
L’Allemagne subit un revers diplomatique historique à l’ONU : le prix du soutien à Israël
Publié le 5.6.2026 à 10h21 – Par Alexandre Rousseau – Temps de lecture 5mn
Le prix du soutien à Israël: l’Allemagne subit un camouflet historique à l’ONU.
En échouant à décrocher un siège de membre non permanent au Conseil de sécurité pour la période 2027-2028, Berlin paie le prix fort de sa diplomatie au Proche-Orient. Un revers inédit qui profite à la Belgique et à l’Autriche.
Le Conseil de sécurité de l’ONU, la plus haute instance exécutive des Nations unies, est composé de quinze membres. Parmi eux, cinq sont permanents et dotés du droit de veto (États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni), tandis que dix autres sont élus par l’Assemblée générale pour un mandat de deux ans. C’est précisément ce club restreint que l’Allemagne espérait intégrer.
Mais le verdict des urnes est tombé ce mercredi à New York: Berlin a subi une déroute diplomatique historique. Pour la première fois de son histoire, le moteur économique de l’Europe a échoué à se faire élire, une défaite que de nombreux observateurs et diplomates attribuent directement à ses positions internationales, notamment son soutien indéfectible à Israël.

La diplomatie allemande mise en échec dans les urnes
Dans la course aux deux sièges réservés au groupe « Europe occidentale et autres États », la concurrence a tourné court. Le Portugal a fait la course en tête avec 134 voix, suivi de près par l’Autriche qui a récolté 131 suffrages. Les deux pays ont ainsi confortablement franchi la majorité requise des deux tiers, fixée à 127 voix.
L’Allemagne, quant à elle, s’est effondrée en n’obtenant que 104 votes. Ce score scelle l’échec cuisant de la campagne menée par le gouvernement du chancelier Friedrich Merz. Berlin avait pourtant déployé d’intenses efforts politiques ces derniers mois, promettant de mettre ce mandat au service de la défense du droit international et de la stabilité mondiale.
Selon les coulisses de l’ONU, c’est l’alignement de l’Allemagne sur la politique israélienne qui a cristallisé les mécontentements, alors que les critiques internationales se font de plus en plus vives face aux opérations militaires à Ghaza. Le refus de Berlin d’adopter une posture plus ferme face aux violations des droits humains dans l’enclave palestinienne a poussé de nombreux pays du Sud global à lui retirer leur soutien.
L’amertume et le mea culpa de Berlin
La réaction du gouvernement allemand ne s’est pas fait attendre. Le ministre des Affaires étrangères, Johann Wadephul, n’a pas cherché à masquer la gravité de la situation devant les journalistes au siège des Nations unies. Il a évoqué « une véritable déception » et « une amère défaite », reconnaissant que la compétition était biaisée dès le départ en raison d’une entrée en campagne trop tardive de la part de l’Allemagne.
Le chef de la diplomatie a également brisé un tabou en liant directement ce revers aux choix géopolitiques de son pays. Il a admis que les positions de Berlin sur la guerre menée par la Russie en Ukraine, cumulées à son soutien à Israël, avaient de toute évidence coûté des voix précieuses.
Malgré la claque diplomatique, Johann Wadephul a tenté de sauver la face: « L’Allemagne poursuivra son engagement en faveur de la paix et de la sécurité internationales. Notre pays restera fidèle à ses principes concernant les droits de l’homme, le développement et le renforcement du rôle de l’ONU, même en dehors du Conseil de sécurité. »
Un cap maintenu malgré la tempête
De son côté, le chancelier Friedrich Merz a publié un communiqué pour tempérer l’impact de ce vote sur les relations européennes. Il a rappelé les liens étroits qui unissent l’Allemagne au Portugal et à l’Autriche, ainsi que leurs responsabilités partagées au sein de l’organisation internationale.
Pour le chef du gouvernement, cet échec électoral ne redéfinit en rien la stature de Berlin. L’Allemagne, a-t-il assuré, restera « un pilier fiable du système multilatéral » et continuera d’assumer ses responsabilités mondiales avec la même détermination. Reste que l’influence allemande au sein de l’ONU sort indéniablement affaiblie de ce scrutin.
En conclusion, l’échec de l’Allemagne à obtenir un siège au Conseil de sécurité de l’ONU pour la période 2027-2028 constitue un revers diplomatique historique pour le pays. Ce revers est attribué à ses positions internationales, notamment son soutien indéfectible à Israël, qui a cristallisé les mécontentements et poussé de nombreux pays du Sud global à lui retirer leur soutien. Malgré les tentatives de sauver la face, l’influence allemande au sein de l’ONU sort affaiblie de ce scrutin, ce qui pourrait avoir des conséquences sur la politique étrangère du pays et ses relations avec les autres nations. Il est important de noter que cet échec pourrait également avoir des implications sur la politique internationale et les relations entre les pays, notamment en ce qui concerne la question israélo-palestinienne et la guerre en Ukraine. L’Allemagne devra donc réévaluer ses positions et ses stratégies pour regagner la confiance des autres nations et retrouver son influence au sein de la communauté internationale.
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