Madagascar : Où en est la crise après cinq jours de manifestations ?


Où en est la crise après cinq jours de manifestations ?

Publié le 2.10.2025 à 11h15 – Par Isabella Torres – Temps de lecture 4 mn

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Les manifestations à Madagascar se poursuivent, pour la cinquième journée, les manifestants demandant la démission du président Andry Rajoelina, au moins 22 morts ont été enregistrés.

Des centaines de jeunes manifestants ont envahi la capitale malgache, bravant les répressions meurtrières liées aux coupures d’électricité et d’eau.

Malgré 22 morts et plus de 100 blessés, les manifestations se poursuivent même après la dissolution du gouvernement par le président Rajoelina.

Images provenant des réseaux sociaux à Madagascar.

Les manifestants investissent la place Monja Jaona à Toliara

Antananarivo, 1er Octobre, 12h05 – La mobilisation se poursuit à Toliara ce mercredi. ‘’La mobilisation se poursuit, car les réponses apportées sont insuffisantes’’, déclare le représentant des manifestants. Brandissant des pancartes et criant “Miala Rajoelina”, les manifestants ont d’abord marché et couru dans les rues de la ville, sous surveillance militaire. La “marche s’est arrêtée à la Place Monja Jaona où les manifestants se sont donnés rendez-vous.

Une vague de manifestants dans les rues d’Antsiranana.

Antananarivo, 1er Octobre, 12h45 – Ils sont des milliers à se mobiliser ce mercredi à Antsiranana. Étudiants et habitants d’Antsiranana sont descendus dans les rues du Centre-ville pour réclamer le départ du président de la République. “Rajoelina miala” est leur leitmotiv. Les forces de l’ordre sont présentes, escortant les manifestants, les voitures de police ouvrant même le cortège humain.

Le président Andry Rajoelina, réélu en 2023 dans un scrutin contesté, fait face à une révolte massive de la jeunesse à Antananarivo.

Des milliers de Malagasy manifestent pour réclamer eau, électricité et services de base, dénonçant la corruption du gouvernement.

Les manifestations de la génération Z se poursuivent, défiant les autorités.

Les manifestations qui ont enflammé Madagascar depuis le 26 septembre marquent une nouvelle vague de protestation de la jeunesse qui secoue l’Afrique subsaharienne. L’étincelle a été l’exaspération face aux coupures chroniques d’eau et d’électricité qui sévissent dans le pays depuis des années, combinée à un profond sentiment de méfiance envers les institutions. La tentative du président Andry Rajoelina d’apaiser la colère populaire en dissolvant le gouvernement le 29 septembre et en limogeant le ministre de l’Énergie a été vaine : la foule est redescendue dans les rues le lendemain, signe que la crise n’est pas seulement technique, mais politique et générationnelle.

Le mouvement, rebaptisé « Gen-Z » d’après celui qui a donné la parole aux jeunes Marocains et Népalais, est né et s’est organisé en ligne, utilisant Facebook et d’autres plateformes pour contourner les canaux traditionnels de la politique et des syndicats.

Les manifestants réclament des réponses concrètes : fiabilité des services publics, responsabilité politique et excuses officielles du chef de l’État pour les souffrances infligées. L’utilisation massive des médias sociaux a transformé le mécontentement en mobilisation spontanée et horizontale, rendant inefficaces les stratégies habituelles d’endiguement du gouvernement.

Selon le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Volker Türk, les forces de sécurité ont fait un usage « inutile et disproportionné de la force », faisant au moins 22 morts et plus de 100 blessés, des accusations rejetées par les autorités d’Antananarivo qui attribuent une partie des violences à des bandes de pillards. Le 30 septembre, la police a tiré des gaz lacrymogènes dans la capitale pour disperser de nouveaux rassemblements, imposant un couvre-feu du crépuscule à l’aube et continuant de procéder à des arrestations. La dureté de la répression, avec des informations faisant état de passages à tabac, de coups de feu et de détentions arbitraires, risque d’alimenter davantage la colère et la méfiance à l’égard de l’État. La suite à lire ici.


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