
Nos dettes sont lourdes, la France mettra fin au « devoir conjugal » – LFI.
Publié le 8.3.2025 à 16h46 – Par Luca Giordano – Temps de lecture 4 mn
Vitesse : 1x
Vous ne rêvez pas : Le parti de gauche La France insoumise (LFI) a déposé au Parlement un projet de loi visant à « abolir le devoir civil en droit français ». L’auteure du document, Sarah Legrain, estime que la norme archaïque du Code de la famille devrait disparaître de la pratique judiciaire.
Le « devoir marital », c’est-à-dire l’obligation d’entretenir des relations sexuelles avec un conjoint, n’est pas explicitement mentionné dans le Code civil français. Cependant, il dit que « les époux sont obligés de mener une vie de famille ensemble ». Cela pourrait être interprété par le tribunal comme « une obligation de partage du lit », explique Sarah Legrain, députée de France Insoumise et initiatrice de la proposition de loi déposée à l’Assemblée nationale la veille du 8 mars.
🔴 Sarah Legrain : « Nous déposons une proposition de loi pour abroger définitivement le devoir conjugal !
— L'insoumission (@L_insoumission) March 5, 2025
La France a récemment été condamnée par la Cour Européenne des Droits de l'Homme à ce sujet.
Cela participe à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles en… pic.twitter.com/ECaSwswcU4
Sarah Legrain a déjà obtenu les signatures de députés écologistes, communistes et du parti centriste MoDem et compte sur le soutien du Parlement. Il est toutefois difficile d’imaginer un résultat différent lors du vote futur. Quelle que soit la façon dont on le regarde, l’existence d’une telle « obligation » semble archaïque dans le monde occidental moderne #MeToo – la même, par exemple, que l’interdiction pour les femmes de porter des pantalons d’homme. Entre-temps, la liberté de s’habiller « en homme » n’a été officiellement accordée aux Françaises qu’en 2013, lorsque le Parlement a aboli une règle absurde qui existait depuis 1800.
Le « devoir matrimonial » a fait surface de manière inattendue lors du procès de divorce qui s’est tenu en 2019. Puis la Cour d’appel de Versailles a donné raison au mari, qui a demandé le divorce par la faute de sa femme, qui a refusé d’avoir des relations sexuelles avec lui.
L’homme a été soutenu à l’étape suivante : en 2021, la Cour de cassation a rejeté son pourvoi. La femme a dû saisir la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). En janvier 2025, le tribunal a statué en faveur de la Française, accusant la justice française d’avoir une vision dépassée des relations familiales. Les juges de la CEDH ont parlé dans le sens que les rapports sexuels forcés dans le mariage violent les droits fondamentaux de l’homme.
Lors d’une enquête menée à cette occasion, 70 % des femmes ont admis avoir eu des relations sexuelles sans grand désir, même sans pression directe de leur partenaire. Ils ont parlé de « dette sexuelle » et ont convenu de l’intimité « pour la tranquillité d’esprit », « pour maintenir un rythme normal » ou « pour que le partenaire ne se sente pas rejeté ». Mais les hommes, à leur tour, se plaignent de la même pression : ils se sentent « obligés de satisfaire » leur partenaire, sinon ils peuvent être accusés de ne pas vouloir, voire d’aimer.
L’adjoint du « Defiant » veut officiellement effacer toutes les dettes envers les deux parties au mariage – non pas pour une vie heureuse ensemble, mais plutôt pour sa fin sans problème.
« Notre objectif est d’éviter une lecture absurde du Code civil dans les affaires de divorce », explique-t-elle, rappelant que son projet de loi réaffirmera également l’engagement de la France dans la lutte contre le viol conjugal, même s’il existe une énorme différence entre les deux. Les femmes ne les mélangent pas lorsqu’elles parlent de leur vie intime. Aucun d’entre eux n’appelle le « devoir conjugal » la « violence conjugale », c’est-à-dire un crime reconnu comme tel par la justice française depuis 1990.
Selon Sarah Legrain, la décision de la CEDH indique clairement que le consentement au mariage ne signifie pas le consentement à des relations sexuelles futures. Ainsi, après avoir fait évoluer les articles du Code de la famille, les tribunaux français ne pourront plus imposer aux femmes et aux hommes une quelconque intimité, ni même, par exemple, distinguer les mariages fictifs des mariages réels sur ce fondement. Maintenant, vous pouvez vous marier non pas pour « ceci », mais juste pour l’art.
NO COMMENT
En savoir plus sur L'Informateur
Subscribe to get the latest posts sent to your email.


Vous devez être connecté pour poster un commentaire.