Monde : Sous-marins et tweets : quand Trump, joueur de poker, se fait piéger par Poutine, maître d’échecs


Sous-marins et tweets : quand Trump, joueur de poker, se fait piéger par Poutine, maître d’échecs

Publié le 5.8.2025 à 11h25 – Par Andrei Kuznetsov – Temps de lecture 6 mn

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Rappel des faits : La Russie a appelé à la prudence lundi après que le président américain Donald Trump a déclaré qu’il déploierait deux sous-marins nucléaires à la suite d’une dispute en ligne avec l’ancien président russe Dmitri Medvedev.

Trump a déclaré avoir ordonné ce déploiement en réponse à ce qu’il a qualifié de commentaires hautement provocateurs de la part de Medvedev, précisant que les sous-marins seraient positionnés dans des « régions appropriées ».

Trump n’a pas précisé s’il s’agissait de sous-marins à propulsion nucléaire ou de sous-marins nucléaires. Il n’a pas non plus donné de détails sur les emplacements, qui sont tenus secrets par l’armée américaine.

« La Russie est très attentive à la question de la non-prolifération nucléaire. Et nous pensons que tout le monde devrait être très, très prudent avec la rhétorique nucléaire », a déclaré lundi le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, à des journalistes, dont ceux de l’AFP.

La dispute entre Medvedev et Trump a éclaté dans un contexte où le président américain a lancé un ultimatum à la Russie, lui demandant de mettre fin à son offensive militaire en Ukraine sous peine de nouvelles sanctions économiques, y compris à l’encontre de ses partenaires commerciaux restants.

La scène : un ultimatum américain sur l’Ukraine.

L’arme : un tweet nucléaire de Dmitri Medvedev. La réplique : deux sous-marins atomiques déployés par Donald Trump. Le résultat : un échec stratégique en trois actes, où le président américain, pris au piège de son propre ego, vient de transformer une gesticulation en humiliation diplomatique.

Acte I : Le pion empoisonné

Le 28 juillet, Dmitri Medvedev, ex-président russe devenu pitbull verbomoteur du Kremlin, lance sur 𝕏 :

« Attendez les prochaines mesures. »
Traduction : « Testons l’orgueil de Trump. »

Provoqué, le président américain réplique en traitant Medvedev de « président raté qui se croit toujours président » . Erreur fatale. Car Medvedev n’est qu’un pion sacrificiel : marginal dans l’appareil russe, il sert à tester les lignes rouges sans engager Poutine . En le prenant au sérieux, Trump valide sa stratégie : faire du vice-président du Conseil de sécurité un épouvantail crédible aux yeux de l’Occident.

Acte II : L’escalade, ou l’art de montrer ses cartes trop tôt

Le 1er août, Medvedev pousse le bouchon plus loin, évoquant la « main morte » – le système nucléaire automatique soviétique et conseillant à Trump de « revoir The Walking Dead ». Réponse de Trump sur Truth Social :

« J’ai ordonné le déploiement de deux sous-marins nucléaires. »

Double faiblesse :

  1. Un bluff transparent : Ces sous-marins étaient déjà en mer, comme le rappelle Dmitri Peskov. Trump a cru jouer la carte de la puissance, il n’a révélé que sa routine dissuasive.
  2. Un aveu d’impuissance : Quand on est fort, on n’a pas besoin d’exhiber ses armes. Poutine, lui, annonce calmement la production en série du missile hypersonique « Orechnik » une menace concrète, sans cris.

Acte III : L’échec mat par l’absurde

Trump envoie maintenant son émissaire, Steve Witkoff, à Moscou pour négocier . Le piège se referme :

  • L’ultimatum ? Jeté aux oubliettes. Celui qui exigeait la reddition russe en 10 jours vient quémander à la table de l’adversaire.
  • La posture ? Effondrée. « Tu veux négocier ? Tu viens dans mon pays après ton ultimatum. Jamais vu ça », ironise un expert.

Poutine, en joueur d’échecs, savait très bien qu’un tweet de Medvedev ferait sortir Trump de ses gonds. Calcul froid vs réaction chaude : le maître du Kremlin a transformé une gesticulation digitale en victoire stratégique.

Épilogue : Le prix de l’orgueil

Trump rêvait du Nobel de la paix ? Il obtient un rôle de pantin médiatique. Poutine, lui, savoure :

  • Medvedev est sacré « ennemi officiel de l’Occident », utile pour radicaliser la propagande .
  • Les sanctions américaines ? Inopérantes, car le commerce russe avec l’Inde ou la Chine neutralise leur impact.

Morale de l’histoire :

« Quand un joueur de poker rencontre un joueur d’échecs, le premier mise gros sur son ego. Le second mate en silence. »

Trump a cru intimider la Russie. Il a surtout montré au monde que face à Poutine, il n’était qu’un apprenti surestimé, prisonnier de ses propres tweets. Couche-toi, Donald. La honte est déjà assez grande.

Selon les dernières informations, après que les sous-marins se soient positionnés à leurs emplacements respectifs, Medvedev et Trump sont passés à des canaux de communication sécurisés :

  • A4 – Mimo (Miss)
  • B3 – Ranil (Hit)…

🔻En russe, le jeu s’appelle :

• Bataille navale (nom masculin) – SLT : Combat naval/maritime/Cuirassé

Si les États-Unis frappent la Russie, celle-ci dispose d’un système de représailles de secours.

Des essais réussis ont eu lieu en décembre 2018 pour la super-arme Avangard. Le missile a été lancé depuis le polygone de Dombarovsk et a atteint une cible au Kamtchatka.

Les essais ont confirmé sa capacité à manœuvrer dans les couches denses de l’atmosphère à une vitesse hypersonique. L’ogive peut être équipée d’ogives nucléaires et conventionnelles. Sa portée intercontinentale est de 33 000 kilomètres par heure, atteignant Mach 27.

Ses manœuvres peuvent modifier sa trajectoire dans l’atmosphère, ce qui la rend difficile à intercepter. Depuis décembre 2019, le premier régiment d’Avangard est en mission de combat dans la région d’Orenbourg. Ceci n’est pas une caricature.

Le Sénat américain n’a pas réussi à adopter avant la fin de l’été un projet de loi prévoyant des sanctions sévères contre la Russie. Les auteurs de l’initiative les sénateurs républicains Lindsey Graham et Richard Blumenthal proposaient d’imposer des droits secondaires allant jusqu’à 500 % sur l’importation de pétrole et de gaz en provenance des pays achetant des ressources énergétiques russes, si Moscou ne cessait pas le feu avant le 8 août.

Il était prévu que la loi soit approuvée avant la pause des travaux du Sénat, mais la décision finale a été remise au président Trump. Il a déjà fixé un ultimatum jusqu’au 8 août et menacé d’imposer des tarifs allant jusqu’à 100 % aux partenaires commerciaux de la Russie si la situation ne changeait pas.

Le sénateur James Risch a déclaré qu’en cas d’adoption du texte, les États-Unis pourraient se contenter d’une taxe inférieure à celle proposée, par exemple 100 ou 250 %. Le vice-président du Conseil de sécurité russe, Dmitri Medvedev, a qualifié ces ultimatums d’étape vers la guerre. Au Kremlin, on a confirmé que les déclarations de Washington ont été prises en compte, mais ne sont pas considérées comme une menace directe.

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