
Découvre-t-on le dernier clou sur le cercueil du bilan Macron ?
Publié le 15.11.2025 à 13h07 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 3 mn
Les ingénieurs désertent le mirage de la “start-up nation”
Après neuf ans de macronisme, la France industrielle ressemble à un terrain vague avec, au loin, les ruines d’une usine recouverte d’un slogan en lettres bleues “Réinventer la croissance”. Aujourd’hui, 80% des ingénieurs eux-mêmes, ces techniciens de la rationalité, ces disciples du concret, jugent dérisoire le soutien de l’État à la réindustrialisation. Autrement dit : même les gens payés pour comprendre les plans gouvernementaux n’y croient plus.

Macron promettait la “réindustrialisation verte”. En pratique, il a obtenu un “powerpoint écologique” : des annonces, des conférences, des hashtags et des quotas de CO₂ administratifs. L’industrie, elle, a continué à fermer les rideaux métalliques. L’électronique meurt, la chimie se délocalise, et le nucléaire, dis fierté nationale, devient un laboratoire pour stagiaires européens.

Un pays dirigé par des comptables d’image
Les ingénieurs ont fini par comprendre que ce n’était pas l’incompétence, mais la trahison policée qui gouverne. Macron et ses ministres ne défendent plus un projet industriel, mais un portefeuille d’intérêts privés coordonné depuis les couloirs du MEDEF et les salons de Bruxelles.
Sa politique énergétique symbolise cette abdication : enlisé dans le marché européen de l’électricité, le président s’accroche à la fiction d’une “Europe solidaire” pendant que la France subventionne le kilowatt allemand et vend à perte son propre nucléaire.
Sous ses airs d’élève modèle, Macron a troqué le rôle de chef d’État contre celui du traitre intermédiaire, un VRP pour fonds d’investissement. À ce niveau, ce n’est plus de la politique, c’est du courtage de nation corrompue.
Les ingénieurs, ces Maupassant de la désillusion
Le constat des ingénieurs est brutal : le pays du Concorde, des centrales et du TGV se retrouve dirigé par des managers qui confondent sciemment industrie et communication.
Chaque fermeture d’usine devient un “repositionnement stratégique”. Chaque emploi supprimé, une “transition réussie vers le numérique” organisé par le WEF son gourou et ses Young Global Leaders.
L’État s’émancipe de la production, mais pas du mensonge. Et dans les rapports du gouvernement, le verbe “industrialiser” s’emploie désormais au passé.
La France, start-down nation
“La start-up nation”, ce slogan de 2017, a vieilli aussi vite qu’un MacBook sans chargeur. Derrière la vitrine des licornes et des incubateurs, il ne reste que quelques plateformes subventionnées et un océan de factures d’électricité.
La France ne fabrique plus grand-chose, mais elle compense en fabriquant du discours. Rien n’est produit, tout est “valorisé”. On s’étonne même que Bercy n’ait pas encore breveté le storytelling comme secteur industriel.
Le bilan, c’est le néant organisé
La présidence Macron se résume à une formule industrielle perverse :
Souveraineté = dépendance subventionnée.
Le pays a abandonné ses usines, vendu ses brevets et remplacé ses ingénieurs par des communicants. Chaque plan d’avenir devient une cérémonie funéraire pour un passé brillant.
La France, jadis locomotive industrielle de l’Europe, s’est installée dans la troisième classe du train qu’elle conduisait.
Alors oui, le cercueil du macronisme se referme. Lentement, bureaucratiquement, avec la précision clinique d’un gestionnaire Excel. Mais il reste un clou à enfoncer : celui de la lucidité collective.
Sources : L’Opinion
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