : En parallèle, Berlin pourrait également envisager de développer son propre avion national, éventuellement en coopération avec la Suède, ou de poursuivre le programme SCAF uniquement avec l’Espagne, en excluant la France.

La position de la France et de Dassault Aviation

Face à ces tensions, la posture française se durcit. Éric Trappier, le PDG de Dassault Aviation, a récemment déclaré que son groupe était « parfaitement capable de faire le futur avion de combat de 6e génération « tout seul de A à Z » ». Cette confiance s’appuie sur l’expertise et le savoir-faire uniques de l’industriel, qui a conçu et produit une longue lignée d’avions de combat, du Mirage III au Rafale.

Bien que les gouvernements français et allemand aient réaffirmé leur engagement à trouver un accord avant la fin de l’année 2025, la possibilité d’un échec du SCAF et d’un développement en solo par la France n’est plus taboue et est désormais ouvertement discutée dans les cercles industriels et stratégiques.

En résumé, le programme SCAF, symbole de la coopération de défense européenne, traverse sa crise la plus grave. La volonté allemande d’explorer d’autres partenariats, notamment avec le GCAP, et l’affirmation de la souveraineté industrielle par Dassault Aviation, laissent présager une reconfiguration majeure des projets d’avions de combat en Europe.

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