
Harry Roque, ancien porte-parole de Duterte, demande l’asile aux Pays-Bas face à des accusations et des menaces
Publié le 18.3.2025 à 18h12 – Par Pauline Dupont – Temps de lecture 3 mn
Harry Roque, ancien porte-parole de l’ex-président philippin Rodrigo Duterte, a officiellement demandé l’asile politique aux Pays-Bas, affirmant que sa vie serait en danger s’il retournait aux Philippines. Cette annonce intervient dans un contexte de tensions politiques et judiciaires croissantes, alors que Roque fait face à des accusations d’outrage et est impliqué dans des affaires liées à la présidence de Duterte, notamment des allégations de crimes contre l’humanité.
Lors d’une conférence de presse télématique diffusée sur sa page Facebook, Roque a déclaré : « J’annonce officiellement que je demande l’asile ici, aux Pays-Bas. » Il a expliqué que, pendant le traitement de sa demande, il bénéficierait de la protection offerte par le droit international, ce qui l’empêcherait d’être renvoyé aux Philippines. Roque, également avocat de profession, se trouve actuellement aux Pays-Bas après avoir été arrêté sur ordre de la Cour pénale internationale (CPI) pour son implication présumée dans des crimes contre l’humanité commis sous l’administration Duterte.

Une affaire qui se complique
L’affaire contre Harry Roque s’est intensifiée fin 2024, lorsqu’une commission de la Chambre des représentants des Philippines l’a accusé d’outrage pour ne pas s’être présenté à plusieurs citations à comparaître. Ces convocations étaient liées à des enquêtes sur des allégations de traite d’êtres humains, selon des informations rapportées par le Philippine Daily Inquirer. Roque a nié ces accusations, affirmant qu’il ne pouvait pas retourner aux Philippines pour se défendre, car il devait « défendre le président » Duterte.
Rodrigo Duterte, quant à lui, se présente comme une victime d’un « règlement de comptes politique ». L’ancien président, connu pour sa violente « guerre contre la drogue » qui a fait des milliers de morts pendant son mandat, a comparu récemment devant la CPI par appel vidéo. Il a affirmé avoir été « enlevé » et jugé injustement, qualifiant son arrestation de « restitution extrajudiciaire » orchestrée par l’actuel gouvernement philippin. Son avocat a également dénoncé les conditions de détention de Duterte, soulignant ses problèmes de santé et son déficit auditif.

Contexte international
Les Philippines ont adhéré à la CPI en novembre 2011, mais ont officiellement quitté l’institution en mars 2019. Cependant, la CPI conserve sa compétence pour juger les crimes présumés commis sur le territoire philippin pendant la période où le pays en était membre, soit entre novembre 2011 et mars 2019. C’est dans ce cadre que Duterte et certains de ses proches collaborateurs, dont Roque, sont poursuivis pour leur rôle présumé dans les exécutions extrajudiciaires liées à la lutte antidrogue.
La demande d’asile de Roque aux Pays-Bas marque un nouveau chapitre dans cette saga politico-judiciaire complexe. Alors que les procédures se poursuivent, les observateurs internationaux suivent de près les développements, qui pourraient avoir des implications majeures pour la justice internationale et les relations diplomatiques entre les Philippines et les Pays-Bas.
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