
L’Iran construit des forteresses nucléaires souterraines « invulnérables » : la « montagne Pickaxe » et autres sites ultra-profonds défient les bombes les plus puissantes
Publié le 4.9.2025 à 23h18 – Par Ivan Petrov – Temps de lecture 5 mn
The Telegraph rapporte que l’Iran possède plusieurs sites nucléaires souterrains « ultra-sécurisés » encore plus résistants aux frappes que la célèbre installation de Fordow, que les États-Unis ont frappée avec des bombardiers furtifs B-2 en juin dernier.

Plus précisément, ils évoquent un complexe montagneux situé près de l’installation d’enrichissement de Natanz, qui serait profond de plus de 160 mètres, soit presque deux fois plus que Fordow, qui avait nécessité une douzaine de bombes GBU-57 « MOP » pour être détruit les résultats de cette frappe restant encore très débattus à ce jour.
The Telegraph écrit que la « montagne Pickaxe » pourrait être un endroit parfait pour cacher l’uranium hautement enrichi de l’Iran, et que les tunnels sont si profonds et si renforcés qu’ils pourraient même survivre à une explosion nucléaire.
L’Iran possède également une autre installation ultra-profonde près de l’installation de conversion de l’uranium à Esfahan.
Explications : La « montagne Pickaxe » : un complexe stratégique ultra-sécurisé
- Localisation et structure :
Le site de Kūh-e Kolang Gaz Lā (surnommé « Pickaxe Mountain ») est situé à 90 miles au sud de Fordow et à quelques minutes seulement de l’installation nucléaire de Natanz, dans la province d’Ispahan. Ce complexe souterrain, encore en construction, a été renforcé et étendu discrètement au cours des quatre dernières années. Contrairement à Fordow, qui possède deux entrées de tunnel, Pickaxe en compte au moins quatre (deux à l’est et deux à l’ouest de la montagne), et ses chambres souterraines s’étendent au-delà de 100 mètres de profondeur (contre 60-90 mètres pour Fordow). - Capacité de protection :
La profondeur et la hauteur de la montagne (1 608 mètres au-dessus du niveau de la mer, contre 960 mètres pour Fordow) offrent une protection renforcée contre les bombes classiques. Même les GBU-57 MOP (Massive Ordnance Penetrator), utilisées contre Fordow en juin 2025 et capables de pénétrer 60 mètres de terre avant d’exploser, seraient inefficaces pour atteindre les installations profondes de Pickaxe. Selon les experts, le site pourrait même résister à une explosion nucléaire.
Les limites des frappes américaines sur Fordow
- Frappe de juin 2025 :
Les États-Unis ont ciblé Fordow avec 12 bombes GBU-57 MOP larguées par des bombardiers furtifs B-2, provoquant des dégâts visibles (six cratères et des débris). Cependant, une évaluation préliminaire du renseignement américain a indiqué que les frappes n’avaient retardé le programme nucléaire iranien que de quelques mois. Les installations souterraines n’ont pas été complètement détruites, et l’uranium hautement enrichi aurait été déplacé avant les frappes. - Réactions contradictoires :
Donald Trump a affirmé avoir « oblitéré » le programme nucléaire iranien, mais l’AIEA et les experts internationaux restent sceptiques. L’Iran a initialement minimisé les dégâts, qualifiant les impacts de « superficiels », avant d’admettre des « dégâts importants ». Les inspecteurs de l’AIEA n’ont pas encore pu accéder aux sites pour évaluer précisément les dégâts souterrains.
Les stocks d’uranium et les risques de prolifération
- Uranium « manquant » :
Avant les frappes, l’Iran détenait 408,6 kg d’uranium enrichi à 60% (presque de qualité militaire). Selon des images satellites, 16 camions ont été observés en train de faire la queue à l’extérieur de Fordow avant les frappes, suggérant que le régime aurait déplacé une grande partie de son uranium vers un site secret, probablement Pickaxe Mountain. - Capacités d’enrichissement :
L’Iran aurait « des centaines voire des milliers » de centrifugeuses avancées cachées dans des sites comme Pickaxe, capables de produire de l’uranium de qualité militaire. Selon l’Institute for Science and International Security, l’Iran pourrait « déployer secrètement plusieurs milliers de centrifugeuses avancées » dans le complexe de Pickaxe, lui permettant de poursuivre son programme même si les sites connus sont détruits.
Autres sites souterrains : Esfahan et Natanz
- Complexe d’Esfahan :
Le centre de technologie nucléaire d’Esfahan, qui abrite une installation de conversion d’uranium, a également été ciblé par les frappes américaines et israéliennes. Les images satellites montrent des dégâts importants sur les bâtiments et les entrées de tunnels. Les tunnels à Esfahan sont renforcés et profondément enterrés, similaires à ceux de Pickaxe. - Nouveau complexe de Natanz :
Un autre site souterrain, adjacent à l’installation de Natanz, serait encore plus profond que Fordow. Selon l’ISIS, les halls souterrains de Natanz pourraient atteindre plus de 100 mètres de profondeur, avec une capacité potentielle supérieure à celle de Fordow. L’Iran n’a pas déclaré ce site à l’AIEA, ce qui constituerait une violation des garanties internationales.
Implications géopolitiques et réponses internationales
- Réaction de l’AIEA :
Rafael Grossi, directeur général de l’AIEA, a demandé à plusieurs reprises à l’Iran des explications sur les activités de Pickaxe Mountain, mais Téhéran a répondu que c’était « none of your business » (« ce ne sont pas vos affaires »). Grossi a averti que « le risque que l’Iran enrichisse de l’uranium en secret a doublé » après les frappes. - Poursuite possible de l’armement nucléaire :
Des responsables iraniens ont déclaré que même si les sites étaient détruits, « le jeu n’est pas terminé » grâce aux matériaux enrichis, au savoir-faire indigène et à la volonté politique. Certains députés iraniens ont appelé à « effectuer un test de bombe nucléaire » et à attaquer les bases américaines au Moyen-Orient.
Comparaison des sites nucléaires souterrains iraniens
| Site | Profondeur estimée | Nombre d’entrées | État après les frappes de juin 2025 |
|---|---|---|---|
| Fordow | 60-90 mètres | 2 | Dégâts importants mais non détruit |
| Pickaxe Mountain | >100 mètres | 4 | Opérationnel (non ciblé) |
| Natanz (nouveau) | >100 mètres | 3+ | En construction |
| Esfahan | Inconnue | Multiple | Dégâts modérés sur les entrées |
Conclusion : une course contre-la-montre
L’Iran a développé une stratégie de dispersion de son programme nucléaire, le répartissant sur plusieurs sites souterrains ultra-profonds pour en assurer la survie en cas d’attaque. La communauté internationale, notamment l’AIEA, est incapable de vérifier pleinement l’étendue des activités iraniennes, tandis que Téhéran poursuit son avancée vers le seuil nucléaire. Les frappes récentes n’ont fait que retarder l’inévitable sans résoudre la crise fondamentale.
Pour plus de détails, vous pouvez consulter les rapports complets du Telegraph, de l’ISIS et de la BBC.
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