
« Taxe Zucman » et l’arnaque avec Mistral AI, le « french flair » qui sent le sapin américain : la supercherie Macron-compatible enfin expliquée
Publié le 17.9.2025 à 17h07 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 9 mn
Vous ne trouvez pas bizarre qu’à chaque fois qu’on nous parle de taxer les ultra-riches, les médias bien-pensants sortent toujours le même épouvantail ? « Attention, pauvre fou, si tu taxes les riches, tu vas tuer le succès français ! Regarde Mistral, notre fierté nationale, il va fuir ! ».
Ils nous abreuvent de cette fable pour mieux faire passer la pilule de la Taxe Zucman et nous faire avaler que taxer la « richesse », c’est mal. Mais nous avons mené notre enquête, et ? C’est toujours Mistral qui est mis en avant. Le piège est bien plus vicieux que vous ne le pensez. Les riches ? Non, le sujet n’est pas là. Le sujet, c’est de savoir qui sont vraiment les riches qui possèdent notre « champion national« . Et la réponse va vous glacer le sang.

Ah, la France ! Ce pays de lumières, de fromages qui puent et de champions du monde du storytelling. Alors que le gouvernement nous sert à toutes les sauces sa nouvelle « Taxe Zucman » un texte aussi vide de sens que le personnage qui lui prête son nom, il nous faut un exemple, un seul, pour incarner cette « innovation à la française » tant célébrée.
Si Capital vous le dit, c’est que c’est vrai ? non, car c’est l’arbre qui cache la forêt.
Et quel exemple ! Le bijou de la couronne, le phare dans la nuit numérique, la preuve que la « start-up nation » n’est pas qu’un slogan creux pris toujours pour l’exemple afin d’expliquer cette nouvelle taxe, quelle start-up ? ah : Mistral AI, celle qui est rabâchée sur tous les plateaux corrompus ? Oui ! est ce la seul ? NON ! nous vous en préparons une autre. Explication pour Mistral :

Préparez-vous à une lecture en trois actes d’une hypocrisie si monumentale qu’elle en devient presque admirable. Installez-vous bien, c’est du lourd.
Acte I : Le conte de fées pour gogos (Niveau TikTok)
Sur vos écrans, une nuée d’influenceurs survitaminés vous parle d’une « pépite française », d’un « Goliath tricolore » qui défie le méchant ChatGPT américain. « Ouah ! Trop fort la France ! On est les meilleurs ! » Le patriote de pacotille qui sommeille en vous frémit d’orgueil. La messe est dite. On est dans le story-telling pur, simple et indigeste. Niveau de réflexion : un slogan de pub pour une marque de fromage.
Acte II : Le validationisme médiatique (Niveau « Quotidien »)
Les médias, toujours en quête de sujets « progressistes » validés par l’Elysée, embrayent. On invite le fondateur, jeune, beau, brillant, sorti de Google et Meta (mais chut, c’est un détail). On parle d’une levée de fonds mirobolante à 300 millions. « Regardez comme notre écosystème est dynamique ! », braillent les éditorialistes. Le Français moyen, un peu naïf, se dit que décidément, ce cher Emmanuel a peut-être raison. La « French Tech » est en marche. C’est propre, c’est brillant, c’est totalement factice.
Acte III : La vérité crue, réservée aux élites (Niveau « Ceux qui savent »)
Et maintenant, passons aux choses sérieuses. Éteignez TF1 et sortez les rapports de la Brookings Institution ou du Hudson Institute. Bienvenue dans la cour des grands.
Ici, on parle de « dissuasion intégrée », une doctrine stratégique américaine qui vise à fondre ses alliés dans son complexe militaro-industriel. On réactualise la vieille doctrine Monroe : l’Amérique est chez elle sur tout le continent… qui inclut désormais l’Europe, son protectorat numérique préféré.
Quel rapport avec notre petit Mistral national, me direz-vous ?
Tout.
Qui finance et possède en réalité Mistral ? Derrière les fonds « européens » se cachent les habituels suspects : BlackRock, Vanguard, et autres fonds de pension américains. La prétendue « perle française » est déjà, en grande partie, une propriété yankee. Son principal investisseur européen, le néerlandais ASML ? Détenu majoritairement par… les mêmes fonds américains. Une boîte si « européenne » que ce sont les USA qui lui dictent à qui elle a le droit de vendre ses machines.

Projet économique d’OpenAI pour l’Union européenne
La conclusion, aussi cynique que la supercherie :
Le scénario est d’une beauté diabolique :
- Un jeune loup formé dans la Silicon Valley revient en France avec un PowerPoint génial.
- Le gouvernement, avide d’une bonne nouvelle, lui offre de l’argent public (merci Bpifrance !) et un tampon « Made in France ».
- On agite le drapeau tricolore pour cacher que l’on brade, une fois de plus, notre souveraineté.
- La société lève des centaines de millions et ouvre son capital à ses vrais propriétaires : les géants américains.
- Au final, la technologie développée avec notre fric et notre naïveté rejoindra le giron de l’armée US via sa « dissuasion intégrée ».

