
Un volcan éthiopien millénaire se réveille : l’Hayli Gubbi en éruption après 12 000 ans
Publié le 27.11.2025 à 01h18 – Par François Lambert – Temps de lecture 3 mn
Dimanche 23 novembre, le volcan Hayli Gubbi, situé dans la région de l’Afar en Éthiopie, est entré en éruption pour la première fois depuis environ 12 000 ans, projetant d’immenses panaches de cendres entre 9 et 14 kilomètres d’altitude dans l’atmosphère. Cette colonne de cendres a perturbé le trafic aérien au-dessus de la mer Rouge et de plusieurs pays comme le Yémen, Oman, le Pakistan et l’Inde, provoquant des annulations et des déviations de vols pour des raisons de sécurité. Aucune victime n’était signalée au moment des premières évaluations, les autorités surveillant toutefois de près l’évolution de la situation.

Les scientifiques ont été surpris par l’ampleur de l’événement, car ils s’attendaient davantage à une phase de sismicité accrue qu’à une éruption explosive de cette envergure. Des spécialistes comme la géophysicienne Juliet Biggs soulignent que des images satellites laissaient penser à une activité récente de lave, ce qui interroge sur le caractère réellement inactif du volcan durant toute la période estimée de 12 000 ans. L’activité éruptive a nettement diminué dès le mardi suivant, et les géologues anticipent une phase de calme, tout en rappelant que le volcan pourrait connaître d’autres épisodes dans de futurs cycles.
Sur place, les habitants décrivent un vacarme soudain et une onde de choc assimilée à une « explosion de bombe », suivi d’une pluie de cendres recouvrant villages, pâturages et points d’eau. Cette couche de cendres menace directement les moyens de subsistance des communautés d’éleveurs, en contaminant les fourrages et les ressources hydriques destinées au bétail. Des touristes et leurs guides ont été temporairement coincés près du désert du Danakil, les retombées de cendres rendant les déplacements difficiles jusqu’à l’amélioration des conditions.
Les nuages de cendres volcaniques représentent également un danger sérieux pour l’aviation, leurs particules pouvant endommager les moteurs, réduire fortement la visibilité et encrasser les pistes. Les autorités de régulation, notamment en Inde, ont exigé des compagnies aériennes d’éviter les zones affectées, d’adapter les plans de vol et de prévoir davantage de carburant en cas de détour. Plusieurs transporteurs, dont Air India, KLM ou Akasa Air, ont annulé ou retardé des liaisons internationales afin d’inspecter les appareils et de garantir un niveau de sécurité maximal pour les passagers.
Sources : Green Matters, TimesNow, The Daily Beast
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