France : Un lotissement destiné aux chrétiens, l’étonnant projet de l’agence immobilière Monasphère.


Un lotissement destiné aux chrétiens : l’étonnant projet de l’agence immobilière Monasphère.

Publié le 17.1.2022 par France Live – Julien CHAILLOU


Un lotissement comprenant 17 maisons de 84 m² à 180 m², adaptées à toutes les configurations familiales et dotées d’un jardin privatif. À première vue, le « Clos Saint-Gabriel », qui devrait accueillir ses premiers habitants en 2024 dans la commune de L’Île Bouchard (Indre-et-Loire), ressemble à nombre de projets immobiliers. Sauf que celui-ci se distingue par sa confession : le lieu est destiné aux chrétiens.

L’initiative originale est menée par une agence immobilière nommée Monasphère. Celle-ci est née à la fin de l’année 2020. Sa mission : « concevoir et réaliser des projets immobiliers à proximité de lieux spirituels en zone extra-urbaine » et « contribuer à l’essor et au déploiement d’écosystèmes chrétiens au XXIe siècle ». Déjà plus de 17 lieux en France collaborent avec elle. Il s’agit notamment d’abbayes ou de sanctuaires. 

Une centaine de « sphères chrétiennes »

Ce lundi 17 janvier, comme l’indique le site web de l’agence, le projet mené en Indre-et-Loire sera « lancé ». Il s’agit du premier pour la société qui envisage de créer une centaine de « sphères chrétiennes » durant les dix prochaines années. Selon les informations de nos confrères de La Nouvelle République, outre le projet à L’Île Bouchard, « six ou sept autres projets de cette nature sont dans les cartons de l’agence ».

L’idée de Damien Thomas et Charles Wattebled, les deux créateurs de Monasphère, est de permettre à des chrétiens de pouvoir « allier vie spirituelle et vie à la campagne ». Leur premier lotissement ne sera, d’ailleurs, pas construit n’importe où. Il sera situé « à un kilomètre de l’église Saint-Gilles, lieu des apparitions de la Vierge Marie à quatre enfants en décembre 1947 », mentionne le site web.

Le terrain qui accueillera le lotissement a été acheté en juin 2021 par Monasphère. Le dossier a ensuite été validé par l’architecte des Bâtiments de France, puis présenté en mairie. Ne reste plus aux deux entrepreneurs qu’à attendre le permis de construire avant de lancer les travaux. Ils devraient démarrer à l’été prochain si tout se passe bien.

Déjà 2500 dossiers téléchargés

Pour mener à bien ce projet, estimé à près de 5 millions d’euros, les deux hommes ont été rejoints par un associé de poids en la personne de Pierre-Édouard Stérin, créateur de l’entreprise Smartbox, spécialisée dans les coffrets cadeaux. 

Selon les dires des deux entrepreneurs, le projet démarre bien. « Pas moins de 150 personnes nous ont déjà contactées, on compte pas moins de 13 000 visites en trois semaines sur la page de notre site Internet et 2 500 dossiers téléchargés », précise Damien Thomas au quotidien régional. 

Si le lotissement est destiné aux chrétiens, il ne leur est pas réservé. Aucun communautarisme n’animerait le projet, selon l’un de ses concepteurs : « On fonctionne comme un promoteur normal. Le premier qui pose une réservation sur une des maisons signe le contrat de réservation et pose l’acompte de 2% aura la maison. On est ouvert à tous. On ne va pas demander aux gens s’ils se signent à la messe le dimanche pour acheter une maison ! »

Un projet polémique

Malgré cette ouverture affichée, le projet de Monasphère suscite des remous à L’Île Bouchard,  comme le rapporte La Nouvelle République. L’opposition municipale n’hésite, ainsi, pas à dénoncer « une mainmise de plus en plus importante de la communauté de l’Emmanuel » sur la commune. 

Cette communauté qui a « pour vocation de témoigner de la présence de Dieu dans le monde, de sa proximité et de son amour pour chacun » est déjà présente à L’Île Bouchard. C’est elle qui gère l’église Saint-Gilles du village où la Vierge Marie serait apparue.

Interrogée par le quotidien régional, la maire prend ses distances avec ce débat religieux et insiste sur l’impact positif du projet de Monasphère sur la vie de sa commune qui perd des habitants : « Je ne vais pas renier dix-sept familles supplémentaires sur la commune. Si ça peut faire augmenter la population et accueillir des enfants dans nos écoles, ce n’est que bénéfique pour nous. »

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