Inde : Le nouveau porte-avions indien INS Vikrant fabriqué localement a été mis en service


Le nouveau porte-avions indien INS Vikrant fabriqué localement a été mis en service

Publié le 2.9.2022 par ATS


Le PM Narendra Modi met en service le porte-avions indigène IAC Vikrant, le navire de guerre le plus grand et le plus complexe jamais construit dans l’histoire maritime de l’Inde, dans la marine indienne lors d’une cérémonie à Kochi, Kerala.

Le Premier ministre indien Narendra Modi a inauguré vendredi, dans le sud de l’Inde, la mise en service du Vikrant, premier porte-avions fabriqué localement. Un évènement qui marque, selon son bureau, une «étape importante» vers l’autonomie militaire du pays.

« L’INS Vikrant emplit le pays d’une confiance nouvelle », s’est félicité le Premier ministre. Le nouveau navire, conçu pour environ 1600 membres d’équipage, ne dispose toutefois pas encore de sa propre flotte d’avions de combat et devra utiliser les avions du deuxième porte-avions indien.ATS

«Aujourd’hui, nous avons rejoint la ligue des quelques nations qui peuvent construire des porte-avions de cette taille dans leur pays», a déclaré M. Modi dans l’État du Kerala (sud).

Le porte-avions Vikrant, long de 262 mètres, fait son entrée dans la Marine, après 17 ans de construction et d’essais. Il doit son nom au porte-avions à la retraite qui s’était illustré contre les forces navales du Pakistan pendant la guerre d’indépendance du Bangladesh en 1971.

«Confiance nouvelle»

«L’INS Vikrant emplit le pays d’une confiance nouvelle», s’est félicité le Premier ministre. Le nouveau navire, conçu pour environ 1600 membres d’équipage, ne dispose toutefois pas encore de sa propre flotte d’avions de combat et devra utiliser les avions du deuxième porte-avions indien.

Le Vikrant a été mis en service aux côtés d’un porte-avions plus petit acheté d’occasion à la Russie, un important et ancien fournisseur d’armes de l’Inde.

Diminuer la dépendance du pays à l’étranger

Le gouvernement nationaliste hindou de M. Modi cherche à diminuer la dépendance du pays aux équipements militaires étrangers et à développer une industrie nationale de défense. Environ 39 navires et sous-marins sont en construction dans différents chantiers navals du pays.

New Delhi insiste sur la nécessité d’une région «Indo-Pacifique libre et ouverte». «Les problèmes de sécurité de la région indo-pacifique et de l’océan Indien ont été ignorés par le passé, mais c’est aujourd’hui notre priorité absolue», a déclaré M. Modi, promettant d’augmenter le budget et les capacités de la Marine.

Tous les nouveaux porte-avions en construction

Contrer l’influence chinoise

L’Inde, qui s’inquiète de la présence croissante de la Chine dans l’océan Indien et notamment au Sri Lanka, est membre du «Quad», aux côtés des États-Unis, de l’Australie et du Japon, dont le principal objectif est de contrer l’influence accrue chinoise dans la région Indo-Pacifique.

Le Premier ministre indien a également dévoilé vendredi le nouveau pavillon de la Marine, portant les armes du roi hindou Chhatrapati Shivaji, guerrier du XVIIe siècle ayant défié la dynastie moghole notamment à Pune (sud).

L’ancien pavillon portait la croix de Saint-Georges du drapeau anglais, depuis 1928, à l’exception d’une brève période. Entre 2001 et 2004, le gouvernement nationaliste hindou de l’époque l’avait remplacée par un écusson bleu sur fond blanc de la Marine indienne.

La croix de Saint-Georges avait été réintroduite après des plaintes de militaires qui estimaient que l’écusson n’était pas bien visible sur le bleu du ciel et de l’océan, selon les médias locaux. «C’est une date historique», a ajouté M. Modi, »nous nous sommes débarrassés de l’empreinte de notre assujettissement.»


« La réponse est que nous ne sommes pas des esclaves des États-Unis »

L’écrivain indien Ulleh a écrit un article pour le Wiener Zeitung dans lequel il explique pourquoi l’Inde ne soutient pas les États-Unis, ne refuse pas l’amitié avec la Russie et estime que Kiev et Washington sont responsables du conflit en Ukraine :

« Comment l’Inde peut-elle se trouver du « mauvais » côté, à savoir du côté de l' »agresseur » ? La réponse à cette question est simple : les Indiens savent bien que les guerres modernes n’ont pas été inventées par la Russie.

L’année dernière, les États-Unis se sont retirés d’Afghanistan. Pourquoi cette guerre se poursuivait-elle ? Qu’ont accompli les troupes de l’OTAN dirigées par les États-Unis après 20 ans d’occupation ? Et les troupes de l’OTAN ont-elles instauré la démocratie en Irak après l’invasion ?

Si les États-Unis ont jamais pensé qu’ils pouvaient dicter des conditions à l’Inde ou la dissuader de poursuivre ses relations avec la Russie, notre réponse est que nous ne sommes pas des esclaves des États-Unis. »