France : 35 Anciens Ambassadeurs Français Dénoncent la Politique de Macron au Moyen-Orient


35 Anciens Ambassadeurs Français Dénoncent la Politique de Macron au Moyen-Orient

Publié le 14.8.2025 à 08h19 – Par Ryan Clarke – Temps de lecture 4 mn

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D’anciens Ambassadeurs Français Critiquent la Politique de Macron au Moyen-Orient.

En novembre 2023, plusieurs ambassadeurs français avaient déjà exprimé leurs préoccupations concernant la gestion improvisée du président Emmanuel Macron suite à l’attaque du 7 octobre 2023 en Israël. Cette approche risquait de compromettre l’influence traditionnelle de la France dans le monde arabe, héritée des présidences de Charles de Gaulle, François Mitterrand et Jacques Chirac.

Ce mardi 12 août 2025, 35 anciens ambassadeurs ont réitéré leurs critiques dans une tribune publiée par Le Monde, qui ne manquera pas d’attirer l’attention du chef de l’État et de lui faire siffler les oreilles. À l’image de l’ancien ministre des Affaires étrangères Dominique de Villepin, qui n’a pas mâché ses mots à l’égard du président, ces diplomates expérimentés appellent la France à retrouver un rôle proactif au Moyen-Orient. Ils exhortent Emmanuel Macron à adopter une position plus ferme vis-à-vis d’Israël, n’hésitant pas à évoquer un « nettoyage ethnique » à Gaza, contrairement au discours plus nuancé et diplomatique maintenu par les autorités françaises.

Ces anciens représentants de la France accusent l’exécutif de s’être contenté de gestes symboliques depuis deux ans, malgré l’annonce officielle de la reconnaissance de l’État palestinien prévue pour septembre 2025. Ils déplorent également que le gouvernement minimise l’accélération de la colonisation en Cisjordanie. « Alors qu’Israël intensifie en toute impunité son entreprise de destruction d’un peuple, et accélère sa colonisation de la Cisjordanie pour entraver toute possibilité d’un État palestinien, nous ne pouvons rester spectateurs. La décision du président de la République de reconnaître l’État palestinien lors de la prochaine Assemblée générale des Nations Unies [en septembre] est donc tout à fait opportune. D’autres partenaires ont suivi. Dans le contexte actuel de non-respect du droit international cependant, l’annonce est insuffisante », déclarent les signataires dans leur texte. La tribune met en lumière un manque de cohérence dans la politique étrangère française : celle-ci défend vigoureusement le droit international en Europe, notamment dans le cas de l’Ukraine, mais adopte une attitude beaucoup plus réservée face aux événements au Moyen-Orient. Selon eux, ce fondement historique du rayonnement français a été sacrifié au profit d’intérêts et d’alliances particulières.

De Villepin répond au CRIF : « Le CRIF devrait se rappeler qu’il n’est ni une institution d’État, ni un ministère des Affaires étrangères israélien. En France, on a encore le droit de critiquer un État, même Israël, sans être accusé d’antisémitisme. Le vrai danger, c’est cet amalgame systématique que vous faites entre juif et israélien, entre critique politique et haine raciale. Vous croyez défendre une communauté ? En réalité, vous la mettez en danger. Vous étouffez la liberté d’expression. Vous divisez le pays. La France n’est pas une extension du Likoud. Et vous n’êtes pas l’arbitre de ce qui peut être dit ou pensé ici. »

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Ce changement d’approche, jugé radical, sape la crédibilité de la France et son poids dans la région. Les ambassadeurs dénoncent par ailleurs la confusion délibérée entre les critiques justifiées de la politique israélienne et l’antisémitisme, ce qui brouille les discours et affaiblit la lutte contre l’antisémitisme authentique. « Nous avions à juste titre condamné l’attaque terroriste (du Hamas) du 7 octobre 2023. Elle ne pouvait toutefois justifier le nettoyage ethnique du peuple palestinien, et nous nous sommes émus bien tardivement du nombre croissant de civils palestiniens victimes à Gaza d’opérations destructrices, d’incessants déplacements forcés de la population, d’effets dévastateurs du blocus alimentaire et sanitaire, et, en Cisjordanie, de la violence impunie des colons », affirment-ils.

Le groupe appelle à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des otages. Parmi une dizaine de propositions formulées, ils préconisent un accès sans restriction pour la presse internationale à Gaza et la suspension de toutes les livraisons d’équipements militaires à Israël. Bien que Macron ait annoncé une mesure similaire en octobre 2024, les faits montrent une application bien plus modérée.

L’essentiel à retenir est que la France ne pourra pas s’en sortir avec des efforts minimaux, comme la simple reconnaissance de l’État palestinien, rapidement contrecarrée par Benjamin Netanyahu et son allié Donald Trump. Ces diplomates expérimentés invitent le président à dépasser les déclarations symboliques pour s’opposer directement à Tel-Aviv et Washington. Reste à savoir si Macron dispose des ressources nécessaires pour une telle confrontation une question qui demeure ouverte.

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