Suisse : Les géants pharmaceutiques suisses sur le qui-vive face au retour de D. Trump.


Les géants pharmaceutiques suisses sur le qui-vive face au retour de D. Trump.

Publié le 20.1.2025


Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche suscite des inquiétudes majeures chez les géants pharmaceutiques suisses comme Roche et Novartis. Selon le SonntagsBlick, le début d’un éventuel deuxième mandat de Trump représenterait un défi de taille pour ces entreprises, qui redoutent des droits de douane punitifs et une baisse des prix des médicaments. Le marché américain, particulièrement lucratif pour l’industrie pharmaceutique, permet aux fabricants de fixer librement leurs tarifs, une pratique impossible dans de nombreux autres pays, dont la Suisse.

Depuis le début des années 2000, la part des États-Unis dans les exportations pharmaceutiques suisses a plus que doublé. En 2022, plus d’un quart des exportations helvétiques, d’une valeur totale de 109 milliards de francs suisses, étaient destinées à ce pays. Cependant, l’élection de Trump pourrait changer la donne. Le président élu a en effet annoncé son intention d’imposer des droits de douane sur l’excédent commercial de la Suisse et de réduire radicalement les prix des médicaments.

Le choix de Robert F. Kennedy, adversaire déclaré de la vaccination et adepte de théories du complot, comme ministre de la Santé, ajoute à l’inquiétude du secteur. Malgré ces menaces, René Buholzer, directeur d’Interpharma, espère que la situation actuelle ne changera pas. Il souligne l’importance de la collaboration bilatérale : « La Suisse investit chaque année plus de 14 milliards de francs dans la recherche et le développement aux États-Unis et exporte des produits pharmaceutiques pour une valeur de 28 milliards, qui seraient menacés par des mesures protectionnistes. »

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En coulisses, le lobbying de l’industrie pharmaceutique suisse pour maintenir le statu quo bat son plein. Roche et Novartis, qui investissent des milliards dans la recherche aux États-Unis, figurent parmi les entreprises les plus actives en matière de lobbying à Washington. Depuis 2015, elles y ont consacré respectivement 8,4 et 6,5 millions de dollars par an en moyenne, selon l’ONG Open Secrets.

Malgré les craintes, certains acteurs restent optimistes. Rahul Sahgal, nouveau directeur de la Chambre de commerce américano-suisse, estime que les relations commerciales entre les deux pays resteront solides, même si quelques mesures « peu réjouissantes » pourraient être prises, notamment concernant les prix des médicaments.

Enfin, le soutien financier des employés de Roche et Novartis à Kamala Harris, rivale de Trump lors de la campagne électorale, pourrait expliquer en partie les craintes des pharmas suisses. Les collaborateurs de Roche ont ainsi donné près de 569 000 dollars à la candidate démocrate, contre seulement 31 558 dollars à Trump. Chez Novartis, les dons ont suivi une tendance similaire, selon Open Secrets.

Dans ce contexte, l’industrie pharmaceutique suisse se prépare à défendre ses intérêts face à un président connu pour son approche protectionniste et imprévisible.


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