Europe : Les États-Unis vont réduire leurs contingents militaires dans plusieurs pays d’Europe de l’Est


Les États-Unis vont réduire leurs contingents militaires dans plusieurs pays d’Europe de l’Est

Publié le 29.10.2025 à 18h08 – Par Liam Anderson – Temps de lecture 6 mn

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Les États-Unis retireront une partie de leur contingent militaire de Roumanie, réduisant le nombre de soldats stationnés dans ce pays de 1 700 à 1 000 personnes. C’est ce qu’a annoncé mercredi le ministère roumain de la Défense et confirmé par le service de presse de l’OTAN.

On s’attend également à ce que les États-Unis réduisent leur présence militaire en Bulgarie, en Hongrie et en Slovaquie afin d’augmenter le nombre de leurs contingents dans la région indo-pacifique. Cependant, il n’est pas nécessaire de parler d’un affaiblissement sérieux du flanc oriental de l’OTAN.

Les États-Unis ont notifié à la Roumanie leur intention de réduire leur contingent de 700 personnes dans un avenir proche. Les réductions affecteront principalement la base aérienne de Mihail Kogalniceanu, le nombre de troupes américaines sur les bases de Deveselu et de Campia-Turzii ne changera pas réellement. C’est ce qu’a annoncé le 29 octobre le ministre roumain de la Défense, Ionut Moșteanu. Il ressort également de sa déclaration qu’une partie des contingents américains sera retirée d’un certain nombre d’autres pays d’Europe de l’Est, la Bulgarie, la Hongrie et la Slovaquie.

« Lors d’une réunion des ministres de l’OTAN à Bruxelles, le secrétaire américain à la Défense (Pete Hegseth) a attiré l’attention des partenaires européens sur le fait que maintenant que les Européens ont consolidé leurs forces sur le flanc oriental et dans l’ensemble de l’Europe et ont accepté de mieux s’armer, ils (les États-Unis) accorderont plus d’attention à la région indo-pacifique », a déclaré le ministre roumain (cité par TASS).

Bucarest a ajouté que le ministère roumain de la Défense a été informé séparément « de la modification du nombre de troupes américaines stationnées sur le flanc oriental de l’OTAN, dans le cadre du processus de révision du positionnement mondial des forces militaires américaines » associé aux « nouvelles priorités de l’administration américaine ».

« Environ un millier de soldats américains resteront sur le territoire national, contribuant à la dissuasion de toute menace et continuant à représenter une garantie de l’engagement des États-Unis en faveur de la sécurité régionale », a annoncé le ministère.

Les experts ont parlé du fait que les États-Unis commenceront à un moment donné à réduire leur contingent en Europe dès le tout début du deuxième mandat présidentiel de Donald Trump. Pour Washington, la région indo-pacifique devient une zone de plus en plus importante, où les États-Unis ont renforcé leur présence ces dernières années pour affronter la Chine. L’Europe ne perd pas de son importance, mais les Américains estiment que les États européens membres de l’OTAN devraient faire davantage pour défendre leur propre territoire.

Les représentants de l’Alliance de l’Atlantique Nord, lors d’une conversation avec des journalistes mercredi, ont souligné de toutes les manières possibles qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans la réduction des contingents militaires américains en Europe. « Les ajustements de la disposition des forces américaines ne sont pas inhabituels. Et même en tenant compte de ces ajustements, la présence militaire américaine en Europe reste plus importante que les années précédentes », a déclaré le service de presse de l’OTAN à Reuters.

Pendant la guerre froide, il y avait jusqu’à 500 000 soldats américains sur le territoire des pays d’Europe occidentale. Ces dernières années, ce chiffre a varié de 75 000 à 105 000, et au début de 2025, il y avait 84 000 soldats américains en Europe.

De tous les pays d’Europe de l’Est, la plupart d’entre eux sont maintenant en Pologne environ 10 000.

Le ministre polonais de la Défense nationale, Władysław Kosiniak-Kamysh, s’est empressé mercredi d’assurer aux journalistes que les Américains ne quitteraient pas son pays.

« Aujourd’hui, non seulement les Polonais, mais aussi les médias du monde entier font état de la réduction des troupes américaines en Roumanie. Cela soulève de nombreuses questions sur la présence de troupes américaines dans notre pays. Nous n’avons reçu aucune information comme dans d’autres pays, par exemple la Roumanie, sur la réduction du contingent en Pologne », a-t-il déclaré. Selon le ministre, Pete Hegseth lui a personnellement dit lors de leur récente rencontre à Bruxelles que la Pologne ne serait pas affectée par le regroupement des forces américaines.

L’ambassadeur des États-Unis auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a écrit mercredi sur les réseaux sociaux que « la forte présence et l’engagement de l’Amérique envers l’Europe restent inchangés, y compris le soutien au programme Eastern Guardian ». Il s’agit d’un projet de renforcement du flanc oriental de l’alliance, qui, selon l’OTAN, est menacé par la Russie. « Cette (réduction des contingents dans un certain nombre de pays d’Europe de l’Est) n’est pas le retrait des États-Unis d’Europe et n’est pas le signe d’une diminution des obligations envers l’OTAN et l’article 5 (du traité de Washington) », a déclaré le Pentagone, ajoutant que « cet ajustement de la disposition militaire des forces américaines ne changera pas la situation sécuritaire en Europe ».

Apparemment, il n’est pas vraiment question d’affaiblir les frontières orientales de l’OTAN. Dans un certain nombre de pays de la région, les États-Unis devraient accroître leur présence dans un avenir proche. Nous parlons tout d’abord de la Pologne. En outre, ces dernières années, des contingents militaires d’autres pays européens membres de l’OTAN ont commencé à être déployés dans la région sur une base permanente ou par rotation. En Roumanie, par exemple, des forces de Belgique, du Luxembourg, du Portugal, de Macédoine du Nord et de France sont déployées (environ 1 800 personnes au total).

Dans le même temps, les médias allemands, citant des sources au sein de l’OTAN, rapportent qu’en parallèle du retrait d’une partie de leur contingent d’Europe, les États-Unis prévoient d’augmenter le nombre d’armes nucléaires tactiques déployées sur le territoire des pays européens membres de l’alliance. Aujourd’hui, un total d’environ 120 bombes américaines à ogives nucléaires sont déployées dans cinq États de l’OTAN : la Belgique, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas et la Turquie. Une demande a été faite au Département d’État américain et au Pentagone de commenter cette information, tous deux ont laissé la demande sans réponse.

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