Iran : La Chine et la Russie s’allient pour bloquer une résolution autorisant la force à Ormuz


La Chine et la Russie s’allient pour bloquer une résolution autorisant la force à Ormuz

Publié le 6.4.2026 à 15h45 – Par Dmitri Novikov – Temps de lecture 5mn

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Le Conseil de sécurité des Nations unies devrait voter la semaine prochaine sur une résolution bahreïnie visant à protéger le transport maritime commercial dans le détroit d’Ormuz, plus d’un mois après que l’Iran a effectivement fermé cette voie navigable stratégique à la suite de frappes militaires conjointes américano-israéliennes. Le vote, initialement prévu pour le 3 avril puis le 4 avril, a été reporté en raison de profondes divisions entre les membres permanents du Conseil concernant la formulation autorisant le recours à la force.

La Chine et la Russie signalent leur opposition

Dimanche, le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi a déclaré à son homologue russe Sergueï Lavrov lors d’un entretien téléphonique que Pékin est prêt à coopérer avec Moscou au Conseil de sécurité pour désamorcer la crise au Moyen-Orient, selon l’agence de presse d’État Xinhua. Wang a affirmé que « la façon fondamentale de résoudre les problèmes de navigation dans le détroit d’Ormuz est de parvenir à un cessez-le-feu dans les plus brefs délais », réitérant la position de longue date de la Chine selon laquelle les points chauds doivent être réglés par le dialogue et la négociation.

Cet appel a souligné une réticence commune parmi les puissances détentrices du droit de veto à approuver une action militaire. Plus tôt dans la semaine, l’envoyé chinois à l’ONU Fu Cong a averti qu’autoriser l’usage de la force reviendrait à « légitimer l’usage illégal et aveugle de la force » et pourrait conduire à une escalade supplémentaire. La Russie a également rejeté la pression visant à rouvrir le détroit par la force. La France a également exprimé son opposition à un libellé autorisant une intervention militaire.

Une résolution édulcorée

Le projet de résolution, présenté par Bahreïn qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité pour le mois d’avril a déjà été revu à la baisse par rapport à sa version initiale. Une version antérieure aurait autorisé les pays à utiliser « tous les moyens nécessaires » pour sécuriser la voie navigable, une formulation qui sert généralement de base juridique à une action militaire. Le texte révisé n’autorise désormais que des « mesures défensives » pour garantir la libre circulation, selon l’Associated Press et Reuters. Il autoriserait de telles mesures pour une durée d’au moins six mois.

Une résolution du Conseil de sécurité nécessite au moins neuf votes favorables et aucun veto de la part des cinq membres permanents les États-Unis, le Royaume-Uni, la Chine, la Russie et la France.

Une crise mondiale qui s’amplifie

Le Corps des Gardiens de la révolution islamique d’Iran a officiellement confirmé la fermeture du détroit aux « nations hostiles » le 2 mars, à la suite du début de l’opération américano-israélienne le 28 février. Ce passage maritime représente environ un cinquième du commerce mondial de pétrole et de gaz naturel liquéfié transporté par voie maritime.

Le Programme alimentaire mondial a averti que cette perturbation constitue le coup le plus sévère porté aux chaînes d’approvisionnement mondiales depuis la pandémie de COVID-19, les coûts de transport maritime ayant déjà augmenté de 18 pour cent. Le PAM estime que 45 millions de personnes supplémentaires pourraient être confrontées à une faim aiguë si le conflit se poursuit jusqu’en juin, portant potentiellement le total mondial à 363 millions dépassant le record établi au début de la guerre en Ukraine.

Sources : English news, Global Times, Strait Times,

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