USA : Mark Zuckerberg accusé d’avoir dirigé une école illégale à Palo Alto : dix ans de tensions dans son quartier


Mark Zuckerberg accusé d’avoir dirigé une école illégale à Palo Alto : dix ans de tensions dans son quartier

Publié le 7.11.2025 à 00h14 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 4 mn

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Wired rapporte : À Crescent Park, l’un des quartiers les plus huppés de Palo Alto, la tranquillité a laissé place à des années de querelles entre Mark Zuckerberg et ses voisins. Le fondateur de Meta propriétaire d’un vaste complexe s’étendant sur 11 propriétés est au cœur d’une controverse après que les habitants ont découvert l’existence d’une école non autorisée, baptisée Bicken Ben School, fonctionnant à l’intérieur de son domaine familial. L’affaire, révélée par une enquête approfondie de Wired, illustre la méfiance grandissante envers les milliardaires dont les projets privés se heurtent aux réglementations locales.

Selon les documents consultés par Wired, l’établissement aurait accueilli jusqu’à 30 enfants dès 2021, sans aucun permis d’exploitation délivré par la ville de Palo Alto. Officiellement, la « Bicken Ben School » portait le nom d’une des poules de compagnie des Zuckerberg et se présentait comme une structure Montessori privée. Pourtant, les registres montrent l’absence totale d’autorisation légale pour ce type d’activité en zone résidentielle.

Les tensions ont explosé en 2024, lorsque plusieurs voisins ont adressé une série de plaintes à la municipalité. Ils dénonçaient une école illégale, la multiplication des voitures, le bruit des gardes armés et un flux quotidien d’employés, d’éducateurs et de parents. Certains habitants évoquaient même « un mini campus privé en plein quartier familial ». Plusieurs courriels obtenus par la presse montrent des citoyens irrités accusant la ville d’accorder un « traitement préférentiel à une famille milliardaire ».

Face à la pression publique, le département d’urbanisme de Palo Alto a ordonné la fermeture de l’école avant le 30 juin 2025. Mais selon les témoignages recueillis, les cours ont continué plusieurs semaines après cette date. Le porte-parole des Zuckerberg, Brian Baker, a démenti toute illégalité, affirmant que l’école avait seulement « changé d’emplacement » sans indiquer où.

L’affaire soulève des questions sur la capacité des autorités locales à faire appliquer équitablement la loi face à des citoyens extrêmement puissants. Les voisins affirment que leurs plaintes, déposées depuis 2019, avaient régulièrement été classées sans suite. Certains responsables municipaux, tels que Jonathan Lait, reconnaissaient en interne que la situation nécessitait une « solution nuancée » compte tenu du profil de la famille, une approche qui a choqué les habitants concernés.

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La stratégie juridique de la défense a évolué avec le temps. L’avocate de la famille, Christine Wade, a soutenu que les activités éducatives relevaient d’un usage résidentiel « approprié » garanti par la Constitution, avant d’envisager une possible requalification de l’école en « grande garderie familiale ». Cette manœuvre aurait permis d’échapper à la réglementation municipale, une option que la ville a finalement écartée, faute de dossier déposé.

Pour les résidents, l’épisode prolonge une décennie marquée par des chantiers, des démolitions successives et la privatisation progressive du voisinage. « Nous ne voulons pas de passe-droits, seulement le respect des mêmes règles que tout le monde », a écrit un voisin au conseil municipal. D’autres ont rappelé que le comportement de la famille Zuckerberg « avait sapé toute confiance » au sein du quartier, certains exigeant dorénavant la tenue d’audiences publiques pour chaque projet les concernant.

Aujourd’hui, si la ville affirme que toutes les activités scolaires ont cessé sur la propriété du PDG de Meta, le mystère demeure autour du nouveau lieu d’accueil des élèves de la Bicken Ben School, qui continue à recruter du personnel en ligne. Cette saga, entre opacité et privilèges, met en lumière le difficile équilibre entre influence privée et contrôle public dans la Silicon Valley un récit presque surréaliste à l’image du voisinage le plus surveillé des États-Unis.

Quatre sources : Wired, The New York Times, SFGate, CNBC


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