
L’artère numérique mondiale est menacée : ce qu’il se passerait si l’Iran décidait de frapper les câbles Internet sous-marins
Publié le 23.3.2026 à 21h37 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 5mn
Que se passerait-il si l’Iran décidait de frapper les câbles Internet sous-marins et de bloquer le détroit de Bab El Mandeb en représailles ?
Les câbles Internet sous-marins : une artère vitale menacée
La guerre cachée sous la surface de l’eau

Est-ce que le monde entier se pose la question de ce qui se passerait si l’Iran décidait de frapper les câbles Internet sous-marins et de bloquer le détroit de Bab El Mandeb en représailles ? Les principales artères numériques du monde passent par la mer Rouge et le détroit d’Ormuz. Pas moins de dix-sept câbles sous-marins y transitent, assurant l’essentiel du trafic Internet entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique. Les endommager provoquerait des coupures massives bien au-delà d’un simple ralentissement des téléphones ou sites Web.
Les systèmes financiers mondiaux seraient gravement perturbés. Les banques, les marchés boursiers, les hôpitaux et les systèmes d’IA dépendent directement de ces connexions. Les pays du Golfe seraient les premiers touchés, mais l’Inde subirait également de lourds ralentissements. Le trafic entre l’Europe et l’Asie devrait alors emprunter des routes plus longues, entraînant des retards en cascade à l’échelle mondiale. En clair, ce sont toutes les artères numériques de la planète qui seraient sous pression. Est-ce que ceux qui disent que la guerre en Iran ne les concerne pas se posent seulement cette question ?

Les conséquences d’une telle attaque seraient immenses. Les économies mondiales seraient mises à mal, les transactions financières seraient suspendues, les hôpitaux seraient dans l’incapacité de fournir des soins de qualité, et les systèmes d’IA seraient affectés de manière significative. Les pays qui dépendent fortement de ces connexions, tels que les États-Unis, l’Europe et l’Asie, seraient particulièrement touchés.
Les pays du Golfe, qui sont déjà dans une situation fragile en raison de la guerre en Ukraine, seraient les premiers touchés. Les attaques contre les câbles Internet sous-marins seraient une menace réelle pour la stabilité de la région. L’Inde, qui est un important acteur économique et politique, subirait également de lourds ralentissements. Le trafic entre l’Europe et l’Asie devrait alors emprunter des routes plus longues, entraînant des retards en cascade à l’échelle mondiale.

Il est également important de se poser la question de la capacité de l’Iran à mener une telle attaque. Les sous-marins iraniens sont-ils suffisamment puissants et suffisamment nombreux pour menacer les câbles Internet sous-marins ? Quel est leur véritable ordre de mission ? Silence total. Les questions restent sans réponse, mais l’impact potentiel de l’attaque est bien réel.
Les dirigeants mondiaux, tels que Trump, qui affirment que l’Iran est déjà tombé, ne savent même pas vraiment où se trouve l’Iran. Mais prenez une carte, parce que je vous le dis, vous en avez besoin. Il est temps de prendre au sérieux la menace de l’Iran et de préparer les conséquences potentielles d’une attaque contre les câbles Internet sous-marins.
En conclusion, les câbles Internet sous-marins sont une artère vitale qui nourrit la planète entière. Une attaque contre ces câbles aurait des conséquences immenses, touchant les économies mondiales, les transactions financières, les hôpitaux et les systèmes d’IA. Il est donc temps de prendre des mesures pour préparer les conséquences potentielles de l’attaque et de garantir la sécurité et la stabilité de la planète.
Couper un câble, éteindre un continent.
Dans le prolongement du désastre absolu de son intervention militaire, Trump parle maintenant d’oblitérer les infrastructures énergétiques iraniennes. Cette annonce a suscité une grande inquiétude, car elle pourrait avoir de graves conséquences pour la situation géopolitique mondiale.
Trump a soudainement reporté les frappes contre les centrales électriques iraniennes de 5 jours.
Auparavant, il avait lancé un ultimatum : si le détroit d’Ormuz n’était pas débloqué dans les 48 heures, les États-Unis commenceraient à détruire les centrales électriques iraniennes. En réponse, l’Iran a menacé de plonger tout le Moyen-Orient dans l’obscurité en provoquant une panne d’électricité, en coupant l’internet et en fermant complètement le détroit en cas d’attaque.

