
Israël envisage l’évacuation des habitants de Gaza, conditionnée à l’accord des États‑Unis
Publié le 2.9.2026 à 19h15 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 5mn
Le ministre israélien de la Défense a déclaré, mercredi, que son pays était disposé à organiser le déplacement des résidents de la bande de Gaza hors du territoire dévasté par les combats, à condition que les États‑Unis donnent leur aval. Il a évoqué la possibilité de transferts « par la mer et par les airs ».
« En définitive, il n’existe pas de véritable solution pour Gaza sans cette migration de sa population », a affirmé le porte‑parole du ministère de la Défense, Israël Katz, lors d’une conférence virtuelle orchestrée par le site d’information Ynet.

L’an passé, le président américain Donald Trump avait suggéré un « nettoyage » démographique en transférant les deux millions d’habitants de Gaza vers des pays comme l’Égypte et la Jordanie, avant de revenir sur sa proposition sous le poids des critiques. Selon Katz, Trump n’a pas abandonné son idée, il ne l’a que suspendue sous la pression des États arabes. « Le projet n’est pas archivé; il fait l’objet de discussions permanentes, même aujourd’hui », a-t-il souligné.
Sans préciser la source de son chiffre, Katz a affirmé que « 80 % des Gazaouis souhaitent partir », mais que le Hamas « les en empêche ». Il a ajouté que le gouvernement israélien était « organisé et prêt à les faire sortir par la mer, par les airs, par toutes les voies possibles ».
Cependant, le ministre a précisé que la réalisation de ce plan dépendait d’une autorisation américaine. « Quand les États‑Unis donneront-ils leur accord? Dès que le Hamas ne respectera plus ses engagements dans le cadre des négociations du plan de paix soutenu par Washington », a-t-il poursuivi.
Katz défend depuis plusieurs mois cette mesure, présentée comme une émigration volontaire des habitants de Gaza. Son collègue, le ministre des Finances Bezalel Smotrich, issu d’un parti d’extrême droite, a même, en février, proposé d’étendre le même dispositif aux Palestiniens de Cisjordanie.
Le déplacement forcé d’une population civile constitue, au regard du droit international, un crime de guerre.
De son côté, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou a réaffirmé mercredi qu’il n’envisageait pas de se retirer de la bande de Gaza. « Nous contrôlons la zone. Nous ne nous retirerons pas. Nous restons sur cette ligne. Nous maîtrisons 60 % de la bande de Gaza et nous ne nous arrêterons pas, car nous éliminons, jour après jour, les terroristes qui nous menacent », a-t-il déclaré après avoir rencontré des soldats près de la « ligne jaune ».
Source: AFP
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