Ukraine : La Russie contre-attaque , une centaine de missiles sur l’Ukraine. Washington réagit aux 2 missiles abattus sur la Pologne.


La Russie contre-attaque , une centaine de missiles sur l’Ukraine. Washington réagit aux 2 missiles abattus sur la Pologne.

Publié le 16.11.2022


Au moins trois vagues de missiles se sont abattues ce mardi 15 novembre sur le territoire ukrainien, provoquant des destructions d’objets énergétiques du pays à l’approche de l’hiver, rapporté l’agence russe Sputnik.

Selon les estimations provisoires, une centaine de missiles Х-101 et Х-555, ainsi que Kalibr-NK, ont été lancés sur l’Ukraine. Il s’agirait donc de la plus importante attaque de ce genre depuis le début de l’opération militaire russe.

Plusieurs missiles ont atteint leurs cibles dans la capitale, Kiev, ainsi que dans les villes de Lviv (ouest) et Kharkiv (nord-est), dont plusieurs quartiers sont restés sans électricité. Des explosions se sont fait également entendre dans les régions de Soumy (nord-est), Odessa (sud), de Khmelnitski ou de Rivne (ouest).

La partie ukrainienne parle de 15 objets énergétiques endommagés par les frappes. Dans le même temps, les forces aériennes de Kiev assurent avoir intercepté « 73 de plus de 90 missiles de croisière » au-dessus du pays, ainsi qu’une dizaine de drones kamikaze.

Des missiles sur la Pologne

Plus tard dans la soirée, les médias polonais ont rapporté qu’un ou deux missiles de provenance inconnue étaient tombés près de la ville de Lublin, faisant deux morts. Le Premier ministre Mateusz Morawiecki a convoqué une réunion d’urgence du Comité gouvernemental pour la défense et la sécurité.

Dans une première réaction américaine, la Maison Blanche a assuré qu’elle ne peut confirmer que les missiles qui se sont abattus sur la Pologne soient russes.

« Il est certain que les États-Unis n’essaient pas d’aggraver la situation ou d’inciter du tout », a pour sa part déclaré le porte-parole adjoint du département d’État américain Vedant Patel, lors d’une conférence de presse, en réponse à une demande de commentaires sur les affirmations de la Russie selon lesquelles les allégations ne sont rien d’autre qu’une provocation délibérée pour aggraver la situation en Ukraine.

Etant donné que la Pologne est un pays de l’Otan, toute attaque contre elle implique un réplique concertée de la part de l’organisation atlantiste.

Version AFP: 7 millions de foyers sans électricité

Selon l’AFP, l’Ukraine a été frappée mardi 15 novembre par des attaques russes d’une ampleur inédite selon Kiev – une centaine de missiles – contre les réseaux énergétiques qui ont rendu la situation « critique ».

« Les terroristes russes ont mené une nouvelle attaque planifiée contre des infrastructures énergétiques. La situation est critique », a souligné sur Telegram le chef adjoint de la présidence, Kyrylo Tymochenko. Selon lui, ce sont « plus de sept millions de foyers » qui étaient privés d’électricité mardi soir dans toute l’Ukraine.

« Ce que veut l’ennemi est clair. Il ne parviendra pas à ses fins », a pour sa part réagi le président Volodymyr Zelensky dans une courte vidéo mise en ligne. « Nous travaillons, nous restaurerons tout, nous survivrons à tout », a-t-il promis, habillé de kaki derrière son bureau.

Selon lui ce sont 85 missiles qui ont été tirés sur les villes ukrainiennes, de Kiev à Lviv, près de la frontière polonaise, et de Kharkiv au nord-est à Odessa au sud-ouest.

Mais d’après l’armée de l’Air, ce sont, pas moins de cent missiles qui ont été tirés, y compris par des bombardiers stratégiques, soit « plus que le 10 octobre, quand les occupants en avaient tiré 84 », selon le porte-parole Iouri Ignat.

A Kiev, où deux immeubles résidentiels ont été touchés, « les secours ont retrouvé le corps d’une personne décédée », et les opérations de secours étaient toujours en cours, a indiqué de son côté le maire de la capitale Vitaly Klitschko.

« Dans la capitale, au moins la moitié des (habitants) sont sans électricité », a-t-il indiqué sur Telegram. L’opérateur national « a déclenché des coupures de courant d’urgence dans toute l’Ukraine », notamment à Kiev, « pour équilibrer le réseau », a-t-il ajouté.

