
Prédateurs d’enfants : la réponse implacable du 19e siècle
Publié le 6.6.2026 à 10h25 – Par Julien Morel – Temps de lecture 5mn
Quand un prédateur violait et assassinait un enfant, au 19e siècle, il risquait la peine de mort par guillotine. Deux affaires emblématiques illustrent ce point :
Louis Ménesclou (1880) : ce jeune homme de 20 ans attira sa petite voisine de 4 ans et demi dans sa chambre parisienne, la viola, l’étouffa puis la démembra. Les experts médicaux reconnurent quelques « défectuosités mentales » mais le déclarèrent responsable de ses actes. Il fut condamné à mort et guillotiné en septembre 1880 place de la Roquette.

Albert Soleilland (1907) : violeur et meurtrier d’une fillette, il fut lui aussi déclaré pénalement responsable par l’expertise médico-légale. L’affaire déclencha une telle émotion populaire – des manifestants défilèrent dans les rues de Paris pour réclamer son exécution – qu’elle fit échouer en 1908 le projet de suppression de la peine de mort au Parlement français.
La question de la folie : un débat décisif.
La grande question qui agitait les prétoires était celle de la responsabilité pénale. En vertu de l’article 64 du Code pénal, si un accusé était reconnu irresponsable (aliéné mental), il ne pouvait pas être condamné. Un procureur de l’époque trancha dans un cas particulier en affirmant qu’il n’y avait pas d’inconvénient à guillotiner l’auteur d’un crime monstrueux, même s’il est atteint de « monomanie criminelle ».
L’affaire Vacher l’éventreur (1897-1898) – un vagabond qui avait violé et éviscéré au moins 12 jeunes gens des deux sexes – cristallisa ce débat. Le médecin légiste Alexandre Lacassagne conclut à la simulation de folie et à la pleine responsabilité du meurtrier. Vacher fut guillotiné à Lyon le 31 décembre 1898
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