Iran : La Cour suprême iranienne a condamné à mort Alireza Akbari, ancien vice-ministre de la Défense qui détient la double nationalité irano-britannique, pour espionnage au profit de la Grande-Bretagne.


La Cour suprême iranienne a condamné à mort Alireza Akbari, ancien vice-ministre de la Défense qui détient la double nationalité irano-britannique, pour espionnage au profit de la Grande-Bretagne.

Publié le 13.1.2023


L’espion Akbari condamné à mort était impliqué dans l’assassinat du scientifique nucléaire Fakhrizadeh.

L’agence de presse officielle iranienne, IRNA, citant le ministère iranien du Renseignement a révélé que Ali Reza Akbari, l’espion à la solde du Royaume-Uni condamné à mort, a joué un rôle dans l’assassinat du plus grand scientifique nucléaire du pays, Mohsen Fakhrizadeh, tué en 2020.

Dans un clip vidéo publié ce jeudi 12 janvier, l’agence iranienne indique qu’Akbari (né en 1962)  « était un proche allié du secrétaire général du Conseil suprême de sécurité nationale d’Iran, Ali Shamkhani », qui a occupé le poste de ministre de la Défense entre 1997 et 2005, tandis qu’il était son adjoint.

Le ministère du Renseignement a énuméré les hauts postes de la fonction publique qu’il a cumulée :

  • Collaborateur pour les Affaires étrangères du ministère de la Défense,
  • Ex-conseiller dans le Conseil suprême de la Sécurité nationale,
  • Ex-conseiller dans le commandement des forces maritimes,
  • Ex-conseiller en matière de Défense et de Sécurité dans le centre des recherches du ministère de la Défense.

Il avait auparavant été un conseiller dans l’institution militaire pour l’exécution de la résolution 598 du Conseil de sécurité sur la fin de la guerre Irak-Iran (1980-1988). Et il avait participé pendant 7 ans à cette guerre.

L’espion Akbari « était l’un des agents les plus importants du service de renseignement britannique en Iran et il était autorisé à pénétrer dans certains centres très sensibles du pays », indique le ministère iranien de la Sécurité, selon lequel « Akbari a sciemment fourni des informations au service d’espionnage de l’ennemi. »

Dans un communiqué détaillé sur son arrestation, le ministère a révélé que « les forces de renseignement ont pu l’arrêter, grâce à un processus de surveillance long et complexe ».

« Akbari, qui était lié à un certain nombre d’agences sensibles à l’intérieur du pays, a divulgué lui-même les informations qu’il obtenait, du même niveau, à plusieurs reprises, au service d’espionnage britannique », précise le texte.

Selon le site d’information sur l’Iran, Jadeh Iran qui a publié les aveux d’Akbari diffusés dans la vidéo du ministère du Renseignement, il a révélé avoir été contacté pour la première fois lors d’une rencontre diplomatique en présence de l’ambassadeur britannique lorsqu’une personne lui a enfilé une carte dans la poche. « Par la suite, on m’a appelé et on m’a demandé de rencontrer l’ambassadeur britannique à Téhéran », a-t-il avoué.

Et Akbari de poursuivre : « lors de la réunion de l’ambassade, les personnes qui étaient présentes se sont présentées comme étant des officiers du service des renseignements britannique et on m’a livré un visa spécial pour la Grande-Bretagne ».

« On m’a posé des questions sur les personnalités liées au programme nucléaire à l’instar de Fakhri Zadeh et je répondais à leurs questions », a-t-il aussi reconnu. Il révèle aussi qu’ils étaient intéressés par les évolutions internes iraniennes et la réaction iranienne aux évolutions régionales et internationales. Ils voulaient aussi savoir comment l’Iran faisait pour contourner les sanctions.

Il a aussi confié que « les renseignements britanniques disposaient d’informations complètes sur lui et sa moralité », sans davantage de précisions.

Le ministère a révélé avoir arrêté Akbari une première fois en 2008, pour espionnage. Mais il a été libéré sous caution, avant qu’il ne rende en Grande-Bretagne.
Les services des renseignements britanniques avaient réalisé une mise en scène selon laquelle Akbari a subi un AVC, de crainte qu’il ne soit arrêté une seconde fois, assure le ministère.
Et de poursuivre qu’Ali Reza Akbari a été arrêté un deuxième fois en 2019. On lui avait filé des informations sensibles erronées qu’il n’a pas manqué de filer à ses employeurs britanniques, lesquels n’ont pas manqué à leur tour de les divulguer.

Le mercredi 12 janvier, le centre médiatique de l’Autorité judiciaire iranienne a annoncé que la peine de mort a été prononcée contre Akbari, après qu’il a été reconnu coupable de « crimes de corruption sur terre et d’atteinte à la sécurité nationale et extérieure en faisant fuiter des informations à l’étranger ». Il est accusé d’avoir été un « espion clé » pour le « Secret intelligence service » britannique (SIS).