
La guerre en Ukraine aura vraiment enrichi, l’Algérie annonce doubler son budget militaire pour 2023 en l’augmentant à 22.7 milliards de dollars garce aux hydrocarbures vers l’Europe.
Publié le 20.10.2022
L’Algérie annonce doubler son budget militaire pour 2023 en l’augmentant à 22.7 milliards de dollars grâce à l’argent issu des exportations d’hydrocarbures vers l’Europe du fait de la crise en Ukraine.

RFI
mer. 19 octobre 2022 à 10:53 PM
L’Algérie semble déterminée à rattraper le retard technologique de son armée et s’en donne les moyens. Le pays d’Afrique du Nord a décidé de doubler son budget militaire.
Le budget militaire algérien pour l’année 2023 sera de 22,7 milliards de dollars. C’est la somme proposée par les autorités pour la loi-finance 2023. Elle sera votée par le Parlement fin novembre, et cela sans débat, comme souhaité par le président Tebboune pour tous les dossiers relatifs à la défense.
Depuis 2004, le budget militaire algérien s’élevait en moyenne à 10 milliards de dollars annuels, c’est donc une augmentation de plus de 110% en une seule année pour un budget qui figurait déjà parmi les plus élevés en Afrique. Cette hausse est aussi historique pour ce pays, classé parmi les trente premiers au monde en matière de dépenses militaires.
La rupture des relations diplomatiques entre Rabat et Alger, il y a plus de deux ans, a entraîné des tensions qui font peser les risques d’un conflit entre les deux voisins maghrébins. Depuis, la course à l’armement s’est d’autant plus intensifiée dans les deux pays qui ont décidé de durcir leur politique de défense. Selon plusieurs experts, l’armée algérienne cherche alors à se moderniser et à augmenter ses capacités en renseignements militaires. De son côté, le Maroc a augmenté son budget militaire à 4,3 milliards de dollars et s’est allié avec Israël en signant un accord de sécurité.
Contacts militaires avec la Russie, « personne ne doit dicter à l’Algérie » ses relations

Alors que des élus américains réclament des sanctions contre l’Algérie pour sa coopération militaire avec la Russie, le pays maghrébin reste cependant « en droit de se positionner en tant qu’acteur dans le nouvel ordre mondial », estime un expert algérien.
Les États-Unis peuvent-ils sanctionner l’Algérie à cause de ses contrats militaires avec la Russie ? Abdelkader Soufi, enseignant-chercheur en géopolitique à l’Université de Blida II en Algérie, revient sur le sujet.
« L’Algérie est en droit d’avoir des relations avec les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France, la Russie et l’ensemble des États qui composent la communauté internationale, et personne ne doit dicter à l’Algérie avec qui elle doit entretenir des relations ou pas », affirme-t-il.
« Nouvel ordre mondial »
« La Russie a été un partenaire spécial avec l’Algérie dans des moments difficiles, et l’Algérie a toujours su reconnaître ses amis », poursuit Abdelkader Soufi. D’après lui, le pays se dote de moyens de défense « pour garantir sa sécurité et son existence » car « pour avoir la paix il faut se préparer à la guerre ».
« L’Algérie est en droit de se positionner en tant qu’acteur dans le nouvel ordre mondial qui se dessine de plus en plus après l’opération spéciale (que la Russie mène depuis le 24 février en Ukraine, ndlr) », conclut l’expert.
Les appels aux sanctions
Fin septembre, à l’initiative de la députée républicaine Lisa McClain, un groupe de congressistes a saisi Antony Blinken pour réclamer des « sanctions importantes » contre l’Algérie pour l’achat d’armes russes. La même proposition avait été formulée plus tôt par Marсo Rubio, sénateur républicain et vice-président de la commission du renseignement du Sénat américain.
Récemment, Vedant Patel, porte-parole du Département d’État, a fait savoir que « tout pays continuant à soutenir la Russie en ce qui concerne son conflit en Ukraine, sa violation injuste et illégale de l’intégrité territoriale et de la souveraineté de l’Ukraine, serait profondément problématique ». Il a ajouté que pour le moment, il n’y a « aucune action à prévoir » concernant des sanctions contre l’Algérie.
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