Les médecins des urgences et du Samu de l’hôpital de Tarbes menacent de tous démissionner, faute de moyens


Les médecins des urgences et du Samu de l’hôpital de Tarbes menacent de tous démissionner, faute de moyens

Publié le 23.9.2021 par Emmanuelle Bourdy


Illustration  (PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP via Getty Images)
Illustration (PASCAL POCHARD-CASABIANCA/AFP via Getty Images)

Parce qu’ils sont épuisés en raison de leurs conditions de travail déplorables et du manque d’effectifs, les médecins des urgences et du Samu de l’hôpital de Tarbes (Hautes-Pyrénées) menacent de démissionner si aucun engagement n’est pris pour leur apporter des moyens supplémentaires.

Au total, 32 médecins sur les 34 que comptent les urgences et le Samu de l’hôpital de Tarbes menacent d’aller « jusqu’au bout, quitte à bloquer le système », si rien ne change, rapporte France 3 Occitanie. Très déterminés, ils considèrent que leur mission de service public s’effectue dans des conditions catastrophiques, avec notamment un manque cruel d’effectifs. Ils sont donc prêts à démissionner s’il le faut.

Nos missions, « on les assume, mais mal »

« Il y a un épuisement des équipes », explique à France 3 Stéphane Lère, chef du pôle des urgences de l’hôpital de Tarbes et directeur médical du Samu des Hautes-Pyrénées, stipulant que la situation sanitaire est « complexe » dans le département. « Comme dans beaucoup de départements ruraux, le manque de médecins généralistes se traduit par une activité accrue des urgences. Il y a aussi une suractivité des urgences avec la crise du Covid et un manque de personnel », ajoute-t-il.

« Aujourd’hui, nous n’avons plus les moyens d’assumer toutes nos missions. On les assume, mais mal », poursuit Stéphane Lère qui indique qu’en raison de la fermeture des urgences de la polyclinique de l’Ormeau, il y a « 30 à 40 passages supplémentaires par jour aux urgences de l’hôpital ».

Les médecins considèrent en effet qu’il manque 8 postes de médecins urgentistes à l’hôpital de Tarbes, faute de candidats pour ces postes, car « comme partout, l’activité des urgences et du 15 augmente de 5 % par an mais à moyens humains constants », souligne Stéphane Lère. À cette pénurie s’ajoute le manque de matériel.

L’ultimatum est lancé…

Le 2 septembre 2021, les médecins des urgences et du Samu ont écrit un courrier dans lequel ils réclament aussi bien les effectifs que les moyens matériels supplémentaires dont ils ont besoin pour mener à bien leur mission. Ils ont adressé cette lettre au directeur de l’hôpital, au président du Conseil de l’ordre, au directeur de l’Agence Régionale de Santé (ARS), au préfet des Hautes-Pyrénées et au président de la Commission médicale du centre hospitalier.

Dans le cas où les médecins n’obtiendraient pas de réponse favorable, ils précisent dans ce courrier leur plan d’action, à savoir la démission de tous les chefs de service le 4 octobre prochain, suivi de la démission ou mutation de tous les médecins des urgences et du 15 le 1er novembre. Stéphane Lère souligne à France 3 Occitanie que « c’est très dur d’aller jusque-là », car les médecins en question sont « très attaché à cet hôpital ». « Mais faute de réponse, on ira jusqu’au bout, quitte à bloquer le système. Il n’y a pas de réponse malgré nos alertes depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ce n’est pas un caprice de notre part », ajoute-t-il, précisant au passage que le mouvement est « apolitique, asyndical ».

L’ARS est « très consciente du problème »

L’ARS explique quant à elle être « très consciente du problème » et essaye de trouver des solutions depuis plusieurs mois, mais beaucoup de difficultés « ne peuvent pas se résoudre du jour au lendemain », souligne Manon Mordelet, directrice par interim de l’ARS des Hautes-Pyrénées. En effet, elle explique que « le problème d’effectifs est lié à une conjoncture nationale, il y a une réelle difficulté à trouver des effectifs médicaux, c’est le cas partout en France et la crise du Covid a encore aggravé la situation ».

Une conférence territoriale de santé est prévue par l’ARS ce 23 septembre à Tarbes, indique France 3. Elle réunira aussi bien des urgentistes que des élus, des représentants syndicaux, les membres de droit du Conseil de santé ainsi que la préfecture. Le but étant de débattre « sur le fond » et de « trouver des perspectives ».

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