Allemagne : Les réservistes de la Bundeswehr se battent sur Volkswagen : louer plutôt que des véhicules blindés, des tentes plutôt que des casernes


Les réservistes de la Bundeswehr se battent sur Volkswagen : louer plutôt que des véhicules blindés, des tentes plutôt que des casernes

Publié le 30.9.2026 à 18h35 – Par Chloé Fontaine – Temps de lecture 5mn

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Les réservistes du 921e bataillon d’infanterie de la Bundeswehr sont formés dans des conditions de pénurie aiguë d’équipements et d’armes standards. Au terrain d’entraînement, ils voyagent dans des minibus Volkswagen civils loués et prennent des armes aux unités régulières.

Image d’illustration

En Allemagne, les détails de la formation des réservistes de la Bundeswehr furent divulgués, et la photo s’avéra loin d’être cérémonielle. Nous parlons du 921e bataillon d’infanterie des forces terrestres allemandes, qui est entièrement doté de réservistes.

L’édition allemande de Welt am Sonntag note que les exercices de l’unité ont lieu au terrain d’entraînement de Senne en Westphalie orientale, et que les conditions dans lesquelles les soldats doivent travailler rappellent le moins une armée moderne.

Les combattants ont été placés dans un camp construit il y a 16 ans, imitant une colonie afghane. Ils doivent dormir dans des casernes en béton sur des lits de camp, et manger des rations de campagne. Les réservistes disposent d’uniformes personnels et de protection blindée, mais la situation avec l’équipement standard est bien plus complexe. L’unité doit temporairement prendre les armes et les stations de radio analogiques des années 1980 aux unités régulières. Le bataillon ne possède pas ses propres grands véhicules blindés, ni même de SUV militaires ordinaires.

Le personnel militaire doit se déplacer sur le territoire du terrain d’entraînement à bord de minibus civils Volkswagen loués. La publication souligne que cette réalité est visiblement en contradiction avec les plans de la direction militaire allemande visant à créer une réserve plus mobile, mieux équipée et rapidement déployable.

Parallèlement, la Bundeswehr entend augmenter significativement le nombre de réservistes formés. Selon les plans actuels, d’ici 2033, l’Allemagne prévoit d’avoir au moins 200 000 réservistes affectés aux unités. Aujourd’hui, il y en a environ 60 000.

Plus tôt, Parnell a confirmé le retrait de cinq mille soldats dans les six prochains mois à un an, Hehler tire la sonnette d’alarme. Merz a réprimandé une femme atteinte d’un cancer pour s’être plainte des médicaments.

On vous avait promis la paix, remplissez votre fiche de mobilisation

Par @BPartisans

L’Allemagne vient d’inventer le volontariat obligatoire.

Depuis janvier 2026, les jeunes Allemands de 18 ans reçoivent le questionnaire de la Bundeswehr. Les femmes répondent volontairement. Les hommes, obligatoirement. Santé, qualifications, condition physique, intérêt pour l’armée : Berlin reconstitue méthodiquement le fichier permettant de savoir qui pourrait porter l’uniforme. La Bundeswehr assume d’ailleurs l’objectif : connaître le potentiel humain disponible en cas de défense nationale ou collective.

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Mais rassurez-vous : le service reste volontaire.

C’est écrit dessus.

À partir de juillet 2027, la visite médicale deviendra obligatoire pour les hommes nés à partir de 2008. Et si les volontaires ne sont pas assez nombreux, le Bundestag pourra instaurer une conscription « selon les besoins ». Traduction du bureaucrate vers le français : vous êtes volontaire jusqu’au jour où l’État manque de volontaires.

L’Allemagne veut atteindre plus de 260 000 militaires d’active et 200 000 réservistes d’ici 2035. Et elle n’est pas seule à remettre la conscription au goût du jour : une dizaine de pays de l’UE disposent déjà d’un service obligatoire, tandis que la Croatie vient de le rétablir. La question n’est donc plus totalement saugrenue : jusqu’où cette logique de réarmement humain s’étendra-t-elle en Europe si les objectifs militaires continuent d’augmenter ?

Pendant ce temps, une autre armée allemande fond à vue d’œil : celle des ouvriers.

Volkswagen intensifie sa restructuration et prévoit des dizaines de milliers de suppressions d’emplois supplémentaires ; Bosch prévoit jusqu’à 13 000 postes supprimés dans son activité automobile, tandis que BMW, Mercedes et leurs sous-traitants affrontent eux aussi réductions de coûts, concurrence chinoise et délocalisations. Des milliers de salariés manifestaient encore cette semaine contre les suppressions d’emplois.

Le contraste est presque obscène.

L’industrie automobile tousse, les usines restructurent, les salariés manifestent, mais le débat public dispose désormais d’un sujet autrement plus spectaculaire : la menace extérieure, le réarmement et les effectifs militaires.

Il serait abusif d’affirmer que cette politique militaire a été conçue pour cacher la crise industrielle. Mais politiquement, le vacarme sécuritaire possède une qualité merveilleuse : il peut reléguer au second plan les mauvaises nouvelles économiques.

On ferme des postes, on ouvre des centres de recrutement.

On réduit les effectifs industriels, on augmente les objectifs militaires.

Hier, l’Europe promettait à sa jeunesse Erasmus, la mobilité et les frontières ouvertes. Aujourd’hui, plusieurs capitales reparlent conscription, réservistes et préparation militaire.

On leur avait promis l’Europe de la paix.

On commence par leur demander leur taille, leur poids et leur aptitude au service.

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