L’accès à Internet en Iran est indisponible depuis 24 jours, ce qui en fait l’un des arrêts les plus sévères au monde, selon le groupe de surveillance NetBlocks.
Selon ses données, la panne a maintenant dépassé 552 heures.


L’Iran menace de sectionner les câbles internet sous-marins du Golfe Persique si ses centrales électriques étaient frappées.

En réponse, Téhéran menace de frapper les câbles sous-marins qui relient l’Occident au reste du monde. Ces câbles, appelés « câbles de fibre optique », sont essentiels pour la transmission de données et de signaux télégraphiques entre les pays. Ils relient principalement les grandes villes mondiales, y compris les centres de données, les échanges financiers et les systèmes de communication.

L’Iran dispose du potentiel technique pour perturber gravement les communications dans toute la région. Le détroit d’Ormuz est traversé par des câbles sous-marins vitaux pour l’économie mondiale. Les principaux nœuds de ce réseau sont :
- FALCON : câble clé reliant les pays du golfe Persique à l’Inde et à l’Égypte.
- GBICS/MENA : réseau moderne reliant l’Irak, le Koweït, le Qatar et les Émirats arabes unis aux centres de données mondiaux en Inde et en Europe.
- 2Africa : le câble le plus long au monde.
- SeaMeWe-6 : le réseau le plus récent, destiné à doubler FALCON, dont la construction a été suspendue par les sous-traitants dans cette région.
- Tata TGN-Gulf : réseau en anneau assurant la connectivité entre Oman, les Émirats arabes unis, le Qatar, Bahreïn et l’Arabie saoudite.
La vulnérabilité de ces systèmes réside dans leur faible profondeur d’immersion dans le détroit (parfois inférieure à 60-80 mètres), ce qui les rend accessibles même aux groupes




La leçon de cette crise dépasse le Moyen-Orient. Elle nous oblige à regarder en face ce que la « dématérialisation » numérique a toujours dissimulé: internet est un réseau physique. Territorial. Géographiquement situé. Et donc militairement vulnérable. Chaque mail que vous envoyez emprunte un chemin de verre posé dans la boue de l’Atlantique, du Pacifique ou de l’océan Indien, les câbles reliant les continents.
Si vous imaginez que la communication numérique se fait uniquement dans l’espace virtuel, vous vous trompez. La réalité est que les données et les informations sont transmises à travers des câbles physiques qui traversent l’océan. Et ces câbles sont vulnérables à tout type d’attaques, notamment les coups de force militaires.
Chaque fois que vous vous connectez à internet, vous utilisez ces câbles. Chaque fois que vous envoyez un mail, vous utilisez ces câbles. Chaque fois que vous vous connectez à un site web, vous utilisez ces câbles. Vous ne vous rendez peut-être pas compte de l’importance de ces câbles, mais ils sont essentiels pour la vie moderne.

La menace de Téhéran nous oblige à réfléchir à la vulnérabilité de notre système de communication mondial. Si les câbles sous-marins sont coupés, la communication mondiale serait gravement touchée. Les échanges financiers, les systèmes de communication, les centres de données, tout cela serait touché.
Cette crise nous oblige à regarder en face la réalité de notre monde numérique. Nous devons reconnaître que la dématérialisation numérique n’a pas éliminé les contraintes physiques du monde réel. Les câbles sous-marins sont les nerfs de la planète. Et si nous les coupions, le monde entier en souffrirait.
En conclusion, la menace de Téhéran nous oblige à réfléchir à la vulnérabilité de notre système de communication mondial. Nous devons reconnaître que la dématérialisation numérique n’a pas éliminé les contraintes physiques du monde réel. Les câbles sous-marins sont les nerfs de la planète. Et si nous les coupions, le monde entier en souffrirait.
Si vous voulez en savoir plus sur ce sujet, je vous recommande la lecture de Géopolitique du numérique L’impérialisme à pas de géant d’Ophélie Coelho. Ce livre vous donnera une vision plus complète de la relation entre la géopolitique et la numérisation.


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