Les sirènes d’alerte de la défense antiaérienne avaient retenti dans toute l’Ukraine peu avant 15h30 (13h30 GMT). Quelques minutes plus tard, des explosions étaient entendues notamment à Kiev, Lviv (ouest) et Kharkiv (nord-est).
« Plusieurs missiles ont été abattus par la défense aérienne » au-dessus de la capitale, a indiqué le maire de Kiev.

Lviv, Kharkiv, Vinnitsia, Krementchouk, Rivné, régions de Soumy, Khmelnistky, Volyn, Odessa.. les frappes ont touché tout le pays, et les autorités locales annonçaient tour à tour les dommages dans leur ville sur les réseaux sociaux, rapporte l’AFP.

Plus d’électricité à Odessa, la grande ville portuaire du sud-ouest, courant coupé à 80% à Lviv, la ville majeure de l’ouest du pays, où le métro était bloqué, tout comme à Kharkiv, la deuxième ville du pays près de la frontière russe au nord-est..

La Moldavie sans électricité

En Moldavie, pays voisin au sud-ouest de l’Ukraine, les frappes russes ont aussi entraîné des coupures d’électricité.
« Chaque bombe qui tombe en Ukraine affecte aussi la Moldavie et notre peuple », a écrit sur Twitter le chef de la diplomatie moldave Nicu Popescu.

Les précédentes frappes ayant visé la capitale ukrainienne remontaient aux 10 et 17 octobre, et avaient avant tout visé, comme ailleurs dans le pays, les infrastructures énergétiques ukrainiennes, afin de priver la population d’électricité à l’approche de l’hiver.

En retour, des frappes ukrainiennes sur la région russe de Belgorod, frontalière au nord-est, ont fait deux mort et trois blessés, a indiqué sur Telegram le gouverneur de la région, Viatcheslav Gladkov.

Après Kherson, les Russes quittent Nova Kakhovka

Les frappes massives sur l’Ukraine ont eu lieu quatre jours après le retrait des forces russes d’une partie de la région de Kherson, dont la ville du même nom, dans le sud, après plus de huit mois de présence.
Selon l’AFP, le Kremlin a du s’y résoudre du fait d’une contre-offensive de l’armée ukrainienne, galvanisée par les armes livrées par les Occidentaux. Les troupes russes avaient déjà dû se replier du nord du pays au printemps, puis du nord-est en septembre.

Selon l’AFP, signe des difficultés des Russes sur le terrain, les autorités d’occupation dans la région de Kherson, dont Moscou revendique l’annexion, ont dû abandonner une nouvelle ville, Nova Kakhovka. Cette ville est située sur la rive gauche (orientale) du Dniepr, où les forces russes s’étaient repliées la semaine dernière faute de pouvoir tenir la rive droite (occidentale), où se trouve Kherson.

Après le retrait russe le 11 novembre de la rive droite du Dniepr, « Nova Kakhovka s’est retrouvé sous le feu direct de l’artillerie lourde et des mortiers des forces armées ukrainiennes », a déclaré l’administration pro russe.

Poutine boude le G20

Les frappes sont aussi survenues en plein sommet du G20 en Indonésie, boudé par le président russe Vladimir Poutine qui n’a pas même souhaité s’y exprimer par visioconférence.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a souligné sur Twitter que Kiev était « dans l’attente d’une réaction de principe du sommet du G20 ».

« Ces frappes russes ne feront qu’approfondir les préoccupations au sein du G20 concernant l’impact déstabilisateur de la guerre de Poutine », a pour sa part déclaré le conseiller à la sécurité nationale de la Maison Blanche, Jake Sullivan, dans un communiqué.

A l’issue d’un entretien de trois heures la veille avec son homologue américain Joe Biden, le président chinois Xi Jinping, donc chaque froncement de sourcil à l’égard de son allié russe est scruté, d’après l’AFP, avait reconnu être « très préoccupé » par le conflit en Ukraine.

Mais Moscou, qui avait dépêché sur place son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov, n’a donné aucun signe de vouloir cesser ses attaques.
« Tous les problèmes proviennent de la partie ukrainienne qui refuse catégoriquement des négociations et avance des revendications manifestement irréalistes » en réclamant au préalable le retrait des forces russes de son territoire, a-t-il déclaré.

M. Lavrov a quitté le sommet dès mardi, « comme prévu » selon l’agence de presse publique russe Ria Novosti.