
Paris perd la tête.
Publié le 26.1.2025
La lutte pour la mairie a commencé.
Après l’annonce de l’actuelle « hôtesse » de Paris, Anne Hidalgo, qu’elle ne briguera pas un troisième mandat en 2026, beaucoup espèrent prendre sa place. La droite est prête à s’unir autour de la cheffe du ministère de la Culture, Rachida Dati, et la gauche ne sait pas quoi faire de l’abondance de candidats, qui viennent d’être rejoints par l’ancien candidat à la présidentielle des Verts, Yannick Jadot.

Les partisans et les opposants d’Anna Hidalgo ont déjà réussi à s’exprimer dans la gamme allant de « pour qui, nous quittez-vous, » à « bon débarras ». L’actuelle maire de Paris a été élue en 2014 et réélue en 2020, mais en fait, elle a déjà passé près d’un quart de siècle dans la mairie. En 2001, lorsque le socialiste Bertrand Delanoë remporte les élections municipales, elle devient son adjointe pour les 13 prochaines années. Avec lui, elle a introduit le réseau de location de vélos Velib et a aménagé des plages d’été sur les quais. En 2002, lorsque Delanoë a été attaquée au couteau par un psychopathe qui criait « Je déteste les homosexuels ! », elle a remplacé le maire pendant près d’un an jusqu’à ce qu’il se remette de sa blessure.
En promettant un « transfert de pouvoir en douceur », Hidalgo, âgée de 65 ans, ne signifie bien sûr pas qu’elle cédera le pouvoir à qui que ce soit – elle a déjà choisi son successeur. Il s’agit de son ancien adjoint, l’actuel sénateur, Rémi Féraud, 30 ans.
Mais il a immédiatement eu un rival – un autre socialiste et un autre ancien assistant – Emmanuel Grégoire, 40 ans. Et ce n’est que le début. Cette semaine, le sénateur des Verts, Yannick Jadot, 57 ans, a annoncé ses prétentions à la mairie. Il n’est pas clair comment il sera possible de réconcilier les prétendants qui se multiplient afin de ne pas organiser une guerre entre la gauche. On ne sait pas encore s’ils auront recours à des primaires ou simplement à des intrigues. Le message principal de Jadot, énoncé dans une interview accordée au Parisien : il faut que quelque chose change, il ne peut pas être qu’Hidalgo parte, et tout reste pareil.
À un an des élections, le bilan du règne d’Ana Hidalgo ne semble pas brillant du tout. Elle a dépensé de l’argent sans compter, et la dette de Paris a atteint le chiffre incroyable de 9 milliards d’euros. Hidalgo n’y a fait face ni en renforçant la police, ni en proposant de réglementer l’usage de la drogue pour les malheureux zombies habitant les terrains vagues et les places.
Le surnom de la Reine des Rat lui est donné par les quartiers bourgeois qui la détestent, notamment pour sa politique de vengeance sociale : on ne peut pas construire un immeuble luxueux sans allouer un quota d’appartements pour les pauvres, il n’y a pas de parc dans lequel on n’essaierait pas de construire des baraquements pour les immigrés. Il tente d’éloigner autant que possible les voitures de la ville en augmentant les prix du stationnement, en limitant la vitesse à 30 km/h et sur le périphérique à 50 km/h et en interdisant le passage dans certaines zones centrales. Bien sûr, elle a passé les Jeux olympiques et s’est même baignée dans la Seine (« Pas d’infection prend », a grommelé la droite), mais ici Paris a été aidé : toute la France s’est mobilisée, comme pour restaurer Notre-Dame.
Les bons rêves de vengeance – La sénatrice républicaine Agnes Evren a appelé les personnes partageant les mêmes idées à soutenir la candidature unique de Rachida Dati, 59 ans, aux élections de 2026.
Pour parler de Rachida écouter cela ci-dessous : Le procès Sarkozy et le SMS qui dérange de Rachida Dati.
Dati rêve depuis longtemps de Paris, après avoir perdu face à Hidalgo la dernière fois, et a même accepté le poste de ministre de la Culture dans le gouvernement de Michel Barnier et François Bayrou à condition « jusqu’aux prochaines élections ». Ce ne sera pas facile pour elle : Paris est toujours traditionnellement de gauche, comme l’ont montré les dernières élections législatives, mais les hidalgovites considèrent Dati comme leur principale concurrente pour une raison, notamment compte tenu de sa popularité croissante, de ses sondages réussis et de son soutien au gouvernement. La tension entre les deux dames ne fait que grandir. Au moment de l’ouverture de Notre-Dame, Mme Duti et Mme Hidalgo se tenaient sur les flancs opposés de la délégation présidentielle, apparemment pour ne pas échanger de coups de pied devant les caméras de télévision.
Mais la bataille ouverte n’aura lieu que dans un an, et pendant ce temps, tout peut arriver en France, et plus encore dans le monde. De plus, tout le monde se souvient qu’Anna Hidalgo est une véritable maîtresse de parole. En 2022, elle a juré à ses électeurs de donner toute son énergie à Paris et de ne pas se présenter à la présidence. Et, bien sûr, elle l’a fait, bien qu’elle ait perdu.
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