Audi Q7 et salaires inouïs: la direction d’une association d’aide aux migrants mène la grande vie


Audi Q7 et salaires inouïs : la direction d’une association d’aide aux migrants mène la grande vie.

Publié le 23.9.2021 par Florent Zephir


Le patron d’Équalis, association d’aide aux migrants et sans-abri, mène un train de vie somptueux, selon Le Canard enchaîné. D’autres membres de la direction sont logés à la même enseigne. L’argent public finance en grande partie cette structure. Alors qu’aux États-Unis la pression migratoire menace de faire basculer le Texas dans la crise humanitaire, en France, l’accueil des migrants semble rapporter gros. Arthur Anane, patron de l’association Équalis, qui gère des centres pour migrants et personnes précaires, peut en témoigner. Le responsable a été épinglé par Le Canard enchaîné pour son train de vie fastueux.

En 2020, ce récipiendaire de la Légion d’honneur s’est ainsi octroyé un salaire de 200.000 euros brut. Il aurait également l’habitude de rouler dans une Audi Q7 de fonction, avec toit panoramique, dont le leasing (location avec option d’achat) s’élèverait à 2.097 euros par mois. Des avantages rondelets, assez éloignés de la vocation sociale de l’association, qui gère plus de 70 établissements dans neuf départements, proposant un hébergement d’urgence ou des structures de soins. Ironie savoureuse: la société s’était vantée de « maîtriser la gestion des financements qui lui sont confiés », dans son rapport d’activité de 2020.Arthur Anane n’est d’ailleurs pas le seul à se payer comme un nabab, puisque sept autres membres de la direction d’Équalis touchent des émoluments allant de 94.000 à 130.000 euros brut par an. Dix autres directeurs adjoints bénéficient également de voitures de fonction, dont le leasing avoisine parfois les 900 euros mensuels. »Qu’il y ait des véhicules de service, c’est une chose, mais là c’est leur voiture personnelle, avec laquelle ils partent en vacances ! Pour moi, ils ont perdu pied », confie un membre du conseil d’administration au Canard enchaîné. Cette folie des grandeurs a fini par taper dans l’œil des autorités. Il faut dire que les fonds publics représentent une large part du budget de l’association, évalué à 85 millions d’euros en 2020. Le parquet de Melun a été saisi.

Des associations pas toujours roses

Ce n’est pas la première fois que des associations d’aide aux migrants font ainsi la Une de l’actualité. Au-delà des affaires de gros sous, les polémiques se déplacent parfois sur le terrain des mœurs. En 2016, des controverses sur l’exploitation sexuelle de migrants par des bénévoles dans la Jungle de Calais avaient notamment éclos. Des allégations prises au sérieux par le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), qui avait remis un rapport sur la question. L’organisme avait appelé à une politique de « tolérance zéro » en la matière, pour maintenir « l’intégrité » du travail bénévole.Au sein même de ces associations, le sort des salariés a parfois fait jaser. Le très médiatique Pierre Henry, ex-président de France terre d’asile, avait ainsi été visé par des accusations de harcèlement moral et de licenciement abusif en 2014. L’association avait finalement été condamnée aux prud’hommes. Les liens entre passeurs et ONG ont également souvent défrayé la chronique, notamment en Méditerranée. Alors ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner avait levé le voile sur cette « collusion » au sortir d’un sommet du G7. Avant de rétropédaler devant le tollé suscité par ses propos.

Source