Vatican : Le processus millénaire d’élection d’un nouveau pape est déjà en marche : pas à pas, les rites et rituels après la mort de François


Le processus millénaire d’élection d’un nouveau pape est déjà en marche : pas à pas, les rites et rituels après la mort de François

Publié le 22.4.2025 à 11h11 – Par Julien Morel – Temps de lecture 6 mn


La mort de François a donné le coup d’envoi d’une série de traditions funéraires avec des réformes qu’il a poussées, soulignant son désir d’un enterrement en dehors du Vatican

La mort d’un pape déclenche une série de rites et de rituels méticuleusement planifiés (AP Photo/Andrew Medichini, File)

La mort d’un pape met en branle une série de rites et de rituels méticuleusement planifiés, qui ont été établis bien avant le début du conclave pour élire son successeur. Il s’agit notamment de la confirmation de sa mort, de l’exposition publique de son corps pour que les fidèles lui rendent hommage, suivie des funérailles et de l’enterrement.

Le pape François, qui est décédé lundi, a introduit plusieurs changements aux rites funéraires l’année dernière, simplifiant les rituels pour souligner son rôle de simple évêque et permettant son enterrement à l’extérieur du Vatican, selon ses souhaits. Pourtant, les éléments fondamentaux du processus demeurent, y compris les trois moments clés qui doivent être respectés entre la mort d’un pape et son enterrement.

Ces réformes se reflètent dans le mince volume rouge Ordo Exsequiarum Romani Pontificis, qui signifie en latin « Rite de l’enterrement des pontifes romains ».

Pourquoi les changements dans les rites funéraires étaient-ils nécessaires ?

Alors que les papes modifient généralement les règles régissant le conclave pour élire leur successeur, le rite funéraire papal n’a pas été révisé depuis 2000. Les changements ont été motivés par les propres souhaits de François et par le décès du pape émérite Benoît XVI le 31 décembre 2022, dont les funérailles ont forcé le Vatican à faire face à la nouveauté d’être le premier pape à prendre sa retraite en 600 ans.

Quelques mois plus tard, François a révélé qu’il avait travaillé avec le maître des cérémonies liturgiques du Vatican, l’archevêque Diego Ravelli, pour réviser et simplifier le livre des rites. Dans ses explications, Ravelli a noté que les réformes cherchaient à « souligner encore plus que les funérailles du Pontife romain sont celles d’un pasteur et disciple du Christ, et non celles d’un homme puissant de ce monde ».

La déclaration de décès

Les trois moments principaux se déroulent d’abord dans la résidence du pape, puis dans la basilique Saint-Pierre et enfin sur le lieu de sépulture.

La fermeture de la résidence officielle du Palais apostolique, un acte symbolique, d’autant plus maintenant, que François résidait à Santa Marta

La réforme permet que la confirmation officielle du décès soit faite dans la chapelle personnelle de François, plutôt que dans sa chambre. Ce changement pourrait être dû à des raisons pratiques, puisque François a choisi de vivre dans une petite suite à l’hôtel Santa Marta, plutôt qu’au Palais apostolique, et avait une chapelle personnelle dans cet hôtel.

Après la mort du pape, le chef du service de santé du Vatican examine le corps, détermine la cause du décès et rédige un rapport. Le corps est habillé d’une tunique blanche. Le corps repose ensuite dans la chapelle personnelle du pape pour la déclaration rituelle de sa mort, présidée par le camerlingue, le fonctionnaire qui supervise l’administration du Saint-Siège entre la mort ou la démission d’un pape et l’élection de son successeur. Le camerlingue actuel est le cardinal américain Kevin Farrell, l’un des plus proches collaborateurs de François.

Contrairement aux pratiques précédentes, le corps n’est plus placé dans les trois cercueils traditionnels de cyprès, de plomb et de chêne. Maintenant, le pape est placé dans un cercueil en bois avec un cercueil en zinc à l’intérieur. Il porte les vêtements liturgiques rouges, la mitre (la coiffe traditionnelle des évêques) et le pallium (une étole de laine). Le cierge pascal, un grand cierge décoré utilisé à Pâques, est placé à proximité.

Le camerlingue rédige la déclaration formelle de décès, accompagnée de l’attestation de la cause du décès établie par le chef du service de santé. Le maître des cérémonies liturgiques, Ravelli, décide alors quand les fidèles pourront rendre hommage au corps avant qu’il ne soit transféré à la basilique Saint-Pierre pour être exposé au public.

Une fois dans la basilique

Lorsque le corps entre dans la basilique, les litanies des saints sont chantées et le camerlingue mène la procession. Un autre changement important est que le corps du pape n’est plus placé dans un cercueil surélevé. Au lieu de cela, le cercueil en bois est placé devant les bancs, avec la bougie pascale à proximité.

L’étanchéité du cercueil

La veille des funérailles, le camerlingue préside à la clôture et au scellement du cercueil, en présence d’autres cardinaux de haut rang. Un tissu blanc est placé sur le visage du pape et un sac de pièces de monnaie frappées pendant son pontificat est introduit, ainsi qu’un compte rendu écrit de son pontificat, connu en italien sous le nom de « rogito ». Ce document est lu à haute voix, puis enroulé et placé dans un tube cylindrique à l’intérieur du cercueil, tandis qu’une autre copie est conservée dans les archives du Vatican. Les couvercles des cercueils en zinc et en bois sont marqués d’une croix et des armoiries papales.

Les armoiries de François, qu’il a conservées de son temps en tant qu’évêque, comprennent le monogramme de la Compagnie de Jésus et la légende Miserando atque eligendo, qui signifie « Ayant eu miséricorde, il l’appela ». Cette phrase provient d’un passage de l’Évangile dans lequel le Christ choisit un homme apparemment indigne pour être son disciple.

Les funérailles et l’enterrement

La basilique de Santa Maria Maggiore, située de l’autre côté de la ville (REUTERS/Vincenzo Livieri)

Les funérailles sont présidées par le doyen du collège des cardinaux, ou par le vice-doyen ou un autre cardinal de haut rang. Le doyen actuel est le cardinal Giovanni Battista Re, 91 ans, et le vice-doyen est le cardinal argentin Leonardo Sandri, 81 ans. François a prolongé leur mandat plutôt que de nommer de nouveaux cardinaux.

La réforme de François permet également l’enterrement en dehors du Vatican, présidé par le camerlingue. Plusieurs sceaux sont imprimés sur le cercueil, qui est ensuite déposé sur la tombe.

François avait exprimé son désir de ne pas être enterré dans la basilique Saint-Pierre ou dans les grottes du Vatican, où reposent la plupart des papes. Au lieu de cela, il a choisi la basilique Sainte-Marie-Majeure, située de l’autre côté de la ville, dans laquelle l’icône de la Vierge Marie connue sous le nom de Salus Populi Romani (Salut du peuple de Rome) est vénérée.

Le pape François a exprimé à plusieurs reprises que cette image de Marie, qui tient l’Enfant Jésus, était celle de sa grande dévotion. « C’est ma grande dévotion », a-t-il déclaré en 2013, révélant ses plans pour le futur enterrement. « L’endroit est déjà prêt. »

Avec l’enterrement, l’Église catholique entame une période de deuil officiel de neuf jours, connue sous le nom de novemdiales, et le conclave pour élire le nouveau pape commence.

(Avec des informations de l’AP)

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