Iran : Pierre angulaire de sa politique régionale et maintenant internationale, Téhéran possède l’un des arsenaux les plus variés et les plus avancés du Moyen-Orient… [Catalogue]
Pierre angulaire de sa politique régionale et maintenant internationale, Téhéran possède l’un des arsenaux les plus variés et les plus avancés du Moyen-Orient…
Publié le 19.10.2022
L’IRAN ET LES DRONES MILITAIRES
Les drones se sont montrés indispensable dans les guerres du 21e siècle – Que ça soit dans des missions ISR ou d’attaque. On a assisté à une forme de « dronisation » de la guerre depuis les années 2000 avec les premières frappes d’un drone d’attaque. Et l’origine des drones kamikazes remonte encore plus loin (années 80).
Au milieu des années 1980, l’Iran s’est intéressé aux véhicules aériens sans pilote ou drone. Les iraniens ont depuis commencé à fabriquer des drones. En tant que drones kamikazes plutôt que plate-forme de renseignement, de surveillance ou de reconnaissance (ISR), la première génération d’Ababil semble avoir été déployée pendant la guerre Iran-Irak. Et également, l’Iran a été l’un des premiers pays au monde à déployer de manière opérationnelle des véhicules aériens de combat sans pilote (UCAV) pendant la guerre Iran-Irak de 1980-1988. Composé de Mohajer-1 radiocommandés armés de jusqu’à six RPG-7.
Mohajer-1 durant la guerre Iran-Irak.Mohajer-1 armé de 6 roquettes de RPG-7.Tir d’un roquettes de RPG-7 par le Mohajer-1.
L’Iran a testé pour la première fois des drones en 1985 avec Mohajer-1 et Ababil-1.
Il espionnait les positions irakiennes derrière les tranchées de première ligne. En 1988, à la suite d’un incident au cours duquel la marine américaine a infligé de lourdes pertes aux forces aériennes et navales iraniennes, les stratèges iraniens ont réalisé qu’ils ne pouvaient pas affronter ouvertement les États-Unis par voie maritime. C’est alors que l’Iran a commencé à investir massivement dans les drones. Le gouvernement iranien a depuis été ouvert sur son intérêt pour les drones.
Entre 86 et 89, la marine américaine a mené des opérations [Operation Praying Mantis – Operation Prime Chance] qui s’est soldé par des navires iraniens coulés.
L’Iran va développer plusieurs gammes de drones pour différentes missions depuis dont des plateformes de renseignement, de surveillance et de reconnaissance (ISR), des munitions vagabondes (ou drones kamikazes), des drones d’attaque MALE/HALE.
La rétro-ingénierie fut aussi d’une grande aide pour les ingénieurs iraniens qui vont avoir accès à des technologies de drones pour développer la leur. Par exemple, les Iraniens ont réussi à avoir des drones occidentaux/israéliens en Syrie, Irak ou Iran dont des AAI Aerosonde (Américain), Desert Hawk (Américain), MQ-1 Predator (Américain), RQ-7 Shadow (Américain), RQ-11 Raven (Américain), RQ-170 Sentinel (Américain), Phoenix (Britanique), Hermes 200 (Israélien), IAI Harop (Israélien), Scan Eagle (Américain)… Certains ont été capturés intact et d’autres en très mauvais état vu qu’ils ont été abattu.
Exemple de capture de drone intact – Le 5 décembre 2011, un drone américain Lockheed Martin RQ-170 Sentinel a été capturé par les forces iraniennes. Il a été piraté et reprogrammé pour atterrir en Iran.
Plusieurs constructeurs de drone se sont fait remarquer par leur production et ont donné de l’élan à l’industrie de drone iranienne – Les plus grands sont :
Iran Aviation Industries Organization (IAIO), Iran Aircraft Manufacturing Industrial Company (HESA), Qods Aviation Industry Company et Shahed Aviation Industries.
L’Iran a conçu plusieurs types de drones
Certains drones iraniens sont connus et ont une historique opérationnelle large comme le Shahed 129 (utilisé en Syrie), le Mohajer-6 (utilisé en Éthiopie, dans le Moyen-Orient et en Russie), les drones kamikazes Shahed 131/136 (utilisé au Moyen-Orient et en Russie), …
Mohajer-6 avec sa station de contrôle au sol en Éthiopie.Shahed 129 en vol en Syrie.Image d’AFP d’un Shahed 136 [Geran-2) pendant les récentes frappes dans les villes ukrainiennes.
