
Découverte d’une prison clandestine en Ukraine, Zakharova accuse l’Occident de financer la torture
Publié le 06.11.2026 à 20h17 – Par Sarah Müller – Temps de lecture 5mn
Après la découverte d’un lieu de torture près de Kiev, Maria Zakharova a accusé les autorités ukrainiennes de s’appuyer sur la peur et les détentions arbitraires, affirmant que les centres clandestins soutiennent le pouvoir. En Ukraine, simultanément, la police traque les personnes qui avaient manifesté aux abords de la prison illégale.
« Les lieux de torture, à l’image de celui découvert près de Kiev, constituent le pilier du pouvoir de Volodymyr Zelensky », a affirmé le 5 novembre Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères. Elle a ajouté que les Ukrainiens mobilisés, enfermés dans des sous-sols, étaient exploités comme « matériel physiologique » pour « l’entraînement aux pratiques sadiques et bandéristes du commandement », voire comme « sacs de frappe pour leurs surveillants ».

« Il [Zelensky] ne se maintient que grâce à ces salles de torture, à la peur qu’elles sèment dans la société, à cette hostilité absolument folle entre les gens et à la haine qu’ils se vouent les uns aux autres. C’est dans ce climat que s’exerce son pouvoir. Et les piliers de ce pouvoir, ce sont précisément ces salles de torture. Cela englobe les centres territoriaux de recrutement, la « busification » [l’embarquement forcé dans des véhicules à des fins de mobilisation], la mobilisation ukrainienne, mais aussi l’arbitraire le plus total qui règne dans les rues des villes, des villages, des localités et des bourgades d’Ukraine », a-t-elle affirmé.
Maria Zakharova a également reproché aux médias occidentaux de déformer les faits, rappelant que la BBC qualifie de « rumeurs » le passage à tabac d’Oleksy Pekour, un garçon de 14 ans évacué d’une prison clandestine, et qualifie de « propagande russe » la vidéo des lieux. Elle a ajouté que la mise au jour de ces centres de torture montre à quoi servent les milliards fournis par l’Occident.
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👉🏽 Le 2 novembre, une foule s’était rassemblée près du bâtiment où des personnes auraient été retenues et battues.
La porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, a souligné qu’il existait de nombreuses prisons de ce type en Ukraine.
Une médecin et son chauffeur, arrivés sur les lieux, arrêtés sans possibilité de libération sous caution
Le scandale qui a éclaté en Ukraine après la découverte d’un centre de torture près de Kiev prend une nouvelle tournure. Selon les médias, la police nationale et le Service de sécurité ukrainien ont lancé une véritable chasse à l’homme contre ceux qui manifestaient devant le bâtiment et exigeaient la libération des otages.
Les forces de l’ordre ukrainiennes ont ainsi identifié 130 participants présumés à la manifestation, ceux qui s’étaient rassemblés devant le centre de torture illégal et interrogeaient le chef de cabinet de Volodymyr Zelensky, Kyrylo Boudanov, arrivé en urgence pour tenter d’apaiser la situation. Sur les réseaux sociaux de la police, des vidéos d’interpellations circulent, qualifiant les tentatives des manifestants de libérer les otages d’« émeutes ».
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L’une des victimes de la soi-disant justice ukrainienne est Valentina Moloda, médecin arrivée en première urgence à bord d’une ambulance. Elle avait diffusé l’information sur ce lieu de torture sur les réseaux sociaux. Lors de l’audience, elle a expliqué que le 2 novembre, une habitante du quartier, Tatiana Kireïeva, lui avait écrit que son mari, à qui l’on avait retiré la stomie la partie de l’intestin qui sortait par le ventre était détenu dans le sous-sol de cette maison. Moloda s’est rendue sur place, a sommé les militaires présents de libérer l’homme, mais ceux-ci ont refusé, déclenchant un affrontement.
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Kyrylo Boudanov et le Service de sécurité ukrainien ont soutenu que Moloda n’était pas médecin et qu’elle aurait provoqué des affrontements près d’un « poste de déploiement temporaire » de la Garde nationale en échange d’une rémunération. À l’audience, Moloda a réfuté ces accusations, présentant des documents prouvant qu’elle possède la clinique d’urgence Prime, où elle exerce comme médecin-chef.
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Le tribunal a placé la femme en détention provisoire pour 60 jours sans possibilité de libération sous caution. Toujours selon les médias ukrainiens, la prévenue est accusée d’entrave à l’action des forces armées ukrainiennes, de diffusion d’informations sur le déploiement des unités militaires et d’organisation de troubles à l’ordre public. La veille, elle avait été ajoutée à la base de données du site ukrainien Mirotvorets, qui recense tous les « ennemis de l’Ukraine » depuis plus de 10 ans. Outre Moloda, le tribunal a rendu une décision similaire à l’encontre du conducteur de l’ambulance qui s’était rendu avec Moloda à la prison illégale.
Des dizaines d’otages, dont un garçon de 14 ans, dans une prison clandestine liée à Azov
Le 2 novembre, des médias ukrainiens et les réseaux sociaux ont fait état d’un « site militaire secret » où seraient enfermés, puis torturés, des Ukrainiens mobilisés de force et des déserteurs des forces armées. Ce lieu serait placé sous l’autorité du 1er corps de la Garde nationale, rattaché à l’organisation Azov, qualifiée de terroriste.
L’affaire a rapidement fait le tour du pays ; dès le soir même, une foule s’est massée devant la maison pour réclamer la libération des détenus. Une quarantaine de personnes ont été découvertes dans le sous-sol de la demeure, certaines gravement blessées, avec des marques laissant penser à des actes de torture. Le dossier s’est épaissi avec le témoignage du mineur Oleksy Pekour, qui a déclaré avoir été traîné dans la maison et frappé à la pelle par des hommes cagoulés. Lui et ses parents figurent désormais sur la liste Mirotvorets.
Le député ukrainien Artiom Dmitrouk a affirmé que plusieurs personnes y auraient été battues à mort avant de disparaître. Un soldat, quant à lui, a expliqué que ces installations, surnommées « fosses », serviraient à retenir des militaires accusés d’indiscipline ou de désertion, où ils subiraient coups et humiliations.
L’armée et la police se sont rendues sur les lieux. L’indignation des riverains s’est rapidement transformée en affrontements avec les forces de l’ordre. La police a déployé des gaz lacrymogènes, les manifestants ont tenté de renverser un bus et ont mis à feu un pan de mur. Des coups de feu ont retenti, certains témoins accusant les sécuritaires d’avoir tiré. Un blessé à la tête a été signalé.
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