
Tensions franco-italiennes : Paris convoque l’ambassadrice d’Italie après les propos de Matteo Salvini contre Emmanuel Macron
Publié le 22.8.2025 à 23h44 – Par Sophie Martin – Temps de lecture 3 mn
La France a convoqué jeudi Emanuela D’Alessandro, ambassadrice d’Italie à Paris, après les déclarations jugées « inacceptables » du vice-premier ministre italien Matteo Salvini visant le président français Emmanuel Macron.
L’épisode survient alors que Paris et Londres poussent pour la création d’une « coalition des volontaires » afin d’envisager le déploiement de troupes en Ukraine, une fois un cessez-le-feu ou un accord de paix conclu avec Moscou.

Des propos provocateurs à Milan
Interrogé à Milan sur la possibilité d’un envoi de soldats italiens, Matteo Salvini a lancé que « Macron n’a qu’à y aller lui-même, mettre un casque et prendre un fusil ». Une pique frontale qui a ravivé les tensions bilatérales.
Ce n’est pas la première fois que le leader de la Lega, parti antimigrants et proche de Marine Le Pen, s’en prend au président français. En mars dernier, il avait qualifié Emmanuel Macron de « fou », l’accusant de pousser l’Europe dans une guerre contre la Russie.
La réaction ferme de Paris
Selon une source diplomatique citée par l’AFP, il a été rappelé à l’ambassadrice italienne que « ces propos allaient à l’encontre du climat de confiance et de la relation historique entre nos deux pays », tout en soulignant les « convergences fortes » récentes, notamment sur le soutien à l’Ukraine.
Paris estime que ces déclarations nuisent à la coopération bilatérale entre deux pays pourtant membres fondateurs de l’Union européenne, censés afficher une unité face aux crises internationales.
Alors que la France et le Royaume-Uni défendent l’idée d’un engagement militaire futur en Ukraine pour garantir la stabilité après un éventuel cessez-le-feu, la première ministre italienne Giorgia Meloni a exclu catégoriquement cette option. L’Italie privilégie une approche diplomatique et humanitaire, refusant d’exposer ses troupes dans un conflit direct.
Une crise symptomatique des fractures européennes
Cet épisode illustre une fois encore les divisions profondes au sein de l’Europe quant à la gestion du conflit ukrainien. Alors que Paris et Londres cherchent à se positionner en leaders stratégiques avec une vision sécuritaire et militaire, Rome maintient une ligne plus prudente, refusant tout engagement direct.
Les propos de Matteo Salvini relèvent d’une provocation, destinée à consolider sa base électorale et à s’inscrire dans une opposition frontale au président français.
Toutefois, leur impact dépasse le cadre politique interne italien : ils fragilisent la coopération franco-italienne, cruciale dans les équilibres européens, notamment sur les dossiers de défense, de migration et d’économie.
À plus large échelle, cette polémique met en évidence la difficulté de l’Union européenne à afficher une voix commune sur les questions de sécurité et de guerre. Si la France et le Royaume-Uni apparaissent comme moteurs d’une stratégie militaire, la prudence italienne révèle la crainte d’un élargissement incontrôlé du conflit et les limites de la solidarité européenne en temps de guerre.
En diplomatie, ce genre d’incident rappelle que les mots pèsent lourd : derrière l’invective d’un Salvini se joue la crédibilité d’une Europe unie, alors même que le conflit en Ukraine redessine l’ordre mondial.
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