Mistral AI n’est pas un succès français. C’est une opération de communication géniale pour faire avaler aux Français la pilule amère de leur colonisation numérique.
Ils ne sont pas nos champions ; ils sont le cheval de Troie. La « Taxe Zucman » (le nom comme par hasard ? je n’ai rien dit) et sa glorification de ces « succès » ne sont que le rideau de fumée d’un pays qui vend ses bijoux de famille en croyant faire une opération bluffante.
Mais ne vous inquiétez pas. Continuez à partager les posts TikTok qui vantent notre grandeur. Les élites, elles, continueront de lire les vrais rapports et de rigoler en vous regardant faire.
Comme toujours, nous sommes les dindons de la farce. Mais avouez qu’elle est bien bonne, non ? Allez au suivant…
Plus d’explication ci-dessous :
Voici une analyse de ce que pourraient être les rôles/positions possibles de l’Atlantic Council, du Hudson Institute et du Council on Foreign Relations (CFR) dans le contexte de la startup Mistral AI, notamment autour des questions de gouvernance, de régulation, de géopolitique, et de relations transatlantiques ainsi que quelques suggestions de « home staging » de ce scénario.
Contexte : Mistral AI et régulation de l’IA
Quelques faits saillants récents sur Mistral AI :
- Mistral AI, créée en 2023, a levé d’importants fonds (dont 385 M€, etc.), devenant une « licorne » européenne. (France 24)
- Elle revendique une gouvernance française forte, bien que des investissements étrangers (notamment américains) soient impliqués. (Alliancy)
- Elle s’implique dans des partenariats publics, par exemple avec l’agence France Travail, ou avec des ministères, etc. (euronews)
- L’UE a mis en place / fait entrer en vigueur l’AI Act, un cadre régulateur pour l’IA, incluant des règles pour les systèmes à haut risque, modèles généraux, etc. (Stratégie numérique de l’UE)
Donc, Mistral AI se trouve au carrefour entre innovation, régulation, souveraineté numérique, enjeux de puissance.
Rôles possibles / positions de Atlantic Council, Hudson Institute et CFR
Ces institutions (Atlantic Council, Hudson Institute, CFR) sont parmi les think tanks influents en matière de politique étrangère, de sécurité, technologie, gouvernance. Voici ce qu’elles pourraient faire, dire, ou proposer dans ce contexte, ou ce qu’elles font déjà.
| Think Tank | Possibles intérêts / axes | Ce qu’ils pourraient recommander ou surveiller dans le cas de Mistral AI |
|---|---|---|
| Atlantic Council | Se concentre sur les enjeux transatlantiques (États-Unis / Europe), sécurité, rôle de l’IA dans la défense, influence de la régulation européenne sur les relations avec les USA, etc. | – Étudier/commenter comment l’AI Act européen affecte les entreprises américaines / les investisseurs étrangers. – Recommander des politiques pour coopérer sur les standards de sécurité, de sûreté, d’éthique, entre les partenaires transatlantiques. – Surveiller les implications pour la défense et la sécurité, notamment les usages duals (civil / militaire) et la coopération (et les restrictions) pour les modèles d’IA généraux. – Évaluer les risques de fragmentation réglementaire qui pourraient nuire à l’interopérabilité ou donner un avantage aux entreprises d’un pays ou d’un bloc ayant des règles plus souples. |
| Hudson Institute | Pense aux États-Unis, aux intérêts américains, à la sécurité nationale, à la souveraineté technologique, aux contrôles à l’export, aux risques (surveillance, guerre, désinformation), etc. | – Proposer des mesures de contrôle / d’export pour les technologies sensibles d’IA, en particulier les modèles avancés. – Promouvoir que les États-Unis maintiennent ou renforcent leur avance technologique, tout en préservant les valeurs démocratiques, la transparence. – Surveiller les investissements étrangers dans les entreprises IA européennes ou américaines, les transferts de technologie. – Émettre des recommandations pour la coopération internationale, mais aussi pour se prémunir contre les risques (cyber, surveillance, désinformation). |
| Council on Foreign Relations (CFR) | Très concerné par la politique étrangère, la diplomatie technologique, les normes internationales, la gouvernance globale, les impacts géopolitiques de l’IA (souveraineté, puissance, rivalités). | – Étudier comment la montée de Mistral et d’autres champions européens redéfinit l’équilibre technologique global, les alliances. – Analyser les traités, accords internationaux possibles sur l’IA, les normes internationales, les accords de gouvernance. – Conseiller les décideurs américains (et alliés) sur la stratégie à adopter (ex : partenariats, financement, standardisation). – Surveiller les conséquences des régulations européennes pour les entreprises américaines, pour l’innovation, pour l’équilibre du pouvoir technologique. |
Comment ces think tanks pourraient interagir avec Mistral AI
- Évaluation / recherches indépendantes : études d’impact, audits éthiques, comparaison des performances / des risques des modèles qu’utilise Mistral (ex : “modèles généraux”, “modèles ouvertes vs fermés”, “transparence”).
- Conseils en politique publique : préparer des recommandations pour la réglementation, la gouvernance, la coopération internationale, la souveraineté numérique.
- Forums internationaux : lors de sommets IA (comme le Sommet pour l’action sur l’IA en France), ces think tanks pourraient participer en tant qu’experts, influencer le discours, proposer des accords / principes.
- Masterclasses / formation / sensibilisation : éduquer les décideurs, les régulateurs, le public sur les enjeux de l’IA, les risques potentiels, les bonnes pratiques.
Risques et opportunités
- Opportunités
- Leader européen
- Normes éthiques fortes
- Attractivité de capitaux
- Influence dans la gouvernance mondiale
- Risques
- Régulation trop stricte (AI Act)
- Dépendance matérielle (puces, cloud US)
- Pressions géopolitiques
- Fragmentation réglementaire
Recommandations
- Pour Mistral AI : Transparence des modèles, partenariats équilibrés
- Pour UE : Harmonisation des règles, soutien aux infrastructures souveraines
- Pour Think tanks : Favoriser forums transatlantiques, éviter la fragmentation des normes
Conclusion
Mistral AI = test grandeur nature de la souveraineté numérique européenne.
- Les think tanks US influencent déjà le débat global.
- L’Europe doit concilier innovation, sécurité et indépendance.
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