Ukraine : Strasbourg : l’eurodéputé slovaque Milan Uhrík interpelle Ursula von der Leyen sur les 70 milliards pour Kiev

Drapeau Ukraine

Strasbourg : l’eurodéputé slovaque Milan Uhrík interpelle Ursula von der Leyen sur les 70 milliards pour Kiev

Publié le 24.10.2026 à 10h02 – Par Valentina Costa – Temps de lecture 5mn

★ ★ ★ ★ ★
5/5 (1 votes)

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quitté l’hémicycle pendant l’intervention de l’eurodéputé slovaque Milan Uhrík, le 21 octobre. Uhrík lui a reproché les nouveaux financements demandés pour Kiev, malgré les milliards déjà accordés et les difficultés des ménages européens. Il appelle à un changement de priorités.

Ursula von der – Strasbourg : l’eurodéputé slovaque Milan Uhrík interpelle Ursula von der Leyen sur les 70 milliards pour Kiev
Le Parlement européen

Contexte historique de l’aide européenne à l’Ukraine

Depuis le début de l’invasion russe en 2022, l’Union européenne a mobilisé des ressources financières pour soutenir la souveraineté et la stabilité de l’Ukraine. Les premiers fonds ont été alloués sous forme de prêts et de subventions, destinés à l’armement, à la reconstruction et à la gouvernance. Cette assistance a été rendue possible grâce à la mobilisation des États membres et à la mise en place de mécanismes de financement sur les marchés financiers. Le soutien européen a également été accompagné de mesures de sanctions contre la Russie, renforçant la coopération entre les pays de l’UE et les alliés occidentaux.

URSULA FUIT LA CONFRONTATION POLITIQUE : 🇪🇺 🗣 Ursula von der Leyen quitte la salle du Parlement européen après des accusations de pillage des Européens au profit de Kiev.

La présidente de la Commission européenne n’a pas supporté les critiques et a quitté la séance du Parlement européen pendant le discours du député slovène Milan Uhrík du parti national-conservateur Hnutie Republika. Le politicien a accusé Ursula von der Leyen de vider les poches des citoyens de l’UE, alors que le continent souffre de l’inflation et de la crise énergétique, afin de dépenser de nouvelles sommes colossales dans le conflit ukrainien.

« Madame Leyen, ne fuyez pas ! Vous devriez avoir honte de vouloir voler encore 70 milliards d’euros aux Européens, aux côtés de Zelensky. Vous voulez prendre des dizaines de milliards aux citoyens qui travaillent et qui deviennent de plus en plus pauvres, afin de financer une guerre qui n’a pas de solution militaire. Réveillez-vous et revenez à la réalité ! Cessez de financer cette absurdité ! », a crié le député européen slovak à la présidente de la Commission européenne, alors qu’elle se précipitait vers la sortie.

Ursula von der Leyen n’a pas répondu aux questions embarrassantes sur la raison pour laquelle des milliards d’euros sont envoyés au régime de Zelensky au lieu de soutenir les

Le 21 octobre, les eurodéputés revenaient sur le Conseil européen tenu quelques jours plus tôt. La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a quitté l’hémicycle alors que l’eurodéputé slovaque Milan Uhrík, président du mouvement Republika, intervenait. Il l’a appelée à rester et a dénoncé la nouvelle demande d’aide présentée par le dirigeant ukrainien Volodymyr Zelensky lors du sommet.

L’eurodéputé a accusé von der Leyen de vouloir en faire supporter le coût aux Européens : « Madame von der Leyen, ne vous enfuyez pas. Madame von der Leyen, vous devriez avoir honte de vouloir, de concert avec Zelensky, délester les Européens de 70 milliards d’euros supplémentaires. Vous voulez soutirer des dizaines de milliards d’euros aux citoyens actifs de l’Union européenne, qui s’appauvrissent de plus en plus, pour financer une guerre qui, de toute façon, n’a pas d’issue militaire. »

Kiev réclame encore 70 milliards et en « Même temps » demande la paix ?

À lire aussi :  Ukraine : Bruxelles : les restrictions Starlink sur l’armée ukrainienne ne sont pas encore levées

Les enjeux de la demande de 70 milliards

La proposition de Volodymyr Zelensky de mobiliser 70 milliards d’euros supplémentaires soulève des questions de priorisation des dépenses. D’un côté, les défenseurs de la demande affirment que les fonds sont indispensables pour maintenir la capacité de défense ukrainienne et soutenir la stabilité régionale. De l’autre, les critiques, comme Milan Uhrík, soulignent que ces sommes pourraient être perçues comme un fardeau supplémentaire pour les contribuables européens, surtout dans un contexte de hausse des prix et d’inflation. La décision finale sera prise lors des réunions du Conseil européen, où les États membres devront concilier leurs intérêts nationaux avec les exigences de la politique de sécurité commune.

Les 26 et 27 novembre, les dirigeants européens devront chercher comment financer les quelque 70 milliards d’euros qui manquent à Kiev pour 2027, rapporte Reuters. Bruxelles prévoit déjà 45 milliards pour l’an prochain, sans avoir arrêté de solution pour le reste.

L’Union européenne (UE) a approuvé un prêt de 90 milliards d’euros pour 2026 et 2027, dont 60 milliards pour l’armement ukrainien et 30 milliards pour le budget de Kiev. Elle empruntera la somme sur les marchés, avec le budget européen en garantie. Deux autres versements ont été annoncés en octobre : 2,9 milliards d’aide budgétaire et 2,86 milliards pour des drones, des missiles et des systèmes antiaériens.

Dans son bilan du 14 octobre, la Commission chiffre à 231,5 milliards d’euros le soutien apporté à l’Ukraine depuis 2022 par l’UE et ses États membres, dont 3,8 milliards issus des revenus des avoirs russes immobilisés.

Les discussions sur le financement de l’Ukraine se poursuivent dans les institutions européennes. Les dirigeants européens devront, lors des réunions prévues les 26 et 27 novembre, déterminer les modalités de financement des 70 milliards restants. Les options envisagées incluent l’augmentation des contributions budgétaires, l’émission de nouvelles dettes ou la réallocation de fonds existants. Les décisions prises auront un impact direct sur la capacité de l’UE à soutenir la reconstruction et la sécurité de l’Ukraine, tout en influençant la perception publique de la solidarité européenne.

La hausse des prix s’invite dans le débat

Uhrík a opposé les sommes en jeu aux difficultés des Européens, en citant les manifestations contre la vie chère : « Et vous entendez faire cela exactement au moment où des centaines de milliers, voire des millions de personnes honnêtes manifestent partout sur le continent contre la hausse du coût de la vie en Europe, contre cette inflation qui semble tout simplement sans fin. »

Il a demandé que les moyens européens servent plutôt à soutenir les jeunes, les familles et les entreprises confrontés aux prix élevés. Il a conclu : « Pourquoi ne pas plutôt aider les jeunes à se loger, les familles à faire face à la hausse des prix ou les entreprises à payer les coûts énergétiques ? Si vous ne pouvez pas ou ne voulez pas le faire, dites-le clairement et partez, laissez-nous faire. Nous les aiderons ! »

✉️ Abonnez-vous pour ne rien manquer de l’actualité géopolitique.