Chine : Xi Jinping et Vladimir Poutine confirment la «coordination stratégique» Chine-Russie.


Xi Jinping et Vladimir Poutine confirment la «coordination stratégique» Chine-Russie.

Comme nous vous l’expliquons dans cet article, à lire pour mieux comprendre la coopération Russie/Inde/ Chine ici : Inde : Violentes manifestations contre une réforme du recrutement dans l’armée. Explication de l’union Russie/Inde et Chine, ce qui met les États-Unis, en panique totale.

Publié le 18.6.2022 par Andrew Thornebrooke


Selon les médias d’État chinois, le chef du Parti communiste chinois (PCC) Xi Jinping a réaffirmé l’engagement de la Chine envers la Russie lors de son entretien téléphonique du 15 juin avec le président russe Vladimir Poutine.

Le président russe Vladimir Poutine serre la main du dirigeant chinois Xi Jinping lors d'une cérémonie de bienvenue au sommet des chefs d'État de l'Organisation de coopération de Shanghai tenu à Qingdao, en Chine, le 10 juin 2018. (Sergei Guneyev/Sputnik/AFP via Getty Images)
Le président russe Vladimir Poutine serre la main du dirigeant chinois Xi Jinping lors d’une cérémonie de bienvenue au sommet des chefs d’État de l’Organisation de coopération de Shanghai tenu à Qingdao, en Chine, le 10 juin 2018. (Sergei Guneyev/Sputnik/AFP via Getty Images)

« La Chine est prête à travailler avec la Russie pour continuer à se soutenir mutuellement sur leurs intérêts fondamentaux respectifs concernant la souveraineté et la sécurité, a déclaré Xi Jinpijng, ainsi que sur leurs préoccupations majeures, en approfondissant leur coordination stratégique et en renforçant la communication et la coordination dans des organisations internationales et régionales aussi importantes que les Nations unies, le mécanisme du BRICS et l’Organisation de coopération de Shanghai. »

À lire aussi : Russie : Au Forum de Saint-Pétersbourg, Poutine peut compter sur la présence indienne.

Il a également indiqué que l’État-parti chinois était prêt à travailler ensemble avec la Russie pour promouvoir les activités dans les pays en développement afin d’établir un ordre international qui servira mieux à ces deux États.

« La partie chinoise est prête à travailler avec la partie russe pour assurer le développement régulier et à long terme de leur coopération bilatérale pratique », a insisté le dirigeant chinois.

À lire aussi : Inde : Violentes manifestations contre une réforme du recrutement dans l’armée. Explication de l’union Russie/Inde et Chine, ce qui met les États-Unis, en panique totale.

Dans un communiqué sur cet entretien téléphonique, le porte-parole du Kremlin a affirmé que Xi Jinping avait reconnu la « légitimité des actions de la Russie pour protéger ses intérêts nationaux fondamentaux face aux défis de sécurité créés par des forces extérieures ». Cela se référait à la propagande russe selon laquelle la guerre déclenchée en Ukraine visait à empêcher l’expansion de l’OTAN.

Cependant, au moment de son invasion par la Russie en février dernier, l’Ukraine ne faisait pas l’objet d’un examen en vue d’une adhésion à l’OTAN (l’alliance prévoyant une riposte collective à l’agression contre l’un de ses membres). De plus, l’Ukraine se verrait refuser une telle adhésion parce que les candidats à l’OTAN doivent maintenir l’intégrité territoriale sur tous les territoires qu’ils revendiquent, ce qui n’est pas le cas de ce pays.

L’alliance naissante entre le PCC et le Kremlin inquiète de plus en plus les responsables occidentaux depuis que Xi et Poutine ont annoncé pour la première fois un partenariat « sans limites » le 4 février, 20 jours avant l’invasion de l’Ukraine.

Depuis lors, Xi Jinping ne s’est pas associé aux sanctions internationales contre la Russie pour cette invasion, et le régime chinois a adopté une position prévoyant que les actions financières internationales contre la Russie ne sont pas valables, offrant ainsi à la Russie une bouée de sauvetage économique vitale sur les marchés chinois.

L’État-parti chinois a été critiqué pour son soutien apparent à la Russie après le déclenchement de la guerre en Ukraine, tandis qu’un rapport ukrainien a suggéré que des pirates informatiques affiliés au régime chinois ont lancé une cyberattaque massive contre l’Ukraine la veille du jour où Poutine a lancé l’invasion.

À l’heure actuelle, le PCC continue de censurer fortement les discussions sur la guerre en Ukraine sur les médias sociaux en Chine et refuse d’en parler comme d’une guerre, reprenant la position russe qu’il ne s’agit que d’une « opération militaire spéciale ».

En même temps, le Kremlin a annoncé son soutien aux revendications de Pékin sur Taïwan et a déclaré qu’il s’opposait aux tentatives internationales d’influencer les événements en cours à Taïwan, au Xinjiang et à Hong Kong.

À lire aussi : Russie : Souveraineté, commerce… Discours de Poutine au Forum économique de Saint-Pétersbourg (EN CONTINU).

De leur côté, les responsables du renseignement américain ont laissé entendre que le partenariat entre l’État-parti chinois et le Kremlin ne fera que s’approfondir au cours de la prochaine décennie et que cette nouvelle situation stratégique aura des effets profonds, car les États-Unis n’ont jamais été confrontés simultanément à deux adversaires nucléaires quasi-confrères.

« Nous parlons parfois de la stabilité stratégique comme principe d’organisation dans les relations États-Unis–Russie et États-Unis–Chine. Je ne pense pas que nous soyons en mesure d’atteindre la stabilité à l’heure actuelle. Nous sommes dans une très, très mauvaise position envers les deux », a mis en garde encore en avril David Santoro, président du groupe d’experts Pacific Forum.

L’entretien téléphonique entre Xi Jinping et Vladimir Poutine intervient moins d’une semaine après que Wei Fenghe, le ministre chinois de la Défense, a menacé de déclencher une guerre liée à l’indépendance de facto de Taïwan – et ce, quelques jours seulement après que Xi Jinping a annoncé un ensemble de 59 nouveaux règlements destinés à préparer les forces armées chinoises à des actions militaires « non guerrières ».

Aucune clarification immédiate n’a été apportée quant à ce que le PCC comprend par une action militaire « non guerrière ». Toutefois, la guerre menée par la Russie en Ukraine présente une interprétation possible, étant donné que ni la Russie ni la Chine ne reconnaissent cette invasion militaire en tant que guerre.

Source