En plus de ceux cités ci-dessus, d’autres drones iraniens sont en service et leurs fiches techniques semblent prometteuses aussi. Nous essayerons de détailler quelques drones sur la très grande gamme de drone iranien.
HESA Ababil-3, le dernier drone de la famille Ababil. Il aurait une vitesse de 200km/h, une portée de 100km, une autonomie de 4 heures et un plafond de service de 5000m.La famille « Mohajer » commence avec le Mohajer-1. Conçu par Quods Aviation Industry Company, il a été utilisé avec des roquettes pour mener l’une des premières attaques de drones de l’histoire pendant la guerre Iran-Irak.Le Mohajer-2 a été conçu dans les années 90. Il a une autonomie de 1.5 heure et a une portée de 50 km. En 2014, une version largement améliorée par les ingénieurs a vu le jour sous le nom Mohajer-2N (autonomie de 6 heures et portée de 150). Le Venezuela a produit un drone basé sur le Mohajer-2 qu’ils ont baptisé Arpia.Le Mohajer-4 a vu le jour fin des années 90. Il a une endurance de 7 heures et une portée de 150 km. Une version B a vu le jour aussi qui a une endurance de 6 heures et une portée de 200 km.Le Mohajer-6, le dernier de la famille Mohajer. Il a une vitesse maximale de 200 km/h, une endurance de 12 heures, une portée de +500 km pour une altitude maximale de 7.600 m. Il a une charge utile de 40 kg et peut avoir 4 poids. Il a été vu pour la première en 2017.Le Fotros, connu pour être le plus grand drone de l’Iran. Il a une portée opérationnelle de 700 – 2000 km et une endurance qui varie de 16 – 30h.Le H-110 Sarir, ce drone a pour particularité de pouvoir être armé de missile air-air.Le Shahid 129, l’un des drones iraniens le plus performant. C’est drone MALE (Moyenne Altitude Longue Endurance) tel que les MQ-1 ou CH-3. Il a une endurance de 24h, une portée de +1000 km et peut être armé par 4 missiles air-sol. Conçu par Shahed Aviation Industries en collaboration avec HESA, ce drone a été mis en service en 2012 et a mené des opérations de reconnaissance et de frappes en Syrie.Le Hamaseh, il a une endurance de 11h, une portée de 200 km, une altitude maximale de 4.500 m et il peut être armé.Le Karrar, drone cible qui peut être armé de bombes ou missiles. Le Karrar est propulsé par turbo-jet contrairement à la majorité des drones iraniens. Il peut ainsi aller à une vitesse de 900 km/h et a une portée de 1000 km. Il est basé sur le drone cible MQM-107 (Américain).Le Shahed Saegheh, la rétro-ingénierie du RQ-170 Sentinel. Il peut voler à une vitesse de 350 km/h, à une endurance de 4.5 h et une portée de 1.500 km.Le Shahed-136 connu sous la désignation russe Geranium-2. Le Shahed-136 est drone kamikaze qui a été vu pour la première fois dans les années 2020. Il a été utilisé au Yémen, au Kurdistan irakien et maintenant en Russie. Il a une portée qui varie de 1.800 – 2.500 km.Le Shahed-131/Geranium-1 en Ukraine. C’est une version plus petite du Shahed-136/Geranium-2.Le Kaman 22, l’un des derniers drones d’attaque MALE iraniens. Comparable aux MQ-9 ou CH-4, ce drone a une portée de près 3000 km et peut transporter 300 kg d’armes (missiles ou bombes).Le Shahed-149 Gaza, le dernier drone des industries de drone iranien. Tout comme le Kaman 22, c’est un drone comparable à des MQ-9 ou CH-4. Il a une portée de 2000 km (et selon certaines sources 7 000 km), peut voler à une vitesse de 350 km/h, a une endurance de 35h et peut aller jusqu’à 11.000 m d’altitude. Il peut avoir jusqu’à 13 bombes (selon des sources).À noter que les drones iraniens ne se limitent pas à ceux qu’on a cités – Il y en a beaucoup d’autres (en service ou en développement) comme Arash, Khodkar, Farpad, Kian 1, Kian 2, Meraj, Me’raj-214, Me’raj-504, Mobin, Oghab, Raad 85, Pelican-2, Rad, Sabokbal, Sadeq, Saeghe, Sayeh, Sepeher, Shahab-2, Hodhod-4, Kaman 12,…
En quelques décennies, l’Iran s’est fait une place de choix. En commençant de la rétro-ingénierie, ils sont aujourd’hui capables de rivaliser avec les plus grands en matière de drone.
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