Chine : Bali conclusion ; c’était un Versailles renaissant, Xi Jinping signifie à Biden une « ligne rouge infranchissable » dans les relations sino-américaines.


Bali conclusion : c’était un Versailles renaissant, Xi Jinping signifie à Biden une « ligne rouge infranchissable » dans les relations sino-américaines.

Publié le 21.11.2022


Conclusion du G20 a Bali :

Bali était comme Versailles renaissant, et Xi Jinping était comme Louis XIV, le Roi-Soleil, entouré de dirigeants européens rivalisant pour que son rayon de grâce les touche.

Tous les dirigeants européens présents au sommet du G20 souhaitaient rencontrer en tête-à-tête le président chinois Xi Jinping après sa mise en quarantaine de près de trois ans. Mais tous n’ont pas eu droit à cette grâce.

Le président américain Joe Biden a passé trois heures et demie avec Xi, tandis que le président français a dû se contenter de 43 minutes (toujours respectables).

La Chine a clairement repris sa tactique de longue date consistant à courtiser certains pays de l’UE et leurs intérêts nationaux, qu’elle a souvent utilisée pour déstabiliser Bruxelles.

Macron avait désespérément besoin de ce temps d’antenne avec Xi alors que les Américains et les Allemands dominaient les gros titres.

Si Macron a affirmé que Xi était d’accord avec lui pour « appeler au respect de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine », le propre message de la Chine n’en faisait pas mention, disant seulement : « La Chine est favorable à un cessez-le-feu, à la fin du conflit et à des négociations de paix. »

Sputnik rapporte que la rencontre entre les Présidents chinois et américains en marge du G20 était attendue par beaucoup. Outre la question de l’Ukraine, Xi Jinping et Joe Biden ont discuté des relations sino-américaines et le dirigeant chinois a signifié à son homologue la ligne rouge à ne pas franchir.

Xi Jinping et Joe Biden (Archives)

« Le Président Xi Jinping a clairement indiqué que la question taïwanaise était au cœur des intérêts fondamentaux de la Chine. C’est un fondement politique et une ligne rouge infranchissable dans les relations sino-américaines », rapporte un communiqué du ministère chinois des Affaires étrangères.

Le dirigeant chinois a encore souligné que l’indépendance de Taïwan était « incompatible avec la paix et la stabilité » dans la région.

L’Empire du milieu a appelé la partie américaine à respecter les trois communiqués conjoints, documents signés dans les années 1970-1980, par lesquels Washington reconnaissait le principe d’une seule Chine.

Montée des périls

Les tensions autour de Taïwan s’étaient accrues en août dernier, avec la visite sur l’île de Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants des États-Unis.

Un déplacement pris comme une provocation par Pékin, qui avait par la suite mené d’importants exercices militaires dans le détroit de Taïwan.

Début octobre, Xi Jinping -fraîchement réélu- avait encore martelé la volonté chinoise de réunification, n’excluant pas de recourir à la force pour y parvenir.

Des déclarations qui ont mis Washington sur le qui-vive. Les tensions se sont accrues, admettait récemment l’amiral Michael Gilday, chef des opérations navales américaines, qui voyait poindre le conflit à l’horizon 2027, voire dès 2023.

Taïwan avait encore rajouté du sel sur les plaies mi-octobre, en venant flirter avec Washington sur le dossier ukrainien.

La Russie reconnaît pour sa part la politique d’une seule Chine et avait dénoncé la venue des représentants américains sur l’île.