Chine : Xi Jinping a construit la plus grande armée professionnelle du monde, « le temps des intimidations est révolu à jamais ».


Xi Jinping a construit la plus grande armée professionnelle du monde, « le temps des intimidations est révolu à jamais ».

Publié le 9.10.2022


Divers médias du monde rapportent qu’au cours de la décennie de règne de Xi Jinping, la Chine a restructuré la plus grande armée professionnelle du monde et développé un arsenal nucléaire et balistique capable d’alarmer ses ennemis. Mais qu’en revanche, la Chine n’a pas assez de pilotes de chasse pour ses porte-avions, à lire ici.

Alors que les voisins de la Chine cherchent à suivre ce modèle, un troisième mandat de cinq ans pour l’actuel président chinois devrait s’accompagner d’une accélération de la course aux armements dans la région Asie-Pacifique.

La Chine compte désormais deux porte-avions en service, des centaines de missiles balistiques à longue et moyenne portée, des milliers d’avions de combat et la plus grande puissance navale du monde, loin devant les États-Unis.

« Ils ont une très grande marine, et s’ils veulent intimider et placer des navires à proximité de Taïwan, ils peuvent vraiment le faire », a déclaré le commandant de la septième flotte aux médias américains, Carl Thomas.

Son budget militaire augmente depuis 27 ans, selon l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm.

Selon le Bulletin of the Atomic Scientists, la Chine possède aujourd’hui environ 350 ogives nucléaires, soit le double de ce qu’elle avait pendant la guerre froide. Les agences de renseignement américaines estiment que ce stock pourrait plus que doubler pour atteindre 700 ogives d’ici 2027. De nouveaux silos de missiles nucléaires sont en cours de construction dans le nord-ouest du pays. Selon le Pentagone, l’arsenal nucléaire de la Chine augmente considérablement et pourrait être lancé depuis la terre, la mer et les airs.

En janvier 2021, la Chine avait signé un engagement, aux côtés de la Russie, des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, pour «réduire les risques de conflit nucléaire».

En juillet dernier, le président chinois a prévenu dans un discours que « le peuple chinois ne permettra jamais à aucune force extérieure de l’opprimer ou de l’asservir, et quiconque osera le faire sera détruit devant un grand mur d’acier construit par 1,4 milliard Chinois. »
Il a souligné que le temps des intimidations contre son pays est révolu à jamais.

Les États-Unis d’Amérique ont exprimé leur « préoccupation » d’un rapport publié par le Washington Post, selon lequel la Chine a commencé à construire plus de 110 silos pour le lancement de missiles balistiques intercontinentaux.

Un rapport du Pentagone de 2021 a déclaré que la Chine « est le seul adversaire capable de combiner sa puissance économique, diplomatique, militaire et technologique pour poser un défi à long terme à l’ordre mondial stable et ouvert ».

Pendant de longues années, l’Armée populaire de libération était considérée comme dépassée et inefficace. Un historien l’a décrite comme « le plus grand musée militaire du monde ». Elle était équipée d’anciens équipements militaires fabriqués dans l’ex-Union soviétique et reposait principalement sur des unités d’infanterie qui ne fonctionnaient pas bien sur le terrain à l’étranger.

Pendant la guerre de Corée, l’Armée populaire de libération est intervenue aux côtés de la Corée du Nord, perdant 400 000 hommes, selon les Occidentaux, ou 180 000, selon Pékin. En 1979, elle a affronté le Vietnam lors d’une guerre brève mais sanguinaire.

Lorsque Xi Jinping est devenu commandant en chef des forces armées en 2013, les réformes ont été entreprises après avoir été initiées dans les années 1990 par Jiang Zemin.

« Tous les principaux acteurs de l’Indo-Pacifique réagissent le plus rapidement possible à la modernisation de l’armée chinoise », a déclaré Malcolm Davis, un ancien responsable de la défense australienne et qui travaille actuellement pour l’Institute for Policy Strategy.

