
La Chine taxe les préservatifs : une TVA pour relancer la natalité, taxer l’amour pour relancer la vie
Publié le 2.12.2025 à 12h11 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 3 mn
La décision de Pékin d’imposer une taxe sur les préservatifs et les contraceptifs marque un tournant dans sa politique démographique. Depuis le 1er décembre 2025, ces produits sont désormais soumis à une TVA de 13 %, alors qu’ils en étaient exemptés depuis 1993, époque où la politique de l’« enfant unique » dominait. Le gouvernement chinois justifie cette mesure par la nécessité d’encourager les naissances dans un pays confronté à un vieillissement accéléré et à une baisse inquiétante du taux de fécondité.

Contexte démographique
- La Chine connaît depuis plusieurs années une chute du nombre de naissances, avec un taux de fécondité estimé à environ 1,0 enfant par femme, bien en dessous du seuil de renouvellement des générations.
- Le vieillissement de la population menace la soutenabilité du système social et la croissance économique.
- Pékin multiplie les incitations : aides financières aux familles, exonérations fiscales pour les services de garde d’enfants, et désormais une fiscalité défavorable aux contraceptifs.
⚠️ Dans une volte-face fiscale aux accents natalistes, la Chine a décidé d’imposer une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) de 13 % sur les préservatifs et autres moyens contraceptifs. Cette mesure, entrée en vigueur en décembre 2025, vise officiellement à stimuler le taux de natalité dans un pays confronté à un déclin démographique préoccupant.
Fin d’une exonération historique
Depuis 1993, les contraceptifs étaient exonérés de TVA, dans le cadre de la politique de l’enfant unique qui régissait alors la démographie chinoise. Cette exonération symbolisait une volonté de contrôle des naissances, en cohérence avec les priorités de l’époque. Aujourd’hui, le revirement est total : en taxant les moyens de contraception, Pékin cherche à inverser la tendance et à encourager les naissances, quitte à rendre plus coûteux les outils de régulation familiale.
Une fiscalité sélective
Parallèlement à cette taxation, le gouvernement chinois a introduit des exonérations ciblées :
- Les services de garde d’enfants
- Les établissements de soins pour personnes âgées
- Les services pour personnes handicapées
- L’enregistrement des mariages
Ce jeu de leviers fiscaux dessine une stratégie claire : pénaliser la prévention des naissances tout en soutenant les structures qui accompagnent la vie familiale.
⚠️ Un contexte sanitaire alarmant
Cette décision intervient alors que le nombre de cas de VIH et de sida connaît une hausse significative. Selon le Centre chinois de contrôle et de prévention des maladies, les cas enregistrés sont passés de 0,37 à 8,41 pour 100 000 habitants entre 2002 et 2021.
- Les experts craignent que la hausse des prix des préservatifs entraîne une baisse de leur usage, notamment chez les jeunes et les populations précaires.
- Cette mesure pourrait compromettre des années d’efforts en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles.
Une politique à double tranchant
Si l’objectif nataliste est clair, les conséquences sanitaires et sociales de cette taxe restent incertaines.
- D’un côté, elle pourrait inciter certains couples à renoncer à la contraception, contribuant à une hausse des naissances.
- De l’autre, elle risque d’aggraver la propagation du VIH et d’autres IST, en réduisant l’accessibilité aux moyens de protection.
Conclusion
La Chine joue une carte audacieuse en taxant les contraceptifs pour relancer sa natalité. Mais cette stratégie soulève une question cruciale : peut-on sacrifier la santé publique sur l’autel de la démographie ? Entre incitation fiscale et risque sanitaire, le pari est risqué et les résultats incertains.
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