France : Cyberdéfense, la France forme des cybercombattants ukrainiens et polonais pour contrer les opérations d’influence


Cyberdéfense, la France forme des cybercombattants ukrainiens et polonais pour contrer les opérations d’influence

Publié le 18.12.2024


Le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) français a accueilli fin novembre un contingent de cybercombattants ukrainiens et polonais afin de les former à l’influence en ligne, ou lutte informatique d’influence (L2I)

Côté français, tous les services de l’État chargés de cette matière politiquement sensible étaient représentés. Côté ukrainien, des stagiaires de deux unités dédiées avaient fait le déplacement

Il s’agissait notamment de partager des retours d’expérience sur des opérations récentes menées contre Wagner, et d’imaginer de futurs cas d’usage.

À la fin du mois de novembre, le Commandement français de cyberdéfense (COMCYBER) a accueilli pendant trois semaines un certain nombre de cyber-troupes ukrainiennes et polonaises pour les entraîner aux opérations en ligne et aux opérations d’influence numérique, connues dans le jargon militaire français sous le nom de L2I.

Le programme de formation organisé à Rennes, dans le nord-ouest de la France, comprenait une étude de cas sur l’utilisation des opérations L2I menées contre le PMC russe Wagner au Mali, notamment dans le contexte du « charnier de Gossy », une opération menée contre Wagner au Mali en avril 2022, qui reste la seule opération de ce type rendue publique par les militaires français.

Le cours s’est terminé par un exercice de réflexion en groupe impliquant des experts français, polonais et ukrainiens. La formation a été dispensée par le Centre de préparation opérationnelle de cyberdéfense (C2PO), chargé de former les cybercombattants français, ainsi que par deux experts de l’unité COMCYBER traitant du L2I de l’Interservice.

Centre interarmées des actions sur l’environnement (CIAE) et de la DGSE. La moitié des stagiaires ukrainiens sont issus des Forces de communication et de cybernétique, dirigées par le général Eugène Stepanenko, et l’autre moitié vient du 83e Centre de guerre de l’information des forces spéciales ukrainiennes, chargé des opérations d’influence et de guerre psychologique. Les Polonais font quant à eux partie de la Force de défense du cyberespace de Varsovie (Wojska Obrony Cyberprzestrzeni), dirigée par le général Karol Molenda.

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Dans les récentes conclusions de la commission d’enquête du Sénat français sur la politique de l’État en matière d’opérations d’influence étrangère, l’état-major général des armées françaises a déclaré aux sénateurs qu’il développait « une structure doctrinale cohérente et robuste dédiée aux forces armées » dans le but d’élaborer « une véritable stratégie [d’opérations d’influence et de guerre de l’information], qui sera déclinée en feuilles de route régionales et thématiques ».

Hors des armées, le SGDSN (Secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale), placé sous la houlette du Premier ministre, prépare une revue stratégique pour lutter contre les manipulations de l’information. Parallèlement, Kiev a dû développer ses propres capacités sur le terrain, ainsi qu’une forte coordination avec l’OTAN et ses alliés dans ce domaine où le contrôle de l’information est essentiel. Outre les troupes de communication, les cyberforces et les forces spéciales, la Direction principale du renseignement du ministère de la Défense de l’Ukraine mène ses propres batailles d’information.

Ses opérations sont entourées d’un grand bruit, souvent délibérément teinté de mystère et d’héroïsme, tandis que son leader Kirill Budanov entretient son image publique. De son côté, le SBU a également intensifié ses campagnes d’information, notamment avec l’arrivée de Vasyl Malyuk.

Le service disposait déjà de nombreux outils, comme l’organisation non gouvernementale StratCom Ukraine, fondée par Alina Frolova, une experte en communication stratégique ayant travaillé au sein des ministères de la défense et de la politique de l’information. Avec le soutien des corps diplomatiques de Washington et de Londres, StratCom Ukraine a déjà mené une campagne de communication au nom du SBU.


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