En Libye, des milices armées entourent le bâtiment du Conseil présidentiel.


En Libye, des milices armées entourent le bâtiment du Conseil présidentiel.

Publié le 16.12.2021


Les Brigades al-Samoud auraient averti : « Il n’y aura pas d’élections présidentielles en Libye et nous fermerons toutes les institutions de l’État à Tripoli ».

Scène du groupe armé entourant le bâtiment du Conseil présidentiel à Tripoli, en Libye.

AlMarsad affirme : Les mouvements militaires à Tripoli sont liés à un complot orchestré par Mohamed al-Menfi pour annoncer une prolongation le 23 décembre et former un mini gouvernement.

Al-Menfi a planifié ce mouvement en coopération avec certains des pays qu’il a visités récemment, et l’a également présenté à certaines parties internes.

Le plan d’Al-Menfi dépend de l’annonce d’un décret « présidentiel » afin de contourner ses pouvoirs détaillés dans la feuille de route, et il le coordonne avec certains groupes armés pour le mettre en pratique.

Du point de vue de la milice al samud vue sur snapmap

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Les élections en Libye sont marquées par l’incertitude et par des défis de taille.

Le scrutin, prévu le 24 décembre, doit permettre de choisir le premier président de la Libye depuis l’éviction et l’assassinat du dictateur Moammar Kadhafi il y a plus de dix ans.

Les détracteurs de ce scrutin mettent en garde contre le risque de voir le pays sombrer dans de nouvelles violences. Selon eux, la Libye reste trop âprement divisée entre des factions armées qui sont susceptibles de rejeter toute victoire de leurs rivaux lors de l’élection. La présence dans la course de certaines des personnalités les plus polarisées de Libye – dont l’un des fils de Kadhafi – ne fait que rendre la situation plus explosive.

La Libye a sombré dans le chaos après la mort de Kadhafi lors d’un soulèvement en 2011, soutenu par une campagne militaire de l’OTAN menée par les États-Unis. Le contrôle a éclaté entre une myriade de milices armées. Pendant des années, le pays a été divisé entre des administrations rivales à l’est et à l’ouest, chacune soutenue par des milices et des gouvernements étrangers.
Le processus politique actuel a émergé l’année dernière après la dernière série de combats brutaux.

Source

Que signifie le renforcement militaire à Tripoli à l’approche des élections ?

Le commandant de la région militaire de Tripoli, Abdel Baset Marwan, a été démis de ses fonctions par le Conseil présidentiel du GNU aujourd’hui, ce qui a déclenché un important renforcement militaire dans la capitale, huit jours avant les élections prévues. Marwan était particulièrement proche des dirigeants de trois groupes armés à Tripoli : TRB/Nawassi/Ghnewa

En octobre 2020, une brigade rivale de Tripoli, la brigade 444, a pris d’assaut la maison de Marwan pour tenter de l’arrêter. Cela a failli déclencher un nouveau cycle de conflit. Aujourd’hui, le Conseil présidentiel l’a remplacé par le général de brigade Abdel Qadar Saad Khalifa. Khalifa a participé à la défense de Tripoli par le GNA contre les FALA de Haftar en 2019. Il a développé des liens étroits avec Radda/444 pendant cette période.

Les véhicules de 3 groupes armés sont maintenant à l’extérieur mais il n’y a pas eu d’affrontements. D’autres groupes ne contestent pas mais il y a un important renforcement militaire dans toute la ville. Les groupes armés de la ville sont tendus et divisés entre : TRB/Ghnewa/Nawassi contre les brigades 444/Radda qui ne répondent pas (encore). Deux forces extérieures majeures n’ont pas encore bougé non plus.

Enfin, Haftar est également en pourparlers indirects avec des groupes qui pourraient provoquer une situation sécuritaire.

Source

Interview de Sergueï Lavrov, Ministre des Affaires étrangères de la Fédération de Russie, à la chaîne de télévision égyptienne TeN TV, Moscou, 14 décembre 2021:

Question : Si je comprends bien, vous considérez l’Occident comme la cause de la destruction de la Libye en 2011 et des souffrances des Libyens depuis dix ans ?

Réponse de Sergueï Lavrov : Ce fait est impossible à nier. De plus, tout le monde reconnaît une autre réalité encore plus vaste depuis que l’Occident a détruit la structure étatique de la Libye, un « trou noir » est apparu à la place de ce pays. Les extrémistes armés par l’Occident contre Mouammar Kadhafi ont traversé son territoire pour aller vers le Sud. C’est précisément l’origine de la crise observée depuis des années dans la région du Sahara-Sahel.