De son côté, la Corée du Sud veut développer une force navale capable d’opérer au large de ses côtes, et l’Australie envisage d’acheter huit sous-marins nucléaires avec l’aide britannique et américaine dans le cadre de « l’accord AUKUS « .  conclu entre les USA. la Grande Bretagne et l’Australie.
Canberra parle également d’acheter des armes hypersoniques, des missiles balistiques de longue portée voire même des bombardiers furtifs capables de frapper n’importe où dans le monde sans être détectés. Selon  Malcolm Davis, ces projets reflètent une prise de conscience que la Chine a une capacité croissante à concevoir la région selon sa volonté.

Selon l’ancien responsable de la défense australienne, « l’époque où la marine américaine dominait les mers du Pacifique occidental touche à sa fin », expliquant : « Nous n’aurions pas vu AUKUS si le président chinois n’’était pas … D’une certaine manière, il nous a offert une grande faveur. »

Les achats d’armes ont connu une hausse importante, de la Corée du Sud qui a développé sa marine hauturière, à l’Australie, qui achète des sous-marins nucléaires.
Selon l’Institut international d’études stratégiques, basé à Londres, les dépenses de défense ont dépassé l’an dernier mille milliards de dollars dans la région Asie-Pacifique.

La Chine, les Philippines et le Vietnam ont doublé leurs dépenses militaires au cours de la dernière décennie, et la Corée du Sud, l’Inde et le Pakistan ne sont pas loin d’eux. Même le Japon a présenté cette année un budget record dans le domaine de la défense, levant ses réserves et parlant d’un environnement sécuritaire « de plus en plus violent ».

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La Chine n’a pas assez de pilotes de chasse pour ses porte-avions

La Chine possède trois porte-avions, mais la marine chinoise n’a pas assez de pilotes pour rendre efficaces ces navires imposants.

Selon le magazine militaire chinois, Ordnance Industry Science Technology, relayé par le site Wion, la Chine ne parvient pas à former assez d’officiers aux manœuvres nécessaires aux pilotes œuvrant depuis des porte-avions.

La Chine a pourtant accéléré les programmes de formation des pilotes d’avion de chasse basés sur des porte-aéronefs au cours de la décennie, notamment après la mise en service de son premier porte-avions, le Liaoning, en 2012.

Cependant, la hausse du nombre d’officiers qualifiés ne suffit actuellement pas pour fournir assez de pilotes à la flotte chinoise. Ce manque est d’importance, car le porte-avion Fujian, le troisième et le plus avancé des navires de cette catégorie, n’a pas encore à son bord les 200 pilotes qualifiés nécessaires pour mener à bien ses missions.

Cette situation s’explique par le changement de technologie entre les différents porte-avions chinois. Le Fujian est équipé de catapultes électromagnétiques avancées, alors que les deux premiers porte-aéronefs chinois étaient dotés d’un système de rampe.

Les pilotes doivent être de nouveaux formés pour maîtriser les nouvelles manœuvres de décollage et d’atterrissage. « Les défis sont nombreux, car la conception des avions et la formation des pilotes font partie des technologies de base les plus difficiles et les plus compliquées au monde – que personne ne partagera avec vous », a déclaré un expert à Wion.

Autre problème, l’avion d’entraînement – le JL-9G – utilisé par les officiers chinois serait trop léger et trop lent comparé au modèle d’avion de chasse utilisé par la marine de Pékin. Les militaires ne parviennent pas à utiliser cet appareil en raison de son faible poids.

De fait, les entraînements ne sont pas productifs, notamment lors de simulations d’atterrissages d’urgence sur un porte-avion par exemple. En raison de ces défauts, les apprentis pilotes sont obligés de se former sur un faux porte-avions construit sur terre.

« Il y a encore un long chemin à parcourir pour que les pilotes chinois opérant sur des porte-avions rattrapent leurs rivaux américains », a souligné au South China Morning Post, Zhou Chenming, un chercheur du think tank militaire Yuan Wang.

Selon lui, « les pilotes chinois du Fujian pourraient avoir besoin d’une autre décennie pour atteindre l’exigence de base de la préparation au combat en opération conjointe, et il y a encore un grand écart pour que la Chine rattrape les États-Unis, qui ont un siècle d’expérience avec les porte-avions ».

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